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Un crime passionnel ?
Une incertitude : Qui conduisait réellement la motoneige tombée dans le lac Nipissing ? Est-ce un touriste anonyme comme l'indique benoitement Floyd Paterson à Paul Hasselbank pendant leur promenade avant la tempête ? Ou est-ce Anna, la femme de Paul, partie vivre au Canada ? Le chapitre final n'aura pas la même signification selon la réponse à ces questions. Dans le premier cas, le choix de Paul est le résultat de son délire. Dans le second cas, c'est le résultat de sa passion. Floyd a laissé Paul regarder une cassette video où l'on voit Anne s'éloigner en motoneige. Inconscience ou provocation ?
 
Dubois devenu grave ?
Vous n'allez pas le croire : l'habituel humour duboisien a presque entièrement disparu. Bien sûr il y a des restes de gags avec ces photos au Polaroïd d'un personnage dont le nom est quasiment Hasselblat ! Bien sûr la séance d'ultimate fighting permet à l'auteur de montrer à sa façon ceux que Lynda Lemay appelle "les gros colons" c'est-à-dire vulgairement des ploucs. Bien sûr il y a encore de quoi parler voitures, surtout d'une Buick rouge comme la cabane de Paterson, comme le sang aussi. Bien sûr le tenancier de "Costello Way", l'hôtel miteux de North Bay, a la passion du bricolage. Mais le cœur n'y est plus... Les deux héros sont l'un atteint d'une maladie incurable et l'autre bénéficiaire de la greffe d'un cœur dont le précédent possesseur l'inquiète puisqu'il fut un assassin. Du coup, Paterson n'est pas l' "homme entier" que le métallique Thyssen a présenté à Paul Hasselbank. Le rire est remplacé par l'angoisse, le thème de la mort (notamment sous l'effet des flèches) a envahi le récit…

La critique a sans doute préféré ce titre au précédent, bien plus ludique ("Vous plaisantez, monsieur Tanner").
Dubois s'est plus ou moins métamorphosé en Jim Harrisson par effet de mode et vu l'atmosphère wilderness du roman. Mais c'est John Updike qu'il préfère…
 
Jean-Paul Dubois : Hommes entre eux. L'Olivier, 2007, 231 pages.
 
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Tag(s) : #LITTERATURE FRANÇAISE