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Je vous invite à donner
(Maranhão). C'est là que vit et travaille Eléazard von Wogau en
compagnie d'un perroquet du nom de Heidegger — ce qui pourrait suffire à situer les idées de l'auteur. J'aurais dû dire : Alcantâra, c'est là qu'il a échoué, dans les deux sens du terme, car
Eléazard n'y a pas grand chose à faire comme correspondant de presse pour l'agence Reuter ! Échouage et échecs : il laisse Elaine, sa femme le
quitter pour aller enseigner la géologie à Brasilia ; il laisse Moéma, sa fille, le quitter pour aller étudier l'ethnologie à Fortaleza entre
drague et drogue ; il laisse Soledad, sa bonne, se consumer de solitude à regarder telenovelas et matches de futebol ; il
laisse Loredana Rizzuto, la mystérieuse touriste, repartir en Italie… Il laisse aussi son travail d'érudition le grignoter, le ravager à petit
feu. À peine s'il l'oublie le temps de participer de loin à la vengeance contre l'immonde gouverneur Moreira, dit le colonel, dont Carlotta la riche épouse boit trop de champagne, — les autres
buvant généralement trop de rhum.
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