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Ce roman de Yukio Mishima date de 1968, deux ans avant son suicide, or c’est seulement en 2020 que la traduction française en a été publiée, c’est-à-dire en un temps où la notoriété de l’auteur avait été éclipsée par celle d’autres écrivains japonais, comme Haruki Murakami. Or cette œuvre peu connue de l’auteur de La mer de la Fertilité, du Pavillon d’Or, ou des Confessions d’un masque est d’une originalité  surprenante puisqu’elle parodie le roman policier.

 

Hanio Yamada s’ennuie tellement dans son métier de publicitaire qu’il a tenté de se suicider. Sans famille, sans ami, sans attache, il ressent tellement le vacuité de l’existence et sa nouvelle liberté, qu’il lui prend alors l’envie de vendre sa vie plutôt que de se donner à nouveau le mal d’y mettre fin. Une annonce est passée dans un grand journal de la capitale. S’ensuit une série d’aventures cocasses et inquiétantes. Les marchés successifs, qui lui rapportent de plus en plus d’argent, devraient tous aboutir à sa mort au terme d’aventures inattendues — très inattendues — et ô combien dangereuses!

 

Hanio se retrouve même dans le lit de superbes amoureuses, mais certaines sont vraiment maléfiques comme la femme-vampire pour qui son fils recherchait un partenaire en bonne santé ! À chaque fois Hanio réussit miraculeusement à échapper au trépas, quitte à se réveiller à l’hôpital, sous les yeux d’une infirmière attentionnée, ou bien dans un commissariat de police où son récit ne provoquerait que l’incrédulité d’un flic blasé ou paresseux. En réalité son annonce trop étrange l’avait signalé à une bande de truands persuadés d’avoir affaire à un membre de la police secrète qu’ils sauraient bien faire parler !

 

Mishima a donc brassé les thèmes éternels — la vie, l’amour, la mort — dans un cocktail original qui n’a rien perdu de sa saveur à être conservé plus d’un demi-siècle dans sa langue originelle.

 

• Yukio Mishima : Vie à vendre. – Traduit du japonais par Dominique Palmé. Gallimard, 2020, 266 pages.

 

 

Tag(s) : #LITTERATURE JAPONAISE
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