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Avec Manifesto, la romancière écrit pour témoigner et accompagner la mort de son père Félix de Récondo, déjà atteint de la maladie d’Alzheimer, et condamné par une septicémie généralisée.
Si l’écriture est, comme à l’habitude chez cette autrice, efficace et sensible, la construction du texte est quelque peu déconcertante. Le récit des heures de veille passées à l’hôpital par Léonor, en compagnie de sa mère, tisse un récit complexe avec les souvenirs prêtés à son père malade.
La guerre civile a fait fuir la famille du Pays Basque espagnol ; elle s’est réfugiée dans les Landes. Félix rêve de son métier de sculpteur et de dessinateur, d’amis luthiers, d’un violon à fabriquer pour Léonor, ou encore de vacances à Formentera. Félix est hanté aussi par des drames familiaux, la mort de trois enfants en trois ans. Encore plus surprenant, il semble dialoguer en esprit avec Ernest Hemingway, le passionné d’Espagne, l’amateur de tauromachie et d’armes à feu, le blessé du front italien en 1917, l’époux de la journaliste Martha Gellhorn.
Le rêveur mourant repense à ses parents, Amatxo et Aïta, et à un homme très vieux assis à l’ombre du chêne de la place de Gernika qui chapitre les enfants turbulents qui l’entourent : les Basajaunak, les vilains seigneurs sauvages, forts et velus, qui descendent des ours, viendront les chercher s’ils ne sont pas sages. Aujourd’hui c’est la Mort qui vient le chercher.
À lire comme un témoignage sensible de l’affection filiale où la joie passée se glisse dans la peine du présent.
• Léonor de Récondo : Manifesto. – Sabine Wespieser, 2019, 180 pages.
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Lu dans le cadre du challenge “Gravillons” de La Petite Liste de Sibylline
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