L'exposition "Artistes d'Abomey" montre que l'art africain n'est ni
anonyme ni figé ; la quasi-totalité des objets exposés porte le nom de son créateur.
Le royaume de Danhomé – capitale Abomey, région de l'actuelle république du Bénin –,
n'a certes existé que du 17° au 19° siècle, mais son histoire et son art ne sont pas tombés dans l'oubli. Les quatorze rois qui se sont succédé ont toujours maintenu une société très
hiérarchisée, expansionniste, souvent en guerre avec ses voisins, en particulier les Yoruba de l'ancien royaume de Bénin – dans l'actuel Nigéria. Les artistes dahoméens bénéficiaient d'un statut
spécifique s'ils étaient habités par l'aziza, l'inspiration divine : le Roi les dotait et la famille royale restait mécène de toute leur descendance. Cette condition privilégiée, transmise de
père en fils, inféodait l'artiste au pouvoir : ses créations devaient scénographier la prospérité du royaume et participer au culte de la personnalité propre à chaque roi. Qu'ils travaillent le
métal ou l'ivoire, le bois ou le tissu, leur art reste donc figuratif.
Fig. 1 - Effigie du dieu Gou
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| Fig.2 - Behanzin |
Fig. 3 - Glèlè
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Le sculpteur Sossa Dede créa fin 19° ces statues "bochio" des rois Behanzin (fig.2) et Glélé (fig.3) : mi-humaines mi-animales, elles expriment les qualités physiques et morales de chaque roi et accompagnaient les troupes au combat.
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On peut remarquer que les créations artistiques dahoméennes des 18° et 19° siècles révèlent l'influence des royaumes voisins dont les rois d'Abomey capturaient les meilleurs artistes. C'est ainsi qu'apparut au Dahomey la technique de la tenture appliquée (fig. 4), originaire du nord de Porto-Novo.
Fig.5 - Marteau de divination
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| Fig.4 - Tenture | Fig.6 - Peinture de C. Tokoudagba |
Les motifs cousus sur la toile illustrent le triomphe du roi aboméen –
représenté en lion, accompagné de sa panthère emblématique et de ses soldats en tissu clair – sur ses ennemis, en tissu sombre.
De même la prépondérance artistique des Yoruba se reconnaît dans la sculpture des
visages en particulier, comme sur ce marteau de divination en ivoire (fig.5).
Le visiteur fait aisément le rapprochement avec l'exposition «Bénin, cinq siècles d'art royal» présentée l'an passé au musée du Quai Branly.
En sortant de l'anonymat les oeuvres de l'ancien royaume de Danhomé, les concepteurs de l'exposition veulent casser le préjugé occidental : l'artiste africain était et reste connu et reconnu. Aujourd'hui encore, des artistes de la république du Bénin comme Cyprien Tokoudagba (fig.6), contribuent à l'art contemporain.
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musée Jacquemart-André à Paris s'intitule « Bruegel, Memling, Van Eyck…» sans doute parce que le nom de ce conseiller
de Marie-Thérèse d'Autriche était ignoré du grand public français. Ce n'est plus possible désormais !
L'auteur, professeur d'histoire de l'art à l'I.M.A., tente de cerner dans cet ouvrage la spécificité de
l'art islamique, vieux de quatorze siècles et commun à de nombreux pays musulmans, hors



Fra Angelico.
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