Nous avons choisi de traiter des représentations picturales de groupes, dont la taille peut varier, c'est-à-dire de personnes ayant un statut en commun. Elles font penser à des photos de classe, de promotion professionnelle ou de réunion familiale. Deux ensembles principaux de portraits de groupe apparaissent. D'abord celui des notables hollandais des XVIe-XVIIe siècles, commanditaires de ces portraits de groupe ou schuttersstuck destinés à être exposés dans un but d'auto-célébration. Puis les groupes d'artistes peintres au XIXe siècle, tant dans un esprit de commémoration de la tradition que de promotion d'avant-gardes. En revanche, ce type de peinture est plus rare au début de la Renaissance, puis au XVIIIe et au XXe siècles. Cependant d'autres peintures de groupes, par exemple réunions d'amis ou de famille, se retrouvent à ces époques comme à d'autres, mais sans constituer alors de véritable phénomène de mode.
Origines : un genre inspiré de la peinture religieuse ?
Les portraits de groupes propres à la peinture occidentale depuis le XVIe siècle que nous avons choisi de montrer excluent les sujets religieux. Mais si on envisage l'origine de ce genre pictural, il est possible de considérer que certaines œuvres de peinture religieuse ont pu leur servir de modèle. La réunion de personnages d'un portrait de groupe, souvent selon un alignement au premier plan semble s'inspirer de certaines œuvres marquantes de la peinture religieuse comme dans Le mariage de la Vierge de Signorelli, ou assis et à table comme dans la Cène de Vinci.
Le thème du mariage de la Vierge
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Avec Le mariage de la Vierge que Luca Signorelli a peint sur la prédelle de son Adoration des mages vers 1490, un premier modèle est à retenir. Les personnages sont alignés sur un plan horizontal, de gauche à droite, avec peu d’effet de profondeur (National Gallery of Art, Washington).
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Un autre exemple est fourni par Domenico Ghirlandaio parmi les fresques de la chapelle Tornabuoni à Santa Maria Novella, à Florence.
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Ce modèle est par exemple encore repris par Philippe de Champaigne en 1644 pour son Mariage de la Vierge. Wallace collection, Londres.
Les thèmes du repas du Christ chez Simon et de la Cène
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Lucas Signorelli : Le Christ dans la maison de Simon le Pharisien (1488-90) National Gallery of Ireland. C'est la partie gauche de la prédelle du retable de la chapelle Bichi à Sant'Agostino, Sienne. (Les éléments du retable de saint Augustin ont été dispersés au XVIIIe siècle).
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Léonard de Vinci : La Cène (1495-98). Santa Maria delle Grazie, Milan. C'est le modèle type du portrait de groupe dans un cadre architectural élaboré et avec une table pour répartir les personnages.
• Ce sont là des dispositifs que l'on retrouvera souvent dans les portraits de groupe.
Dans les ateliers des peintres hollandais, voici que les personnages célèbres tirés de l'Histoire sainte comme les héros et les dieux de l'Antiquité païenne cèdent leur place à des fraternités ou à des guildes de professionnels tirés de l'actualité et à leurs portraits réalistes. Ces portraits de groupe ou schuttersstuck en néerlandais forment un un sous-genre pictural, qui ne manque pas d'évoluer sur plus d'un siècle, le Siècle d'Or de la peinture “hollandaise”. Il faut attendre 1902 pour que le critique autrichien Aloïs Riegl étudie ces portraits de groupe.
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Jan Van Scorel : Cinq membres de la Fraternité de Haarlem des pèlerins de Jérusalem. Musée d'Utrecht (1541). Le cartouche documente les personnages représentés et la date de leur pèlerinage. Cette confrérie rassemble toute personne ayant visité le Saint-Sépulcre à Jérusalem. Des associations similaires existaient dans d'autres villes.
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Jan Van Scorel : Douze membres de la Fraternité de Haarlem des pèlerins de Jérusalem (1523-33). Panneau de 275 x 114 cm. Musée Frans Hals à Haarlem. Le peintre s'est représenté, troisième en partant de la droite, au-dessus du point de cire d'un papier corné. À gauche le responsable de la confrérie montre le Saint-Sépulcre de Jérusalem dans un petit tableau. L'avant-dernier membre a fait deux fois le pèlerinage : il tient deux palmes et non une comme les autres. Ce tableau joue un rôle décisif dans l'apparition de ce sous-genre du portrait, avec une présentation isocéphalique où les têtes des personnages sont bien alignées.
