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Aperçu du roman « Propre » d’Alia Trabacco Zeran paru au Chili en 2022 sous le titre « Limpia »

Santiago du Chili, début des années 2020. Estela, originaire de l’île de Chiloé est montée à la capitale pour fuir le travail qui épuise sa mère, récolter des algues pour les vendre aux Japonais. Estela Garcia devient à quarante ans l’employée de maison d’une famille aisée ayant un enfant. Monsieur est médecin à l’hôpital. Madame Mara Lopez est avocate pour une compagnie forestière. Julia, la petite, à peine née est confiée aux soins de la bonne. Les années passent, Estela ne retourne jamais dans son île, elle verse ses émoluments à sa famille quand sa mère est hospitalisée. Elle ne voit personne d’autres que ses employeurs, sinon Carlos le pompiste de la station-service du quartier, et son vieux chien.

 

 

Estela parle peu à ses employeurs. Ceux-ci ne correspondent parfois avec elle que par post-it ou téléphone. Ils échangent peu avec leur fille qui devient anorexique et souvent hostile. Ils sont obnubilés par leur travail et s’ils font des cadeaux à leur fille, celle-ci ne les apprécie pas, ni les boucles d’oreille, ni la robe d’anniversaire, ni le piano. Avec la bonne, parfois les relations passent mieux. Mais Estela n’est pas chaleureuse avec elle. Des incidents se produisent entre elles. Issue dramatique en perspective tandis que les signes négatifs se multiplient autour d’Estela, et que la tension monte en ville.

 

 

Les chapitres brefs et la langue sans ornements superflus font de ce roman couronné par le prix Femina étranger de 2024 une œuvre assez prenante, continuation réussie du premier roman de l’auteure, La Soustraction, déjà chroniqué sur ce blog. Plutôt que de lire ce roman comme un monument dénonciateur de la domination, il est préférable d’y trouver la preuve des dégâts du manque de paroles. Et en effet, la parole ne se libère qu’après l’arrestation d’Estela, bien trop tard. L’incipit nous place alors sur la voie de son besoin de s’exprimer.

 

 

• Alia Trabucco Zerán : Propre. - Traduit de l’espagnol par Anne Plantagenet, Robert Laffont, 2024, coll. 10/18, 256 pages.

 

 

Tag(s) : #LITTERATURE LATINO-AMERICAINE
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