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• La presse se développe librement sous la IIIe République depuis la loi du 29 juillet 1881. Elle amplifie les joutes idéologiques et révèle une bipolarisation avec l'opposition des Dreyfusards et Antidreyfusards, entre Cléricaux et Anticléricaux... Aux articles virulents s'ajoutent des caricatures dont certaines sont mémorables. D'abord un schéma pour revoir les différentes dimensions de l'Affaire.

Affaire-Dreyfus.jpg

• L'article le plus connu c'est Emile Zola qui le publie : "J'accuse" ! Publié dans le journal L'Aurore le 13 janvier 1898. (Texte de Zola). Bien noter qu'il y a près de 4 ans que le capitaine a été arrêté et que 1898 va être l'année de son second procès.

Zola-J-accuse--Aurore-1.98.jpeg

• La caricature la plus connue est celle de Caran d'Ache, 13 février 1898 : la caricature "un dîner en famille" parue dans le Figaro. "1—Surtout ne parlons pas de l'affaire Dreyfus ! 2— Ils en ont parlé..."

Caran-d-Ache--Un-diner-en-famille-1898.jpeg

• Toujours en 1898, le journal anti-dreyfusard et antisémite La Libre Parole ouvre une souscription en faveur de la veuve du colonel Henry qui s'est suicidé ; il avait fabriqué un faux pour accabler Dreyfus. La liste des fonds recueillis est publiée en 1899. 

• Les conséquences de l'Affaire perdurent. La gauche fait voter la séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905. La faille rejoue alors : d'une certaine façon, les antidreyfusards se retrouvent cléricaux contre les dreyfusards anticléricaux. La question sociale secoue aussi le pays quand s'y ajoute la castrophe de Courrière en 1906 avec son millier de victimes : les socialistes s'unifient alors sous l'impulsion de Jaurès. En même temps, les querelles autour des conquêtes coloniales (sensibles dès 1885) alimentent les débats autour du nationalisme et de la Revanche (la mort de Boulanger en 1891 n'y a pas mis fin). On se divise aussi sur les emprunts russes et "notre ami" le tsar et les intérêts financiers qui vont avec le rapprochement franco-russe, secoué par la révolution russe de 1905. La presse française de cette époque a été énormément corrompue. D'où un besoin de renouvellement à la veille de la Grande Guerre.

• Naissent alors de nouveaux journaux. Retenons les plus importants. Jean Jaurès fonde L'Humanité en 1906. Ce journal d'abord socialiste devient l'organe du PCF à l'issue du Congrès de Tours (déc. 1920). Charles Maurras fonde l'Action française en 1908. Extrait de L'AF, n° 3, 23 mars 1908.

« L'Action française est le journal des bons citoyens désabusés de la République, ralliés à la Monarchie. [...] Seuls les intéressés, les nigauds et les pauvres primaires ignorants pourront se soustraire à cette évidence: la République, c'est le Mal.

La République est le gouvernement des Juifs [...] La République est le gouvernement des pédagogues protestants [...]. La République est le gouvernement des francs-maçons [...]. La République est le gouvernement de ces étrangers plus ou moins naturalisés ou métèques [...].

Régime abominable [...] la République est décidément condamnée, et la seule inquiétude de la raison française tient à ce qu'on ignore qui l'on mettra à la place de ce qui est. Nous y mettrons le Roi. [...] Patriotes français, nationalistes, antidreyfusards, catholiques, hommes d'ordre, hommes de progrès, riches, pauvres, de toute classe, de tout métier, de tout parti, vous qui en avez assez, qui êtes las de gémir, qui voulez en finir : vous lirez tous L'Action française qui dira chaque jour, non seulement les maux publics, mais le moyen, le moyen sûr, le moyen radical, l'unique moyen de terminer les misères de la Patrie. Jeter à bas la République I Proclamer le duc d'Orléans !»

Charles Maurras animé dans l'entre-deux-guerres l'antiparlementarisme (cf. 6 février 34) et réagit à la chute de la République en 1940 par une formule qui reste : "une divine surprise"!

 

 

Tag(s) : #HISTOIRE 1789-1900
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