Les portraits de groupe des milices bourgeoises
Les milices bourgeoises du nord des Pays Bas, chargées de l'ordre public et accessoirement du front anti-espagnol, étaient organisées en guildes dont les membres devaient payer leur équipement. Elles furent d'importants commanditaires des portraits de groupes puisqu'il a été conservé au moins 125 tableaux de ce genre destinés à orner leurs bâtiments d'entraînement au tir.
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Dirk Jakobsz : Portrait des dix-sept membres de la Garde civique (1520). Rijksmuseum, Amsterdam. Ce tableau serait le pionnier du genre. Pour rompre la monotonie le peintre joue de la gestuelle : les regards varient d'un côté ou de l'autre et surtout les mains créent une dynamique dans l'œuvre.
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Dirk Jakobsz : Portrait des membres de la compagnie de tir d'Amsterdam. (1532) 115 x 160 cm. Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg.
Comme on vient de le voir, les plus anciens portraits de groupe de miliciens sont des collections de portraits individuels et en buste donnant un ensemble plutôt statique. Puis Dirck Barendsz (1534-1592) imposa en 1566 un agencement des miliciens autour d'une table. En 1588 les officiers de la guilde des archers d'Amsterdam demandèrent des portraits en pied. Les portraits de groupe nous montrent aussi un pays en armes pour se défendre contre la domination espagnole et assurer l'indépendance des Pays-Bas. Ainsi le modèle du portrait de groupe est-il devenu moins figé, plus vivant.
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Dirck Barendsz : Le repas des miliciens d'Amsterdam (1586). Rijksmuseum.
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Cornelis Ketel : La compagnie du capitaine Dirck Jacobsz. Rosecrans et du lieutenant Pauw. (1588). Riksmuseum. Cette œuvre de grande taille (208 x 410 cm) présente plusieurs caractéristiques. Les lances sont variées : lance, hallebarde, mousquet, arquebuse). La hiérarchie est bien suggérée avec au centre le porte-étendard encadré par son capitaine et par le lieutenant vêtu de noir. Les miliciens placées en arrière sont suffisamment près du premier rang pour que l'organisation isocéphalique soit maintenue. Le petit chien donne aussi plus de vie et d'effet de réel à cette peinture.
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Cornelis Cornelisz van Haarlem : Le banquet des officiers de la compagnie de Saint-Georges (1599). Musée Frans Hals, Haarlem. C'est le banquet des officiers de la milice locale, avec couteaux et assiettes plates.
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Claes Jacobsz van der Heck : Officiers de la vieille milice d'Almaar dans un paysage (1613).
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Werner Jacobsz van den Valckert : Les arquebusiers de la compagnie du capitaine Albert Coenraetsz. Burgh et du lieutenant Pieter Evert (1625). Musée d'Amsterdam.
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Frans Hals : Le banquet des officiers de la Garde civique de Saint-Georges (1616) [Saint-Joris Doelen]. Traditionnellement, il y avait deux gardes civiques à Haarlem. Les officiers sont choisis parmi les familles les plus prestigieuses, pour un mandat de trois ans au terme duquel la ville organisait un banquet et commandait un portrait de groupe [schuttersstuck] pour servir d'image commémorative. Avec l'idée de peindre les miliciens en plein banquet, et la table semble bien garnie, il est évident que la présence des armes se remarque moins. Frans Hals peignit cinq tableaux de miliciens.
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Frans Hals avec Pieter Codde : La Compagnie du capitaine Reynier Reael et du lieutenant Cornelis Michielsz Blaeuw, dite « La Compagnie Maigre », un “schuttersstuk” pour la guilde des archers d'Amsterdam. (1633-37), Rijksmuseum. Au bout de trois ans comme Frans Hals n'avait pas terminé la toile et qu'il ne voulait plus se déplacer encore à Amsterdam, Pieter Codde se vit confier son achèvement. Seul le personnage situé à l'extrême-gauche a été entièrement peint par Frans Hals et Vincent van Gogh nota en 1885 qu'il avait « rarement vu personnage divinement plus beau ». L'expression “Compagnie Maigre” lui a été donnée en 1758 par un historien qui trouvait les personnages trop sveltes !
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Hendrik Gerritsz Pot : Officiers et sous-officiers de la milice de Saint-Adrien quittant leur quartier général (1630). Musée Frans Hals, Haarlem.
