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Depuis que Vlad le vicieux règne sur la Russie et martyrise l’Ukraine, les Pays Baltes passent à tort ou à raison pour être ses prochaines victimes. On découvre ces républiques surtout depuis qu’elles ont été incluses dans l’Union Européenne. J’essaie aussi de découvrir leur littérature. Celle-ci est, me semble-t-il, assez marquée par l’impact de la Seconde guerre mondiale. Du moins est-ce le cas de ce court roman poignant.
En 1945, Staline fit disparaître la Prusse de l’histoire ; la Prusse orientale, qui en avait été le berceau et la patrie de Kant, devint l’enclave russe de Kaliningrad. Les Allemands de ce petit territoire qui n’avaient pas fui vers l’Ouest furent victimes d’épuration ethnique suivie de leur remplacement par des Russes qui criaient vengeance contre les fascistes.
Alors que la paix pourrait être le signal d’une nouvelle joie de vivre, ces régions dévastées par les combats sont victimes de la faim aggravée par le froid de l’hiver 1946. « Dans ce pays sombre, la forêt sans fin encercle les fermes et les villages comme un mur noir. Les loups ne craignent plus les hommes — ils se nourrissent de leurs cadavres gelés. Les routes en sont pleines. »
Les personnages principaux d’ À l’ombre des loups sont les enfants des familles allemandes de Prusse orientale massacrées ou déportées et qui réussissent, pour certains, à échapper aux nouveaux maîtres ou à la vindicte populaire. La peur et la faim au ventre, certains essaient de passer la frontière et de gagner Vilnius. Beaucoup se réfugient dans la forêt. En Lituanie devenue colonie de Moscou la soviétisation est alors combattue — comme dans les autres pays baltes — par des maquisards souvent appelés les frères de la forêt. Renate, une adolescente, croise sur son chemin à la fois ces résistants et les agents du NKVD autrement dit leurs « exterminateurs ». Elle s’en sortira mais tant d’autres périront.
L’auteur à la fois homme de lettres et cinéaste s’est fondé sur de nombreux témoignages de rescapés.
• Alvydas Šlepikas : À l’ombre des loups. – Traduit du lituanien par Marija-Elena Baceviciute. Flammarion, 2020, 234 pages.
Lire sa nouvelle « La maison de l’autre côté de la rivière » en cliquant ici.
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