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Le titre est parfaitement signifiant ! C’est le célèbre morceau de Maurice Ravel qui sert de rythme à ce roman sur la passion, et le roman se clot aussi brusquement que l’œuvre musicale.
Physiothérapeute dans un hôpital d’Istanbul, Aslı est contactée un vendredi soir de printemps pour venir donner des soins à Mehmet qui réside dans une villa éloignée, sur la côte anatolienne. Il souffre d’une épaule blessée après une chute de cheval. Mehmet n’est pas un patient comme les autres. Son chauffeur vient la chercher en jeep à la descente d’avion. Ainsi découvre-t-elle un vaste domaine agricole, une grande villa avec piscine, et aussi des gardiens armés. « Comment un procureur à la retraite avait-il pu s’offrir un endroit aussi magnifiques ? » se demande-t-elle. On saura seulement qu’il y a une affaire compliquée de promotion immobilière sur la côte. Une voiture de police stationne souvent à proximité du domaine… mais il n’y aura ni polar ni thriller.
De week end en week end, à travers tout l’été torride, et jusqu’aux vendanges, Aslı devient dépendante de son patient — séducteur la nuit et mondain le jour — qui l’hypnotise en quelque sorte. Elle se rend compte qu’il est en fait une sorte de mafieux mais cela aussi l’attire. Il se noue entre eux une étrange relation amoureuse où Aslı devient « éprise de sa propre passion ». La relation se complique avec la présence de Romaïssa, l’épouse de Mehmet, qui arrive toujours le lendemain de leur nuit d’amour pour partager un petit déjeuner et lance régulièrement la même remarque devant leurs yeux fatigués : « vous vous couchez donc toujours si tard ». Aslı a l’impression que cette femme lui ressemble physiquement. Sur la terrasse, au bord de la piscine, seins nus, en nageant, elle échafaude cette idée de ressemblance qu’elle conforte encore une fois rentrée chez elle. Par moments, la raison semble éclairer Aslı sur la situation risquée où elle s’est mise, par moments aussi elle s’interroge sur cet étrange trio qu’lls forment durant les week-ends. Simplement c’est toujours son corps qui désire — encore et encore — ces rencontres si sensuelles.
• Ahmet Altan : Boléro. – Traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabanes. Actes Sud, 2025, 221 pages.
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