On en arrive à l'incontournable, au tableau iconique du Siècle d'Or :
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Rembrandt van Rijn : La Ronde de Nuit (1642). Rijksmuseum. L'œuvre passe pour la plus réussie des tableaux de ce genre. Au centre, en pleine lumière, le capitaine Frans Banning Cocq regarde le spectateur contrairement au lieutenant Willem van Ruytenburch en costume jaune. Le tableau était destiné à la grande salle du bâtiment des arquebusiers, le Kloveniersdoelen, à Amsterdam, utilisée pour des réceptions officielles. Parce que la plupart des personnages sont dans une semi-obscurité, et que le vernis s'est assombri (avant d'être retiré en 1975) le tableau a été baptisé à tort Ronde de nuit au XIXe siècle et le nom est resté.
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Bartholomeus van der Helst : Les syndics des arbalétriers de Saint-Sébastien à Amsterdam (1653). Cette confrérie faisait partie de la Garde Civique d'Amsterdam. Musée du Louvre.
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Bartholomeus van der Helst : Banquet de la milice des arbalétriers de la compagnie de Saint-Georges pour célébrer la Paix de Münster (1648). Ce tableau du Rijskmuseum, de grande taille, 232 x 547 cm, comporte vingt-cinq personnages qui sont nommés sur sa page Wikipedia. Les attitudes des convives sont variées. A l'arrière-plan l'aubergiste remplit un verre. La poignée de main des deux personnages assis à droite reprend l'idée de paix. Le traité de Münster signé le 5 juin 1648 est pour les Pays-Bas synonyme de la fin de la Guerre de Quatre-Vingts Ans puisque commencée par la révolte de 1568 contre la monarchie espagnole.
La société néerlandaise du Siècle d'Or
Les portraits de groupe nous donnent une information sur la société néerlandaise du XVIIe siècle, ses institutions sociales dites de bienfaisance, ses institutions politiques et économiques. C'est une société marquée par le calvinisme.
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Otto van Veen : L'artiste peignant entouré par les membres de sa famille (1584). Louvre. Le modèle qu'il peint ne fait pas partie de sa famille. On voit que l'usage de la frise s'étend aux enfants. Le texte de gauche présente le peintre sous son nom latinisé : Otho Venius. Celui de droite énumère les noms des membres de la famille.
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Barthelomeus van der Helst : Deux régents et deux régentes du Spinhuis (1650). Musée d'Amsterdam. Il s'agit d'une filature servant de maison de redressement fondée en 1596 pour les femmes marginales, prostituées ou pauvres. Les pensionnaires étaient astreintes à un travail de filage et tricotage et s'exposaient à des châtiments corporels en cas de refus.
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Dirk van Santvoort : Deux Régentes et deux mères-surveillantes du Spinhuis d'Amsterdam (1638). Musée d'Amsterdam. Encore une fois une table permet d'organiser la scène. Ici, non pour banqueter mais pour faire des comptes ou gérer l'établissement. D'autres scènes nous montrent ces notables à l'œuvre.
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Jan Viktors : Le repas des filles de l'orphelinat du diaconat (1650-60). Musée d'Amsterdam.
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Jan Viktors : L'habillage des orphelins de l'orphelinat diaconal. (1659-60) Musée d'Amsterdam.
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Jan de Bray : L'habillage et le repas des orphelins (1663). Musée Frans Hals, Haarlem.
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Frans Hals : Les Régentes de l'Old Men's Alms House (1664). Musée Frans Hals, Haarlem. Frans Hals portraitura également les Régents de cet hospice des vieillards. Ce furent ses dernières grosses commandes : il mourut en 1666. L'institution n'était pas ouverte aux pauvres, chaque pensionnaire devait apporter son lit, une chaise, ses draps et ses vêtements, etc.
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Cornelis van der Voort : Les Régents de la maison de retraite à Amsterdam. (1618) Musée d'Amsterdam. [Oude Mannen en Vrouwengasthuis]. Les positions des mains donnent de la vie au portrait de groupe.
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Jan de Bray : Les Régents de l'hospice des Lépreux. (1667) Musée Frans Hals, Haarlem. Le peintre fit aussi le portrait des régentes. L'hospice abrite aujourd'hui un musée de la psychiatrie. Dans ces deux cas on voit que les régents sont occupés à des tâches administratives.
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Pieter Pietersz l'Ancien : Les régents de la guilde des drapiers. (1599) Rijksmuseum. Ici encore ce sont les mains qui parlent !
