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Par ce roman surprenant, un écrivain brésilien né à São Paulo en 1977 nous embarque au fond de l’Amazonie où des jeunes Amérindiens ont été assassinés. La région est connue pour de multiples raisons généralement regrettables : déforestation excessive, tensions entre communautés autochtones et brésiliens, corruption de la police locale, trafiquants de drogue, progression des évangélistes, etc. En plus de ces fléaux, l’auteur parce qu’il est anthropologue enrichit la fiction par sa spécialité, l’étude du chamanisme amérindien.
Ce sont les vautours qui ont amené les familles inquiètes de la disparition de plusieurs jeunes à s’adresser à la police fédérale, pas à la police locale qui ne voulait pas perdre son temps avec des « glandeurs ». Tous les corps n’ont pu être identifiés. Et surtout, Maya n’y a pas trouvé son fils disparu. Elle va donc procéder à sa manière, en passant en quelque sorte par des réseaux locaux, c’est-à-dire partir en pirogue avec son mari pour aller dans sa famille, chez Zé Gavião, son oncle, qui vit dans la maloca, la grande maison communautaire indigène. Elle espère y rencontrer sa nièce Noma qui est en train de devenir pajé c’est-à-dire chamane, dont les pouvoirs devraient résoudre l’énigme de la disparition de son fils. Les personnalités de Maya et de Noma vont se dédoubler, chacune voyageant dans un espace mental particulier. Noma entrera en communication avec la cheffe des vautours, avec les pécaris du monde infernal souterrain, pendant que Maya sera bloquée, dans un état second, figée dans un hamac sous les yeux de son mari et de son oncle.
Parallèlement, dans le monde des “Blancs”, d’autres chapitres vont expliquer ce qui a amené le massacre des jeunes Amérindiens. Le fils de Maya était venu à la Ville de la Frontière, fréquenter une jeune beauté, ce qui n’a pas plu à ses amis et il a été victime d’une rixe. Le fils de Maya (on ne sait pas davantage son prénom), qui rêve de revanche sociale, d’argent et d’objets à la mode, entre dans la combine d’un trafiquant de drogue qui agit en franc-tireur contre un réseau d’envergure internationale. D’un côté Glauber, fils du maire corrompu, tire les ficelles d’un système de détournement de fonds publics censés agir pour l’éducation et la santé des Amérindiens, et participe au trafic de drogue via l’exportation de bois. De l’autre Picanha, infiltré à la scierie, cherche à pirater ce réseau et se sert du fils de Maya et de ses amis pour convoyer, espère-t-il, des paquets de drogue jusqu’à un complice posté à la frontière. Les trafiquants trompés, l’un après l’autre, se seront vengés…
- Pedro Cesarino : Les Vautours n’oublient pas. - Traduit du portugais par Hélène Melo. Rivages, 2025, 190 pages. [Os Urubus Não Esquecem, Editora Todavia, São Paulo, 2025].
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