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L’écrivain suisse Michel Layaz a consacré ce récit très vivant à un de ses compatriotes dont la famille a émigré en Bourgogne. Le père imaginait y faire prospérer ses fils — tel Louis né en 1878 — et ses filles. Dans la bourgade de la région de Beaune, Louis Chevrolet se passionne alors pour la mécanique et le vélocipède ; il participe à ses premières courses sur des Gladiator. Ceci l’amène à travailler à Suresnes dans une entreprise de cycles, et il devient contremaître aux usines Darracq. Son expertise et son ambition le conduisent vers l’Amérique. Après un emploi en 1900 à Québec, il se trouve attiré à New York par la mécanique et les courses automobiles dont certaines sont organisées par le milliardaire William Kissam Vanderbilt II à Long Island jusqu’en 1910.
Louis et son frère Arthur sont recrutés comme pilotes par Billy Durant le futur patron de General Motors. Alors commence pour Louis une carrière de pilote automobile au service de différentes marques comme Fiat ou Buick ou encore Frontenac qu’il a créé avec son frère Arthur. Il y gagne une popularité considérable et Willy Durant obtient de Louis Chevrolet de pouvoir exploiter son patronyme comme marque automobile — sans contrepartie ! Louis Chevrolet ne fera pas fortune.
Pendant la Guerre mondiale et les années Vingt il continue de s’investir dans les compétitions et les voitures de course. Il conçoit des voitures performantes, introduisant des pièces en aluminium pour alléger les bolides, mais se fâche avec Albert Champion, qui draguait sa femme, et qui est resté comme le meilleur fabriquant de bougies. Il participe à des courses à Indianapolis et à des raids automobiles dans l’Ouest. Toutes ces compétitions sont marquées par des accidents terribles. C’est « un spectacle plus cruel que la corrida » mais Louis Chevrolet passe pour un trompe-la-mort.
Ce petit livre est aussi une étude exemplaire de l’intégration des immigrés européens aux États-Unis. Louis est rejoint par ses frères et ses sœurs après la mort du père en 1902. Louis se marie en 1904 avec une jeune immigrée française, Suzanne Treyvoux qui lui donne un fils, Charles, deux ans plus tard. Les sœurs de Louis s’installent, Berthe reprend une teinturerie vers Philadelphie. Le couple Louis et Suzanne Chevrolet préfère Détroit alias Motor City, la capitale de l’automobile. Louis y meurt en 1941. Les Chevrolet sont alors parmi les plus répandues des voitures particulières aux États-Unis et le resteront pendant des décennies…
• Michel Layaz : Les vies de Chevrolet. - Éditions Zoé, Genève, 2021, 125 pages.
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Lu dans le cadre du challenge “Gravillons” de La Petite Liste de Sibylline
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