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Rembrandt : Le collège des syndics de la guilde des drapiers d'Amsterdam (1662). Rijksmuseum. C'est le dernier grand portrait de groupe peint par Rembrandt. Ces cinq gentilshommes — les proefmeester of waardijn — ont été désignés pour évaluer la qualité des étoffes que produisent les tisserands. L'homme sans chapeau est un serviteur de la guilde; il est debout et les syndics sont assis ou en train de s'asseoir comme le second en partant de la gauche. Les syndics de drapiers restaient en fonction pendant un an, d'un vendredi saint à l'autre. Le tableau était destiné au Staalhof, bâtiment où les étoffes étaient contrôlées.
Et hors des Pays-Bas ? D'autres notables, bien sûr ont désiré se faire représenter en groupe, en voici un exemple parmi d'autres.
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Philippe de Champaigne : Le Prévôt des marchands et les échevins de la ville de Paris (1647-48) 200 x 271 cm. Louvre. Ici, contrairement aux images précédentes, on se retrouve dans la culture catholique du royaume de France au temps de la Fronde. Philippe de Champaigne a peut-être retenu de tel ou tel schuttersstuck l'importance du jeu des mains pour réduire l'aspect figé du portrait de groupe.
Le recours à ces portraits de groupe est si répandu qu'on se limitera ici à quelques exemples officiels, familiaux et amicaux.
Des événements officiels
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Nicolas Lancret : Le Lit de Justice du Parlement de Paris (1723), Musée du Louvre. Dans la France des Bourbons c'est une cérémonie rare par laquelle le pouvoir royal impose aux parlementaires l'enregistrement d'une de ses décisions. Ici, il s'agit de la majorité de Louis XV à treize ans.
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Benjamin Ferrers : La Cour de Chancellerie sous George Ier. (1725) National Portrait Gallery, Londres. C'est une institution majeure de la justice anglaise.
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John Lewis Krimmel : Le 4 juillet sur la place centrale de Philadelphie (1812). Pennsylvania Academy of the Fine Arts. La date commémore la Déclaration d'Indépendance de 1776. A l'arrière-plan des élégantes et des quakers à la tenue plus modeste, le bâtiment appelé Philadelphia Water Works équipé d'une machine à vapeur alimente la ville en eau. et ici une fontaine.
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Henri Rousseau dit le Douanier : Les Représentants des puissances étrangères venant saluer la République en signe de paix. (1907). 130 x 160 cm. Musée Picasso, Paris.
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Gustave Courbet : Un enterrement à Ornans (1850). Musée d'Orsay. (315 x 660 cm). Le portrait de groupe concerne ici la société villageoise d'Ornans. Considéré comme un tournant majeur de l'art français du XIXe siècle en raison de son réalisme appliqué aux gens ordinaires, aux gens du peuple. On a prétendu que Courbet avait été influencé par la Compagnie Maigre et d'autres portraits de groupe hollandais après avoir effectué un voyage à Amsterdam.
Des réunions familiales
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Bernardino Licinio : Un portrait de famille (1524) 122 x 177 cm. Royal Collection Trust, Hampton Court Palace. Le peintre vénitien Bernardino Licinio est surtout connu comme portraitiste.
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Bernardino Licinio : La famille de son frère Arrigo (1539 env.) Galleria Borghese, Rome. Le neveu du peintre tient une statuette du Torse du Belvedere.
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Rowland Lockey d'après Hans Holbein. Sir Thomas More et sa famille. (1592) National Trust, Prieuré de Nostell, Yorkshire. On a ici un portrait de famille dans un riche décor d'intérieur éclairé par deux fenêtres alors que le tableau suivant est sur un fond neutre. Il existe d'autres versions de ce tableau. On reconnaît Thomas More juste sous la pendule.
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Paul van Somer : Le premier comte de Monmouth et sa famille (1617). National Portrait Gallery, Londres. Monmouth est représenté tenant la verge blanche du chambellan. Figurent aussi Henry son fils aîné, son épouse Élisabeth Travannion, sa fille Philadelphia (au teint très pâle), et son fils cadet Thomas. Par rapport à des œuvres qui précèdent, l'originalité est ici le portrait en pied. On peut aussi admirer les chaussures des deux fils !
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Louis Le Nain : La famille heureuse (1642). Louvre. La joie se lit surtout sur le visage du père qui préside à la table, tient à la main un verre de vin et regarde le peintre. Ce tableau s'appelle aussi Le retour du baptême. Les autres personnages ont le regard tourné vers le bébé.
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Louis Le Nain : La Visite à la grand-mère (1645-50). Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg. Toutes les têtes, sauf une, sont parfaitement alignées.
