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  Pour inaugurer leur collection ''Vintage'', les éditions Belfond ont choisi ce roman d'un auteur néerlandais qui m'était totalement inconnu. Publié en 1969, ''Turks Fruit'' est une brûlante histoire d'amour qui finit mal, c'est aussi un texte qui porte la marque de ces années de libération des mœurs et d'une critique du puritanisme qui aux Pays-Bas est d'essence calviniste. C'est aussi un texte d'inspiration autobiographique et plein d'humour.

Olga est une beauté rousse qui émoustille tout mâle sur sa route, même un vétérinaire réveillé pour sauver un chat. Olga se passionne aussi pour les animaux et préfère recueillir grenouilles ou tourterelles plutôt que d'avoir un enfant avec le narrateur qui l'a épousée suite à un double accident de zip et de circulation. C'est un artiste prometteur qui prend Olga comme modèle pour la sculpter en Pomone ou en Perséphone. Les séances de pose et les ébats sexuels se succèdent : l'artiste est insatiable. Par ailleurs, l'artiste et sa belle-mère qui gère un magasin ont constamment des relations orageuses : Olga est poussée vers l'adultère et demande le divorce. Remariée, sa vie va de pire en pire, sa beauté se fane et sa santé se dégrade tandis que le narrateur reste amoureux d'Olga jusqu'à sa fin tragique. Le récit abandonne alors toute dimension pornographique et burlesque pour devenir émouvant tout simplement.

Les années soixante ont-ils véritablement vu la libération des mœurs déferler sur les Pays-Bas comme un tsunami ? Au moins dans les confessions du narrateur, crues et explicites quant à ses relations avec Olga dans l'intimité de l'atelier d'artiste comme dans les dunes où ils expérimentent que… « Faire l'amour en plein air était réservé aux oiseaux. » Peut-être parce que ce pays est soucieux de protection de la nature, les allusions aux oiseaux abondent dans les souvenirs du narrateur. « Chaque fois que je vois passer des canards sauvages dans le ciel, je me souviens qu'elle les comparait à des bouteilles de chianti volantes ». Mais n'allez pas croire qu'Olga soit alcoolique ! Quelque peu exhibitionniste plutôt. Pour l'inauguration d'une statue commandée par l'Etat —et pour laquelle elle avait posé—, elle croit judicieux de s'habiller de façon provocante : la reine prude et guindée devra faire un détour pour ne pas avoir à contempler en vrai la poitrine généreuse du modèle. Comment ne pas sourire à ce passage ?

Rendu célèbre en son pays par ce roman qui était le cinquième qu'il publia —et par le film qu'en tira Paul Verhoeven— l'auteur n'a quasiment jamais été traduit en français. Sexe, passion, humour : des ingrédients pour un livre-culte.

Jan Wolkers : Les Délices de Turquie. Traduit du néerlandais par Lode Roelandt. Belfond, 2013, 245 pages. 

Pour inaugurer leur collection ''Vintage'', les éditions Belfond ont choisi ce roman d'un auteur néerlandais qui m'était totalement inconnu. Publié en 1969, ''Turks Fruit'' est une brûlante histoire d'amour qui finit mal, c'est aussi un texte qui porte la marque de ces années de libération des mœurs et d'une critique du puritanisme qui aux Pays-Bas est d'essence calviniste. C'est aussi un texte d'inspiration autobiographique et plein d'humour.

Olga est une beauté rousse qui émoustille tout mâle sur sa route, même un vétérinaire réveillé pour sauver un chat. Olga se passionne aussi pour les animaux et préfère recueillir grenouilles ou tourterelles plutôt que d'avoir un enfant avec le narrateur qui l'a épousée suite à un double accident de zip et de circulation. C'est un artiste prometteur qui prend Olga comme modèle pour la sculpter en Pomone ou en Perséphone. Les séances de pose et les ébats sexuels se succèdent : l'artiste est insatiable. Par ailleurs, l'artiste et sa belle-mère qui gère un magasin ont constamment des relations orageuses : Olga est poussée vers l'adultère et demande le divorce. Remariée, sa vie va de pire en pire, sa beauté se fane et sa santé se dégrade tandis que le narrateur reste amoureux d'Olga jusqu'à sa fin tragique. Le récit abandonne alors toute dimension pornographique et burlesque pour devenir émouvant tout simplement.

Les années soixante ont-ils véritablement vu la libération des mœurs déferler sur les Pays-Bas comme un tsunami ? Au moins dans les confessions du narrateur, très crues et explicites quant à ses pulsions sexuelles avec Olga dans l'intimité de l'atelier d'artiste comme dans les dunes où ils expérimentent que… « Faire l'amour en plein air était réservé aux oiseaux. » Peut-être parce que ce pays est soucieux de protection de la nature, les allusions aux oiseaux abondent dans les souvenirs du narrateur. « Chaque fois que je vois passer des canards sauvages dans le ciel, je me souviens qu'elle les comparait à des bouteilles de chianti volantes ». Mais ne pas croire qu'Olga soit alcoolique ! Quelque peu exhibitionniste plutôt. Pour l'inauguration d'une statue commandée par l'Etat —et pour laquelle elle avait posé—, elle croit judicieux de s'habiller de façon provocante : la reine prude et guindée devra faire un détour pour ne pas avoir à contempler en vrai la poitrine généreuse du modèle. Comment ne pas sourire à ce passage ?

Rendu célèbre en son pays par ce roman qui était le cinquième qu'il publia —et par le film qu'en tira Paul Verhoeven— l'auteur n'a quasiment jamais été traduit en français. Sexe, passion, humour : des ingrédients pour un livre-culte.

 

Jan Wolkers : Les Délices de Turquie. Traduit du néerlandais par Lode Roelandt. Belfond, 2013, 245 pages. 

Tag(s) : #LITTERATURE NEERLANDAISE
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