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Voilà un roman qui réjouira les fans d’horizons brûlés par le soleil. Tout se passe au sud-ouest de la Libye, dans le Fezzan, où l’on savoure « les délices de l’isolement dans le désert », plus précisément dans la région du Tadrart Acacus et du Messak Settafet qui abrite de nombreux sites d’art rupestre, des pétroglyphes qu’Assouf le berger fait découvrir à un archéologue italien. Quelques rares touristes viennent les contempler mais le berger ne comprend pas leur émerveillement devant les gravures qui ne représentent pas que des animaux. Il les trouve comme en prière devant l’idole de pierre.
La chasse aux bêtes du désert tient une place éminente dans le livre de l’auteur libyen. Le père d’Assouf a trouvé la mort en chassant un grand mouflon dans les rochers. La mère d’Assouf a été victime de la fureur de l’oued après des pluies dévastatrices. Assouf vit au rythme de ses chèvres qui résistent à la sécheresse. Malgré ce qui est arrivé à son père, il rêve de mouflons et de gazelles. Il se souvient que son père ne mangeait pas la chair de ces animaux et ne les chassait pas comme si un pacte avait été scellé. Mais la père avait rompu ce pacte et cela lui avait coûté la vie. Selon certaines confréries soufies, il ne faut pas manger cette viande. Les caravaniers venant de Kano procurent des amulettes qui protègent ceux qui en mangent quand même. Assouf, quant à lui, refuse la viande car il veut protéger les gazelles aux yeux doux. D'ailleurs il craint les génies de la montagne...
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L'idole de pierre à Wadi Tashwinat
Parfois des chasseurs, comme Cain le viandard et Massoud, viennent chasser les mouflons et s’adressent à Assouf qui est réputé connaître les secrets du hamada, le plateau rocailleux. Certains utilisent même un hélicoptère pour rattraper les gazelles en fuite vers la montagne. Assouf tente, en mettant sa vie en jeu, d’éviter de dévoiler aux intrus qui se font pressants la présence des gazelles et des mouflons dans les parages qu’il semble connaître par cœur. Jadis sa grande persévérance l’avait sauvé. Qu’en sera-t-il aujourd’hui ?
• Ibrahim al-Koni : Le saignement de la pierre. – Traduit de l’arabe par Pierre Bataillon et François Zabbal. Éditions Cambourakis. 2024, 160 pages. (Précédemment paru chez L'Esprit des péninsules en 1999).
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Lu dans le cadre du challenge “Gravillons” de La Petite Liste de Sibylline
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