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Frans Hals : Une famille devant un paysage (1645-48). Musée Thyssen-Bornemisza, Madrid.
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Philippe de Champaigne : Les enfants de Habert de Montmor (1649). En dépôt au musée des Beaux-Arts de Rennes. C'est une œuvre récupérée à la fin de la Seconde guerre mondiale inscrite sur la base Rose Valland consacrée aux œuvres dites MNR. Cette œuvre a une valeur documentaire pour étudier le vêtement de l'enfant au XVIIe siècle. Henri Louis Habert de Montmor était un homme de lettres parisien, il a épousé Henriette-Marie de Buade, partisan de Descartes, ami de Mersenne et de Gassendi, il avait fréquenté le salon de Marie de Gournay.
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William Hogarth : Les Enfants du Dr Graham (1742). National Gallery, Londres. Daniel Graham est l'apothicaire du roi George II. Derrière les enfants, noter un chat grimpé sur le dossier d'un fauteuil et un chardonneret en cage.
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Jean Ranc : La famille de Philippe V. (1723) Musée du Prado. Le roi est représenté avec son épouse Elisabeth Farnèse entourée de ses enfants.
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William Hogarth : William Wollaston et sa famille dans un grand intérieur (1730). Galerie d'Art de Leicester. William Wollaston, debout au centre de la peinture, est un avocat et homme politique whig qui a siégé aux Communes et a épousé Elizabeth Fauquier fille du directeur de la Banque d'Angleterre. Il est le fils du philosophe William Wollaston mort en 1724 connu comme penseur du concept de religion naturelle qui ayrait influencé Jean-Jacques Rousseau.
Des illustrations de la sociabilité
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Leandro Da Ponte Bassano : Le Concert (vers 1590). Galerie des Offices, Florence.
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Antoine Le Nain : Une réunion musicale (1642). Peinture sur cuivre 32 x 40 cm. Musée du Louvre. Un personnage joue du luth et les autres tiennent à la main leur partition. La cantatrice tient délicatement sa partition au centre exact du tableau.
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Eustache Le Sueur : Réunion d'amis (1640). Musée du Louvre Lens. Point commun de ces trois tableaux : on y chante, joue ou écoute de la musique entre amis.
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François-Hippolyte Debon : Séance d'un salon à l'hôtel de Rambouillet (1863). Musée d'Art et d'Histoire de Dreux. Antoine Godeau, natif de Dreux, évêque de Grasse et l'un des premiers Immortels de l'Académie française fait une lecture dans le salon bleu de Catherine de Vivonne marquise de Rambouillet. Debon commémore ainsi une forme de sociabilité de l'élite, les salons mondains qui existaient deux siècles auparavant. Ce monde des salons a connu son apogée au Siècle des Lumières.
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Michel Barthélémy Ollivier : Le Thé à l’anglaise servi dans le salon des Quatre-Glaces au palais du Temple à Paris en 1764. (1768), huile sur toile, 530 cm x 680 cm, Château de Versailles.
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Anicet Charles Lemonnier : Le Salon de Mme de Geoffrin. (1812) Malmaison. Ou plus exactement, lecture de la tragédie “L'orphelin de la Chine” de Voltaire dans le salon de madame Geoffrin en 1755, œuvre présentée au Salon de 1814. Outre l'hôtesse des lieux, on peut y reconnaître Buffon, de Bernis, d'Alembert, Marivaux et Voltaire.
Au siècle suivant, les peintres nous montrent des groupes plus réduits, notamment autour des tables d'auberges et de cafés.
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Willard Metcalf : Ten cent breakfast. (1887) Denver Art Museum.
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Johann Peter Hasenclever : La dégustation. (1848 environ) Ancienne Galerie nationale, Berlin.
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Henri Gerveix : Scène de café à Paris (1877) Detroit Institute of Art. Depuis le XVIIIe siècle, les cafés font partie de la vie sociale parisienne et se multiplient au siècle suivant, en s'étendant aux terrasses d'une ville aménagée par le baron Haussmann.
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James Tissot : Le cercle de la Rue Royale (1868). Musée d'Orsay. La toile a été commandé à Tissot par le cercle masculin de la haute société parisienne. La scène est au balcon de l'hôtel de Coislin qui surplombe la place de la Concorde, le traité de 1783 reconnaissant l'indépendance des Etats-Unis y a été signé.
