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" COPACABANA "
de Martin Rejtman
Argentine, 2006, 57 min.
 
Rien à voir avec Rio de Janeiro ses plages ses cariocas ! La fête de Notre Dame de Copacabana, le 6 août, est celle de la communauté des Boliviens émigrés en Argentine et vivants dans des quartiers pauvres de Buenos Aires. Le documentaire démarre avec des extraits du défilé des danseurs et musiciens, puisque des festivités "païennes" se mêlent à la fête chrétienne. Construit à rebrousse-temps, le documentaire se consacre ensuite aux diverses étapes de la préparation de la fête tout en évoquant brièvement le travail des émigrés boliviens. Un narrateur invisible, membre de cette communauté bolivienne immigrée, montre ses albums de photos sur le pays natal. 

À la fin, Martin Rejtman nous emmène à Villazon, ville frontière bolivienne où nous assistons au départ des migrants en autocar pour Buenos Aires. Ce film très coloré et quasiment sans paroles est original par sa composition et riche des scènes musicales et dansées des répétitions. C'est le premier documentaire de ce réalisateur, chef de file du nouveau cinéma argentin, qui est davantage connu pour ses longs métrages de fiction, «Silvia Prieto» –qui existe en DVD– et «Gants magiques» qui a été diffusé par Arte. C'est bien beau l'objectivité ; je trouve néanmoins que ce documentaire ne… documente pas beaucoup sur son sujet, ces Boliviens immigrés, leurs problèmes, leurs croyances, leurs danses (photo ci-dessous: fête de ND de Copacabana certes, mais à Oruro en Bolivie).
 
oruro-carnaval-05-morenada-6.jpg
 
" INTERDIT D'INTERDIRE "
de Jorge Duran
Brésil, 2006, 100 min.
 
poster-Proibido.jpgC'est l'histoire d'un trio d'étudiants de Rio de Janeiro : Léon (A.Rodrigues), étudiant en sociologie, Leticia, (Maria Flor) étudiante en architecture , et Paulo (Caio Blat), étudiant en médecine qui joue l' irresponsable fasciné par le Che et s'adonne aux drogues "douces" qu'il 
transporte dans son innocente  boîte de pastilles pour la gorge… Tous trois réunis sur l'affiche du film.
Leticia et Léon sortent ensemble mais Léon partage son appartement avec Paulo. Lorsque Leticia et Paulo se rencontrent, ils tombent amoureux. Mais des tensions naissent aussi entre les trois amis pour d'autres raisons qu'un ménage à trois.
 
proibido-rosalina.jpg
Rosalina et Paulo

 
Paulo, puis Leticia, et enfin Léon, s'engagent dans une aventure généreuse et risquée en essayant d'aider Rosalina, une patiente hospitalisée dans le CHU où Paulo est interne. Celle-ci, qui n'a plus que peu de jours à vivre, est préoccupée par le sort de ses deux fils. Au cours de leurs recherches dans les favelas de Rio, Paulo, Léon et Leticia sont confrontés à la violence urbaine. Après la mort du fils aîné de Rosalina, Léon tente de sauver Cacao, le cadet, or c'est un nouveau drame qui se joue.

C'est vrai que ce film est très joliment réussi ! Sans doute un peu trop mélo même pour du cinéma brésilien. On y trouve tout ce qu' en France, un vaste public attend d'images brésiliennes : le paysage de Rio avec le Christ Rédempteur, les plages de rêve, la samba, l'architecture de Le Corbusier.
 
proibido-control.jpgContrôle de police  dans la favela :  Paulo n'a pas sa boîte de pastilles pour la gorge ce jour là

D'autre part, il naît chez le spectateur comme un malaise dû à l'exagération : avec les violences des policiers (ils sont tous des méchants), avec la pauvreté des habitants des favelas (ils sont tous des gentils et ils sont tous des Noirs, et il n'y a pas de gangs liés aux trafics de cocaïne qui se font la guerre pour le contrôle de leur territoire (Cf.La Cité de Dieu). Le côté politiquement correct – je soutiens le parti des travailleurs du président Lula – se retrouve dans l'engagement des étudiants dans du coaching scolaire en faveur des jeunes des favelas, et d'emblée dans cette situation peu commune au Brésil : un couple mixte, Leticia est blanche (bronzée certes…) et Leon est noir, comme Rosalina, comme les gamins abattus par les flics cariocas corrompus. "Proibido Proibir" nous donne ainsi la vision d'un Brésil un tantinet romantique.
" PIECES DETACHEES "
d'Aaron Fernandez
Mexique, 2007, 95 min.

Partes usadas", film du réalisateur Aaron Fernandez né en 1973, a été récompensé au dernier festival de Guadalajara comme premier long-métrage. L'action se passe dans des milieux populaires de Mexico. Quand il n'est pas à laver des voitures avec ami Efrain, Ivan, 14 ans, travaille avec son oncle Jaime spécialisé dans la revente de pièces détachées. Les profits devraient leur permettre de payer un passeur –un "coyotte"–  pour aller travailler aux États-Unis à Chicago. Mais le tarif augmente, les pièces de rechange sont de plus en plus des pièces volées avec la participation croissante d'Ivan, qui initie Efrain. Finalement, l'oncle préfère partir avec sa copine. Se sentant trahi, Ivan fait confiance à son pote Efrain pour continuer ses trafics, mais une tentative suivante tourne à la tragédie. Ivan décide alors de partir seul vers la frontière du nord après avoir dépouillé l'oncle en voulant trouver l'argent pour sauver son copain gravement blessé.
 
partes-usadas.jpg
Ivan et Efrain

Le scénario est fort de ses enchaînements et refuse tout misérabilisme (selon le mot du réalisateur) et même tout exotisme. Nous ne sommes pas dans une milieu de grande misère, juste des gens ordinaires qui cherchent à améliorer leur sort. L'activité de ventes de pièces de rechange caractérise réellement un quartier précis : le film montre des garages, une casse, des petits voleurs. Les séquences en extérieur, nombreuses, montrent un paysage urbain varié sans jamais faire carte postale. L'accompagnement sonore (du Beethoven, du rock) fuit les stéréotypes. Enfin, le jeu des acteurs sonne juste. Bravo !
 
" LE VIOLON "
de Francisco Vargas Quevedo
Mexique, 2006, 1h 30

Premier long-métrage, mais coup de maître! L'histoire est au croisement de deux thèmes : le pouvoir de la musique, la lutte pour la terre et la liberté. Jamais le film ne s'égare dans le "folklore" au rabais, ni dans le pathos politique. Ni un documentaire sur les rebelles du Chiapas ou d'ailleurs, ni sur les campagnes mexicaines. Les lieux ne sont pas précisés. La musique, envoûtante, a été écrite par Cuauhtémoc de Tavira. Les images en noir et blanc sont magnifiques pour des scènes souvent dures.
 
violons.jpgAvant le drame, les trois générations réunies.
 
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TROIS CONTINENTS 2007


 

 

Tag(s) : #AU CINEMA
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