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Née d’un père directeur d’un centre éducatif pour enfants caractériels et d’une mère sage-femme, Noëlle Châtelet a connu une éducation très libre jusqu’à son entrée au pensionnat en 6ème qui fut une redoutable épreuve. À la vie familiale à la campagne s’opposa la claustration en ville. Néanmoins la petite fille rebelle à l’autorité sut résister. C’est avec beaucoup d’humour et d’autodérision que l’autrice revisite ces années éprouvantes mais formatrices. « Trompée, sacrifiée sur l’autel de l’Éducation », « cloîtrée, séquestrée » Noëlle Châtelet a souffert d’un règlement autoritaire, de l’humiliation et de l’injustice face à une professeure de maths inhumaine surnommée Quasimoda qui la terrorisait. Toutefois elle compensait avec ses copines ; Sarah lui fit découvrir l’existence des juifs ; elle prit ainsi « conscience de la violence du monde ».
Soutenue par cette forte sororité, elle devint rebelle et connut quelques amours clandestines : « mes débordements subversifs ont été et sont les seuls à tromper l’interminable enfermement que la pension m’impose » avoue-t-elle. En outre « les études ne m’ont jamais intéressée jusqu’en 3ème » reconnait elle. Mais au lycée elle fut « foudroyée » par sa professeure de Français à laquelle elle rend hommage dans ce livre ; « grâce à elle je suis entrée en littérature » confie-t elle.
Ces années de pensionnat furent certes une épreuve ; néanmoins elles ont fait découvrir à Noëlle Châtelet la valeur de la justice et de la liberté. Elles furent bien une « école des filles » car l’autrice a appris au contact des autres pensionnaires tout autant qu’avec ses professeurs. Grâce à son style vif et familier ces pages d’autobiographie se distinguent de bien d’autres dans ce genre littéraire.
• Noëlle Châtelet : À l’école des filles.- Robert Laffont, 2026, 260 pages.
Lu par Kate
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