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Le cadre de l’action est une ville de la côte bretonne que dirige un maire dynamique, Quentin Le Bars. Le casino municipal est dirigé par son vieil ami Franck Bellec, toujours impeccable dans son costume blanc, assisté de sa sœur Hélène qui a jadis été la maîtresse du boxeur Max Le Corre, le chauffeur habituel de monsieur le Maire. Son épouse Marielle rompit quand elle apprit l’adultère. D’ailleurs leur fille Laura avait aussi déguerpi, soi-disant pour faire des études de psychologie à la fac de Rennes, en fait pour poser comme mannequin. Aux lecteurs qui auraient oublié L’absolue perfection du crime ou L’article 353 du code pénal, il faut dire qu’encore une fois, une histoire signée Tanguy Viel c’est une mécanique de précision dont on peut se délecter, tout autant que des récits diaboliques d’Yves Ravey.

 

Quoi de particulier ici ? D’emblée on se retrouve au commissariat de police de ladite station balnéaire où Laura porte étrangement plainte contre Quentin Le Bars, prétendant être tombée sous son emprise. Les deux flics qui la reçoivent ont un peu de mal à suivre sa déposition bien peu crédible : « Ce jour-là, si je peux dire, j’ai plutôt porté plainte contre moi-même. » Revenue vivre auprès de son père qui a décidé de relancer sa carrière de boxeur, lui l’ancien champion de France, elle cherchait réellement travail et logement. Son père, a cru bien faire en demandant à son patron d’aider sa fille. Laura n’a pas tardé à obtenir un rendez-vous à la mairie. Et effectivement, grâce au désir secret du maire, la voici bientôt hébergée dans un studio du casino aux bons soins de Franck et de sa sœur, qui lui demande seulement d’aider au bar avec les autres « hôtesses ». Mais voilà que le maire, succombant au charme des vingt ans de Laura, vient s’inviter bien souvent au casino où il rejoint Laura sous les combles et, note-t-on, Laura n’a nullement reculé devant ces relations sexuelles, et on ne peut pas dire qu’elle ait été forcée par un monstre. Quand son père l’apprend, le coup est rude. Max Le Corre en perd son match, est mis K.O., et hospitalisé dans le coma. Quand il reviendra à lui quelque temps plus tard, plutôt vite remis sur pied, il sera prêt à enfiler ses gants de boxe, mais pas pour monter sur un ring...

 

Un bémol. Le titre est à mon avis très mal choisi. On pourrait croire que Laura est devenue une call-girl. En fait, quand Le Bars la voit au casino Neptune il débarque sans l’appeler, et une fois qu’il a été nommé ministre à Paris, c’est elle qui prend l’initiative de l’appeler et d’aller le rejoindre… À cette réserve près, c’est un petit roman ironique, à l’écriture très travaillée, et qui se déguste. Il serait vraiment exagéré de le réduire à la dénonciation de l’emprise d’un élu sur une une proie sexuelle !

 

Tanguy Viel : La Fille qu’on appelle. – Les Éditions de Minuit. 2021, 176 pages.

 

Chronique du livre La fille qu'on appelle de Tanguy Viel : avis et aperçu"

Lu dans le cadre du challenge “Gravillons” de La Petite Liste de Sibylline

 

 

 

 

Tag(s) : #LITTERATURE FRANÇAISE
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