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1596 - Les Hollandais débarquent à Java
L'odyssée d'un Congolais, du Rwanda en France
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Le Congo et les femmes puissantes…
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L'éducation piégée par l'individualisme
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Des ruines et encore des ruines
• Histoires de tableaux
À table les mangeurs !
Dedans et Dehors
Déjà connu pour "Je n'ai pas peur" et "Comme Dieu le veut", Niccolò Ammaniti a mis le feu à la littérature italienne avec ce
roman extravagant bâti sur une fête privée, qui n'est pas présentée d'emblée, et qui va dégénérer de façon catastrophique. Dès que la lecture de la seconde partie est commencée vous êtes vite
amené à vous poser cette question élémentaire: "Où va-t-il
chercher tout ça ?" Les événements accélèreront jusqu'au chaos, sans attendre votre réponse. Non, il ne s'agit pas de
saturnales au sens propre puisqu'on ne renverse pas les rôles sociaux. Peut-être inspiré par cet état de décomposition que donne certains jours l'actualité italienne, Niccolò Ammaniti aurait en
quelque sorte cherché à actualiser le thème de "la chute de l'empire romain". Son scénario est le développement de deux projets qui se télescopent, échouent, créent des situations inimaginables
et le rire du lecteur.
Le héros principal est le romancier Fabrizio Ciba dont la notoriété vient de sa participation aux nuits romaines et d'un premier roman intitulé "La Fosse aux lions" — indice qu'il pourrait écrire "le grand roman italien", «celui qui, selon les critiques, manquait à notre littérature contemporaine.» Rien que le titre pourrait expliquer l'invitation que le milliardaire Sasà Chiatti lui envoie pour cette fête tapageuse qui réunit de nombreuses personnalités des arts, des lettres, de l'industrie, de la politique et du football (Est-ce que j'en oublie ?). D'une certaine façon la tragédie aura une happy end — surtout pour Ciba qui trouve confirmation de son destin d'écrivain grâce à une mystérieuse clé USB et sort de la Villa Ada comme il y est entré : aux bras de la sculpturale Simona, une miss Italie sexy qui attire photographes et journalistes. « La blonde actrice était enroulée dans une microscopique couverture dela Croix-Rouge qui découvrait stratégiquement ses éblouissants nichons et ses tétons comme des dés à coudre voilés par le soutien-gourge en lambeaux, son ventre plat et le microscopique string souillé de boue.» Mais pour beaucoup d'autres la fête est finie.
Cette maxi-fête s'est déroulée en périphérie immédiate de la Rome antique et l'auteur nous fournit le plan des lieux par une carte (pages 124-125). Si vous êtes un peu saint-Thomas vous chercherez confirmation dans votre "Guide Vert" de Rome, c'est page 340 à la rubrique "Catacombes de Priscilla". L'organisateur de la méga-fête a prévu un planning serré avec un mélange de chasse et de safari car l'immense domaine de la Villa Ada a été aménagé pour recevoir quantité d'animaux exotiques. Le romancier Ciba se retrouvera ainsi juché sur un éléphant pour la chasse au tigre, en compagnie d'une vedette de la chanson! Car un récital est prévu à 2 heures du matin, avant un feu d'artifices, etc…
Or, parallèlement aux faits et gestes des VIP, une secte satanique en déconfiture, les Enragés d'Abaddon, va passer à l'action pour redorer son blason. Edoardo dit Zombie, Roberto dit Murder et Silvietta sont sous l'emprise d'un gourou de supermarché, Saverio. Tel un ado mal dans ses baskets, celui-ci s'est jeté dans le satanisme pour échapper à sa femme, la redoutable et perverse Serena — « Elle le dominerait, le piétinerait, le réduirait au rang d'un domestique philippin » — héritière d'une PME familiale qui vend des meubles de style régional. Saverio s'est procuré via Internet une copie de la légendaire épée Durandal et c'est ainsi armé qu'il compte aller à la fête pour sacrifier la chanteuse à la mode, dans les ruines romaines, au fond du parc de la Villa Ada. Tout ira de travers tant pour Sasà que pour Saverio et cet idiot de Zombie, romantique à retardement.
Bien que "La Fête du siècle" verse par moments dans la vulgarité, on peut sans hésiter longtemps classer ce roman dans la catégorie "jubilatoire". Une dénonciation sidérante et hilarante de la bêtise ambiante. Avec, en mode mineur, de l'ironie sur le milieu de l'édition représentée ici par l'éditeur Martinelli dont le nom évoque par la rime une prestigieuse maison de Milan. Tant que j'y suis : que savez-vous des J.O. de 1960 ? Aucun rapport bien sûr...
Niccolò AMMANITI - La Fête du siècle - Traduit de l'italien par Myriem Bouzaher. Robert Laffont, 2011, 393 pages.
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