Chaque membre du cercle a payé 1000 fr. pour la réalisation du tableau. De gauche à droite : le marquis de Galliffet, général en 1870 et surnommé "le susilleur de la Commune", le banquier Rodolphe Hottinguer, le compositeur Edmonde de Polignac, Charles Haas qui a servi de modèle à Proust pour Swann, Robert Vansittart, Etienne de Ganay collectionneur d'art, Pierre de Miramon, le capitaine Julien de Rochechouart, Charles-Alexandre de Ganay également collectionneur, Alfred de Faÿ de La Tour-Maubourg secrétaire d'ambassade, Alfred du Lau d'Allemans officier, et le collectionneur d'art islamique Gaston de Saint-Maurice. James Tissot est au début de sa réussite, il vient alors de vendre des tableaux à la galerie d'Ernest Gambart à Londres.
Les groupes d'artistes du XIXe siècle
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Louis-Léopold BOILLY : L'atelier d'Isabey. (1798) Musée du Louvre. Une trentaine de personnages tous masculins parmi lesquels le compositeur Méhul, les peintres Isabey, Boilly, l'acteur Talma, etc.
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Célestin François : La leçon de peinture d'après modèle vivant à l'Académie de Bruxelles. (1821) Musée de la Ville de Bruxelles. Les petits groupes de conversation sont comparables à ceux du tableau de Boilly.
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Philippe Van Brée : Atelier de femmes peintres (1820-25). Huile sur bois, 87 x 131 cm. Musées Royaux des Beaux Arts, Bruxelles. L'auteur est un spécialiste des scènes de genre.
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Francisco Hayez : Autoportrait dans un groupe d'amis (1827). 33 x 30 cm. Musée Poldi Pezzoli, Milan. Le peintre italien s'est représenté au milieu de ses amis poètes et artistes romantiques.
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François Trichot-Garnerie : Portrait de classe avec professeur et élèves (1843). Château de Falré, près de Châlons-sur-Saône. Les techniques du schutterstuck sont encore bien opérantes deux siècles plus tard. Les écoliers ont seulement remplacé les miliciens.
Les groupes commémoratifs
Au XIXe siècle, on demande aux célébrités de l'Antiquité païenne de venir patronner tout un panthéon de gloires des arts et lettres jusqu'à notre époque.
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Jean Auguste Dominique Ingres : L'Apothéose d'Homère (1827). Musée du Louvre. Cette œuvre réunissant les grands noms des arts et lettres depuis l'Antiquité était une commande de Charles X pour orner une salle du Louvre. Aux pieds d'Homère, l'Iliade et l'Odyssée sont personnifiées en rouge et en vert. Au premier plan on reconnaît à gauche Poussin et à droite des auteurs du Siècle de Louis XIV comme Racine ou La Fontaine. Ingres est ici le nouveau Raphaël de L'École d'Athènes ! Le genre historique suscite un vif engouement au XIXe siècle.
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François-Joseph Heim : Charles X distribuant des récompenses aux artistes exposant du Salon de 1824 au Louvre, le 15 janvier 1825. (1827). Musée du Louvre. Le site du musée donne la liste des personnalités présentes, parmi lesquelles Isabey, le baron Gros, Mme Vigée-Lebrun, ou encore le sculpteur David d'Angers et le compositeur Rossini...
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Paul Delaroche : Le Génie des Arts. (1836-41) Immense œuvre de 3,90 x 24,7 mètres. Amphithéâtre d'honneur de l'École Normale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. La peinture murale couvre un demi tronc de cylindre. Le Génie des arts est entouré des artistes de tous les temps ! L'influence du travail d'Ingres est claire... Le site de l'École donne la liste des 67 noms ; le dernier à droite est ainsi Nicolas Poussin.
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Paul Delaroche : Le Génie des Arts. (1841). Extrait de la partie centrale. Trois artistes de la Grèce antique sont entourés de quatre femmes symbolisant les périodes successives de l'histoire de l'art. On voit au premier plan le Génie des arts, peint d'après une figure connue du Paris des années 1840, Joséphine Bloch, qui inspira Baudelaire.
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Wilhelm von Kaulbach : Louis Ier de Bavière entouré d'artistes et de savants (1848). Le souverain descend de son trône pour juger de la qualité de leurs œuvres ! Neue Pinakothek, Munich.
