Il serait erroné d'y voir un livre politique dénonçant des pratiques monétaires douteuses au sud du Rio Grande. L'action se passe en 1923 : il serait erroné également d'y voir des souvenirs d'enfance de Cesar Aira puisqu'il est né en 1949. De même, on n'y cherchera pas la couleur locale du pays de l'auteur puisqu'il est argentin. On n'apprendra pas davantage le travail du taxidermiste malgré les tentatives loufoques de Varamo.
Quand même, si on vous verse votre salaire mensuel en fausse monnaie, n'y a-t-il pas de quoi vous inquiéter ? N'irez-vous pas à la police ? Eh bien, Varamo s'inquiète mais il n'ira pas à la police. Pourtant il rencontrera le Chef de la Police après avoir assisté à un nouvel accident de circulation (automobile! pas monétaire). Il découvrira aussi ce qui fait vivre les soeurs Gongora. Et pourquoi il entend des Voix en passant dans leur quartier. Sans même avoir cherché à éclairer ce mystère.
Quand la journée s'achève, la nuit venue, sa maman couchée, Varamo s'est assis à sa table de travail pour écrire un long poème. Est-ce que cela lui rapportera gloire ? argent ? De ce «poème fameux qui continue à être étudié comme un moment clé des avant-gardes hispano-américaines » , peut-être inspirée par Ruben Dario, quels extraits lirons-nous ? —Aucun !?
Tout est capilotracté — quoiqu'on ne baigne pas vraiment dans le "non sense story" — dans ce roman étonnant. Si l'on ajoute un "S" à Varamo, on peut écrire "samovar" (c'est Wodka qui me le fait remarquer) et c'est assez pour faire penser aux "Nouvelles Pétersbourgeoises" de Gogol.
César Aira, « Varamo »,
Traduction de Michel Lafon
Christian Bourgois éditeur, 2005. (132 pages)

Traduction de Michel Lafon
Christian Bourgois éditeur, 2005. (132 pages)

par Rousseau
publié dans :
LITTERATURE HISPANIQUE et LATINO-AMERICAINE
