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Avec son truc d'écriture en boucle, depuis « Je m'en vais dit Ferrer » jusqu'à « Je prends juste un verre et je m'en vais » le roman de Jean Échenoz montre une certaine élégance que le récit confirme en permanence : cet écrivain nous amadoue par son style futé et tout en légèreté. Le plaisir de lecture tient beaucoup aux détails, souvent vestimentaires, qui campent les personnages, et à ceux, largement ironiques, qui font semblant de nous initier au marché de l'art des années 90.

 

Ferrer est un galeriste parisien à qui son employé Delahaye apporte des informations convaincantes sur la cargaison d'un navire, la Nechilik, pris par les glaces du Grand Nord canadien et abandonné depuis cinquante ans. De l'artisanat inuit ! Voilà qui pourrait étoffer l'offre de sa galerie de peinture, car les artistes qu'il patronne n'ont plus tellement le vent en poupe. Expédition réussie, Ferrer fait expertiser ses trouvailles et voilà qui devrait encore donner du tonus à cet homme fatigué, blasé, au cœur souffrant, et qui a tendance à tout laisser filer, même les jolies femmes qui passent sur son chemin, avec trop de parfum comme Bérangère, ou sans maquillage comme Hélène pourtant « hautement désirable ».

 

Et puis Delahaye disparaît.

En même temps, le récit suit un certain Baumgartner qui est en train d'organiser avec méticulosité une opération malhonnête. Le lecteur imagine un peu la suite, mais l'auteur a prévu assez de rebondissements pour déjouer toute hypothèse. Surtout n'allez pas croire qu'Échenoz ait voulu écrire un roman policier ! Déjà un classique du XXe siècle…

 

Jean Échenoz. Je m'en vais. Éditions de Minuit, 1999, 252 pages.

 

Tag(s) : #LITTERATURE FRANÇAISE
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