Jeudi 28 septembre 2006
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César Aira n'est pas
très connu en France malgré une dizaine de titres publiés. "VARAMO" était en quarantaine dans le purgatoire de ma bibliothèque depuis un an quand je me
suis décidé à faire sa connaissance. L'ouvrage est du genre "Une journée dans la vie de…" Varamo est fonctionnaire dans un Ministère à Colon (Panama). « En bon
employé de l'État, Varamo fuyait tout travail difficile avec horreur.» Et le récit commence quand il encaisse les 200 pesos de sa paie : en fausse monnaie!
Il serait erroné d'y voir un livre politique dénonçant des pratiques monétaires douteuses au sud du Rio Grande. L'action se passe en
1923 : il serait erroné également d'y voir des souvenirs d'enfance de Cesar Aira puisqu'il est né en 1949. De même, on n'y cherchera pas la couleur locale
du pays de l'auteur puisqu'il est argentin. On n'apprendra pas davantage le travail du taxidermiste malgré les tentatives loufoques de Varamo.
Quand même, si on vous verse votre salaire mensuel en fausse monnaie, n'y a-t-il pas de quoi vous
inquiéter ? N'irez-vous pas à la police ? Eh bien, Varamo s'inquiète mais il n'ira pas à la police. Pourtant il rencontrera le Chef de la Police après avoir assisté à un nouvel accident de
circulation (automobile! pas monétaire). Il découvrira aussi ce qui fait vivre les soeurs Gongora. Et pourquoi il entend des Voix en passant dans leur quartier. Sans même avoir cherché à éclairer
ce mystère.
Quand la journée s'achève, la nuit venue, sa maman couchée, Varamo s'est assis à sa table de travail pour écrire un long poème. Est-ce que cela lui rapportera gloire ? argent ? De ce «poème fameux qui continue à être étudié comme un moment clé des avant-gardes hispano-américaines »,
peut-être inspirée par Ruben Dario, quels extraits lirons-nous ? —Aucun !?
Tout est capilotracté — quoiqu'on ne baigne pas vraiment dans le "non sense story" — dans ce roman étonnant. Si l'on ajoute un "S" à Varamo, on peut écrire "samovar" (c'est Wodka qui me le fait
remarquer) et c'est assez pour faire penser aux "Nouvelles Pétersbourgeoises" de Gogol.
César A I R A
« Varamo »
Traduit de l'espagnol par Michel Lafon
Christian Bourgois éditeur, 2005, 132 pages.
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