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Écrivain confronté à une panne d’inspiration et à la rupture de son couple, Fausto se fait recruter comme cuisinier au Festin de Babette, petit restaurant en clin d’œil à Karen Blixen, que tient une ancienne gauchiste. Ça se passe à Fontana Fredda sur la route du glacier du Félik, au pied du mont Rose. Fausto y rencontre Silvia, sa cadette de douze ans, qui a elle aussi quitté la pollution des cités lombardes pour l’air pur de la montagne. L’un et l’autre sont à la recherche d’un ailleurs naturel.
À la même époque, Fausto fait la connaissance d’un dameur de la station de ski, surnommé Santorso, et quand le restaurant ferme ce nouvel ami lui trouve un emploi dans les chantiers forestiers. L’été venu, Fausto et Silvia se retrouvent en amoureux dans un refuge de haute montagne qui porte le nom de Quintillo Sella, le scientifique (et ministre du gouvernement de l’Italie à peine unifiée) qui a fondé le Club alpin italien en 1863 suite à l’ascension du mont Viso. Sans doute Silvia et Fausto formeront-ils, mais pas tout de suite, un couple idéal inspiré par les sommets des Alpes plus que par la vie dans les grandes villes industrielles de la plaine du Pô ?
Un précédent roman de Paolo Cognetti, Les Huit Montagnes, a reçu le prix Médicis étranger en 2017. C’est bien vers les cimes que l’auteur trouve sa félicité et déploie son style remarquable de simplicité dans l’écriture, notamment les dialogues plutôt basiques, et en même temps sa profonde humanité le fait se pencher vers des personnes modestes qui triment sans se plaindre, comme la vieille Gemma, voisine de l’auberge. Quant au loup que le titre suggère, s’il croque ses proies paissant sur les alpages, il fait moins peur à Santorso que les avalanches.
• Paolo Cognetti : La Félicité du Loup. – Traduit par Anita Rochady, Stock « la cosmopolite », 2021, 213 pages. [La felicità del lupo, Einaudi, 2021]
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