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Nicaise de Keyser : Anvers couronne ses artistes (1872). Koninklijk Museum voor Schone Kunsten / Musée Royal des Beaux-Arts d'Anvers. Pour décorer le hall de son nouveau musée, la cité de l'Escaut commanda en 1862 à un peintre local, Nicaise de Keyser, une importante série de tableaux illustrant son histoire artistique. Au centre c'est Antverpia, incarnation de la ville, qui distribue des couronnes aux maîtres. Cet ample cycle pictural est typique de cette époque qui s'enthousiasme pour les « grands hommes » et commande toutes sortes de panthéons, depuis la fresque de Delaroche ci-dessus jusqu'aux œuvres de Peter von Cornelius pour le plafond de l'Alte Pinakothek et de Wilhelm von Kaulbach pour la Neue Pinakothek de Munich.
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Nicaise de Keyser : Peintres et Sculpteurs. (1862-72) KMSKA / Musée Royal des Beaux-Arts d'Anvers.
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Nicaise de Keyser : Peintres et Sculpteurs. (1862-72) KMSKA / Musée Royal des Beaux-Arts d'Anvers.
Mais N. de Keyser est aussi connu pour un autre cycle commémoratif. Le marchand d'art Ernest Gambart (1814-1902) lui commanda quatre grandes compositions sur le thème des plus grands artistes depuis l'Antiquité et destinés à décorer le hall de sa villa, Les Palmiers, à Nice. À la mort de Gambart, ces œuvres furent léguées au musée des Beaux Arts de Nice. (Informations extraites de : Alain Bonnet, Artistes en groupe, PUR, 2007).
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Nicaise de Keyser : L'École de peinture italienne (1876). Musée des Beaux-Arts Jules Chéret, Nice. De Kayser peint à la gloire des maîtres d'autrefois parmi lesquels on reconnaît Raphaël au centre de la composition.
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Nicaise de Keyser : L'École antique (1878). 283 x 404 cm. Musée Jules Chéret, Nice. L'influence du tableau d'Ingres peut se retrouver ici.
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Nicaise de Keyser : L'École moderne (1878). 284 x 401 cm. Musée Jules Chéret, Nice. On peut y reconnaître, entre autres, au premier rang, Rosa Bonheur, Ary Scheffer, J.D.A. Ingres, Horace Vernet.
Les artistes des Avant-Gardes
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Henri Fantin-Latour : Hommage à Delacroix. (1864) Musée d'Orsay. Parmi les personnages représentés, le peintre Whistler (debout devant le portrait de Delacroix), Fantin-Latour lui même à droite du bouquet de fleurs, Édouard Manet, Charles Baudelaire.
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Henri Fantin-Latour : Un atelier aux Batignolles (1870) Musée d'Orsay. On retrouve Edouard Manet ! Émile Zola, Claude Monet, Auguste Renoir sont aussi représentés ainsi que Bazille, le plus grand.
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Henri Fantin-Latour : Un coin de table (1872). Musée d'Orsay. On reconnaît Paul Verlaine et Arthur Rimbaud. Tous ces poètes du Parnasse sont vêtus de noir à la différence du politicien républicain Camille Pelletan, en gris. Au centre, Émile Blémont qui acheta le tableau et le légua au Louvre en 1910.
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Maurice Denis : Hommage à Cézanne (1900). On est dans la galerie d'Ambroise Vollard. Le tableau figure à l'extrême-gauche Odilon Redon discutant avec Paul Sérusier devant un tableau de Cézanne. De gauche à droite : Édouard Vuillard, le critique André Mellerio portant un haut-de-forme, Ambroise Vollard derrière le chevalet, Maurice Denis, Paul Ranson, Ker-Xavier Roussel, Pierre Bonnard fumant la pipe, et Marthe Denis épouse du peintre. Au fond une toile de Renoir. André Gide acheta ce tableau et en fit don en 1928 au Musée du Luxembourg.
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Félix Vallotton : Les Cinq Peintres nabis (1903). Kunstmuseum Winterthur, Suisse. Sur cette toile figurent Pierre Bonnard, Charles Cottet, Ker-Xavier Roussel, Félix Vallotton, Édouard Vuillard.
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Marie Laurencin : Apollinaire et ses amis. (1908). Centre Pompidou. De gauche à droite : Pablo Picasso, Marie Laurencin, Guillaume Apollinaire, Fernande Olivier.
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Marie Laurencin : Apollinaire et ses amis. (1909). Musée de l'Orangerie. Apollinaire est au centre et à droite on reconnaît Picasso, la poétesse Marguerite Gillot, le poète Maurice Cremnitz et Marie Laurencin au piano. À gauche sont représentées Gertrude Stein et Fernande Olivier.
