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Pour l’avoir remercié d’un mot slovène — Boglonaj ! — Ciril Kraljevic se retrouve impliqué dans l’aventure d’un promoteur immobilier de Ljubljana : Štefan Dobernik, slovène comme lui. Ciril avait quitté la ville de Bistrica, où résidait son père, pour tenter sa chance à Vienne. Les études d’ethnologie n’ayant rien donné, Ciril s’était mis en tête d’exploiter son talent de violoniste amateur dans l’ancienne capitale des Habsbourg réputée pour être un paradis musical. Rejetant le conservatoire, Ciril gagnait à peine de quoi survivre avec la musique klezmer du cabaret où Ewa chantait Nokh Eyn Tantz, et tuait le temps en faisant la manche dans le métro avec la Marche turque de Mozart.

 

Devenu coursier puis conseiller de Dobernik, Ciril ne comprend goutte aux arcanes de la promotion immobilière, mais le sourire de Mme Tatiana, la secrétaire du patron le rassure. Le projet de station touristique des Pentes Vertes se trouve rapidement compromis. Les capitaux des investisseurs cessent d’arriver. Les ouvriers sont en grève pour réclamer leur dû. La cabane du chantier brûle, etc. Pendant ce temps Ciril se délecte de ses retrouvailles avec Milena et l’insupportable Baryton, ses amis de la fac. Il apprécie aussi d’avoir une voiture de fonction et un appartement, où Feliks, la fille de Stefan, aspire à le rejoindre pour échapper aux scènes qui opposent les époux Dobernik, Štefan toujours à cran et Adela, folle d’opéra à tue-tête la nuit. Toutes, Adela, Feliks, comme Melina lui demandent en vain de se remettre au violon et de jouer pour elles. Mais Ciril est le loser typique… Son professeur d’ethnologie l’avait traité de « tabula rasa » et voilà que Milena devient sa maîtresse. Finalement tout part en sucette autour de Štefan et de Ciril… Les incidents autour du chantier des Pentes Vertes tendent à se retourner contre eux, d’autant que le dossier est pourri, — il n’est pas kasher tranche Kostadinov le mystérieux investisseur bulgare.

 

Dans ce roman bien enlevé, le lecteur confond peut-être de temps en temps des personnages secondaires et intrigants comme Špičak, Pšeničnik et Piščanec — des noms choisis à dessein par un auteur malicieux — , le lecteur s’amuse aussi des hésitations de Ciril, de ses pulsions infantiles et jusqu’à ses déboires tant avec les femmes qu’avec son violon.

 

Drago JANČAR : Six mois dans la vie de Ciril. – Traduit du slovène par Andrée Lück Gaye. Phébus, 2016, 313 pages.

 

Tag(s) : #SLOVENIE, #LITTERATURE EUROPEENNE
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