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La Loire à Amboise, photo de J.L. Chapin

 

Laclavetine accompagne le photographe Jean-Luc Chapin à travers la Touraine, il porte le parapluie qui abrite son Hasselblad lors des prises de vue. C'est un stage professionnel de lenteur. Laclav-Faineants.gifEn vélo et en Twingo ils parcourent toute la province, villes et villages, partout où Laclavetine a des amis à lui présenter : des viticulteurs, des artistes, des gens à part. « Nous sommes à la pointe de la feuille de vigne opportunément découpée par l'administration napoléonienne dans la carte de France pour y représenter le jardin de la France cher à Rabelais. Si le département d'Indre-et-Loire ne recouvre pas avec une exactitude absolue les contours de l'ancienne Touraine, il en est une figuration particulièrement bienvenue, avec son tracé ampélographique : une feuille de vigne dont les rivières formeraient les nervures.» Remontant ou descendant les cours et sans ordre chronologique, la fine équipe suit la Gartempe, la Creuse, la Vienne, la Loire, l'Indre, le Cher avec des coins pour la pêche. Si les débits de tabacs commencent à se raréfier dans ces campagnes profondes, il reste encore des auberges typiques tenues par des amis et relations de Laclavetine. Chemin faisant, on n'est jamais bien loin d'une exploitation viticole, en culture biologique de préférence, et certains chapitres sont très orientés "pinard", avec vendanges et dégustations. Le vouvray accompagne bien les rillettes de Tours. On croise de célèbres fantômes : celui de François Rabelais autour de La Devinière et celui d'Honoré de Balzac à Saché — « nombre de ses lettres à Mme Hanska ou à Zulma Carraud sont expédiées d'ici.». C'est d'ailleurs ce dernier qui donne à l'auteur la formule de son titre dans un passage de "L'Illustre Gaudissart". Sans apprendre grand chose d'essentiel sur l'auteur, cette lecture confirme son penchant anti-urbain, anti-parisien : Tours est le maximum qu'il puisse supporter et c'est là qu'il habite près de la cathédrale. Cette littérature itinérante prend parfois l'allure d'un hommage à ceux qui sont venus s'installer, s'enraciner ici même temporairement comme Max Ernst ou Alexandre Calder, et surtout goûter l'absence de stress qui recouvre le pays plus que les 25 % de couverture forestière.

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Max Ernst, "Le Jardin de la France", Centre Pompidou

Les Tourangeaux sont les plus à même de tirer la substantifique moëlle de ce récit verdoyant qui s'adresse en priorité aux Ligériens confirmés et aux fidèles de la Dive Bouteille, « goutteux illustres et buveurs très précieux.»

 

Jean-Marie LACLAVETINE  -  Au pays des fainéants sublimes. - Collection "le sentiment géographique", Gallimard, 2011, 228 pages.

 

 

 

 

Tag(s) : #LITTERATURE FRANÇAISE
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