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Boris Kustodiev : Portrait de groupe des artistes de Mir Iskousstva. (1920). Musée russe, Saint-Pétersbourg. Active des années 1890 à 1903, cette association "Le Monde de l'Art" a été relancée en 1910 par Alexandre Benois et Boris Kustodiev, en opposition à l'Union des peintres russes. Ceci est l'esquisse d'une œuvre de grande dimension qui aurait dû être réalisée pour la Galerie Tretiakov. On reconnaît par exemple en partant de la gauche Igor Grabar et Nicolas Roerich, puis, debout Boris Kustodiev, et appuyé sur la chaise, Kouzma Petrov-Vodkine. Cette peinture de groupe d'artistes était une première en Russie, et leurs prédécesseurs, les Ambulants, n'en avaient pas eu l'idée.
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Max Ernst : Au Rendez-vous des amis (décembre 1922). Musée Ludwig, Cologne. Tout à gauche, tournant le dos aux autres, habillé en bleu René Crevel semble jouer au piano. Dans son dos Max Ernst voisine avec Dostoievski (!) puis Jean Paulhan et Benjamin Péret avec monocle. Le personnage bondissant en costume jaune est Bargeld suivi de Robert Desnos. Au-dessus d'eux, de gauche à droite, on distingue Philippe Soupault, Hans Arp en costume beige, Raphaël (!), Paul Eluard, Louis Aragon, André Breton, Chirico et Gala Eluard. Bref, c'est toute l'aventure surréaliste qui est résumée dans ce portrait de groupe.
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José Gutiérrez-Solana : La tertulia del Café del Pombo (1920). Musée Reina Sofia, Madrid. À partir de 1915, tous les samedis soir Ramón Gómez de la Serna (ici debout au centre) organisait une rencontre littéraire dans ce café madrilène avec ses confrères de l'avant-garde espagnole. L'autoportrait du peintre est tout à droite.
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Ernst Ludwig Kirchner : Eine Künstlergemeinschaft. (1925-27) Museum Ludwig, Cologne. Cette toile fit partie de l'exposition Entartete Kunst en 1937. Kirchner mourut l'année suivante en Suisse. Kirchner a été l'un des fondateurs du groupe expressionniste Die Brücke à Dresde avant la Première guerre mondiale, groupe dont on voit ici quatre des membres les plus connus : Otto Mueller (assis), E. L. Kirchner, Erich Heckel, Karl Schmidt-Rottluff.
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Marevna : Hommage aux amis de Montparnasse (1962). Marevna Vorobieff-Stabelska dite Marevna est une artiste née en Russie qui a rejoint les artistes de La Ruche à Paris en 1913. Sur cette toile du musée du Petit-Palais à Genève figurent, en haut, Diego Rivera, Ilya Ehrenbourg, Chaim Soutine, Amedeo Modigliani, Jeanne Hébuterne, Max Jacob, Leopold Zborowski et, en bas, Marevna avec sa fille Marika, et enfin Moïse Kisking.
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Marevna : Aux amis de Montparnasse (1962). De gauche à droite : le poète Maximilian Volochine, Chaim Soutine, l'écrivain Maxime Gorki, Marevna, Ilya Ehrenbourg, et le sculpteur Ossip Zadkine portant cravate. Musée du Petit-Palais, Genève.
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Marevna : Aux amis de Montparnasse (1962). Cette troisième partie du triptyque peint pour une exposition qui lui était consacrée montre de gauche à droite : Natalia Gontcharova, Michel Larionov son conjoint, Jean Cocteau, Sacha Diaghilev avec nœud papillon, Igor Stravinsky, et Pablo Picasso en pull marin et canotier.
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Arbit Blatas : Le peintre Blatas et ses collègues de l'École de Paris (1970). Collection particulière, New York. Juif lituanien, il réussit à quitter la France en 1941 pour New York où il mourut en 1999.
Conclusion. Le portrait de groupe a vécu principalement dans la Hollande du Siècle d'Or et dans la France du XIXe siècle. Il est vraisemblable que la photographie, la télévision et les autres médias auront fait disparaître ce genre pictural.
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Bibliographie
- La Gloire du Siècle d'Or. Art hollandais du XVII° siècle. Peinture, sculpture et arts décoratifs. Rijksmuseum, Amsterdam, 2000.
- Jan Blanc et Bérangère Poulain. "Ars moderna", You tube.
- Aloïs Riegl. Le portrait de groupe hollandais, 1902. Réédition Hazan 2008.
- Alain Bonnet : Artistes en groupe. La représentation de la communauté des artistes dans la peinture du XIX° siècle. Presses universitaires de Rennes, 2007.
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