Samedi 28 juin 2008

Le roman a pour cadre principal une grande maison ancienne, Papenboom Road, Cape Town, où Magrieta Daniels, la bonne noire dévouée, est en âge de prendre sa retraite. Là vit le narrateur, veuf solitaire, soixante ans passés. Il vient de perdre son plus proche voisin. Il vient de perdre son poste de bibliothécaire. C'est la "nouvelle Afrique du Sud" : le voisin est mort au bout de la seconde agression, le poste est donné à un arriviste soutenu par le nouveau régime post-apartheid. Les enfants du narrateur, deux fils mariés loin du Cap et conscients de son âge, de sa solitude et du danger environnant, l'ont convaincu de louer une partie de la maison à un couple. Au lieu de quoi la location est attribuée à une jolie fille pas encore trentenaire — élue par le chat Amadeus.

Le roman — il faut le reconnaître — est fort bien construit et André Brink est un professionnel talentueux. Quatre niveaux de récit — ou centres d'intérêt — dans cette histoire que j'ai choisi de lire plutôt que de relire « Une saison blanche et sèche » jadis décortiquée par nécessité professionnelle et dont j'ai admiré la version cinématographique — avec Donald Sutherland dans le rôle principal. Disons donc quatre niveaux dans ce récit au titre emprunté à J.M. Coetzee et cité en exergue. 

1. Roman d'amour entre le narrateur et Tessa qui a l'âge d'être sa fille, la fille qu'il a perdue en bas âge. Récit dominant qui prend souvent le chemin d'une confession impudique et qui ne présente pas un très grand intérêt. Tessa s'approche de la trentaine ; elle collectionne les amants. Le narrateur s'éprend d'elle et à d'autres moments veut la protéger comme si c'était sa fille. Roman rose et sentiment de déjà lu. 

2. Histoires de la familles. Le narrateur nous fera tout savoir de sa famille pauvre et de celle de Riana, sa femme, venue d'un milieu afrikaner aisé. La musique de Mozart a été à l'origine de leur liaison puis a accompagné leur vie. Aujourd'hui que Riana n'est plus, victime d'un accident de la circulation, deux pianos rappellent ces jours que la mémoire enjolive. Quand ils ont acheté cette vieille demeure, Magrieta a suivi sa jeune maîtresse, a élevé les deux fils, a été le témoin des infidélités de ses maîtres. et a eu trois maris.

3. Roman post-apartheid. On est passé du Cap de Bonne Espérance à celui de la Désillusion. Le prisonnier 46664 devenu Président n'a pas été le magicien que (presque) tous espéraient. La "nouvelle Afrique du Sud" est seulement le règne de la corruption des services publics (pots de vin pour reloger Magrieta après l'incendie criminelle de sa maison), le règne la violence et de l'inefficacité de la police, etc. La criminalité record de Jo'bourg gagne Cape Town : agressions dont sont victimes les proches du narrateur et de sa bonne, agressions contre Magrieta dans son township, contre le narrateur et contre Tessa dans la forêt… De quoi émigrer : c'est le choix des fils du narrateur.

4. Histoire de fantôme. Eh oui. C'est le clou du livre. Le chapitre 4 vaut à lui seul qu'on lise ce livre. On peut peut-être même faire l'économie du reste. Antje du Bengale était une jeune esclave amenée ici même par la Compagnie des Indes. C'était il y a trois cents ans. Elle était belle. Deux maîtres "boers" l'ont achetée ; le second, le tavernier Willem Mostert, l'a possédée. Le couple a éliminé Susara l'épouse légitime, riche, grosse et crédule. Antje a été condamnée à mort. Décapitée. Et enterrée où ? Si vous n'avez pas deviné, il faudra lire le roman jusqu'au bout...

Antje du Bengale hante donc la maison de Papenboom… et converse, dans la cuisine ou dans le couloir, avec Magrieta et même Tessa. Tandis que Riana hante le souvenir du narrateur quand il attend, fébrile, le retour de Tessa. Finalement, l'originalité du roman est d'abord dans les communications secrètes entre ces diverses histoires émaillées de mots en afrikaans. 


André BRINK
Les droits du désir

Traduit de l'anglais par Bernard Turle
Stock, 2001 - Livre de Poche, 412 pages.

 


 

Vendredi 13 juin 2008

C'est un polar classique par sa structure. Le commissaire Habib et l'inspecteur Sosso ont été envoyés loin de Bamako pour mener une enquête délicate en pays dogon. Dans ce polar, l'essentiel tient en effet aux Dogons et à leur culture différente.

Suite à un duel tragique entre deux jeunes hommes, Yadjé et Nèmèguo, à propos d'une fille, fiancée de l'un, et amante de l'autre, les morts s'enchaînent à Pigui, petite commune de la falaise de Bandiagara. Au cours de la bagarre, Yadjé et sa soeur Yalème trouvent la mort en se jetant dans le vide. Nèmèguo est tombé lui aussi mais il n'est que blessé. Pourtant le lendemain, Nèmèguo est retrouvé mort — ainsi qu'un de ses amis. Étrangement, aucune plainte n'a été déposée. Est-ce bien un drame passionnel qui expliquerait toutes ces victimes ?

Petit à petit, le commissaire Habib se rend compte qu'il ne saura rien de solide sur la cause de ces crimes s'il n'entre pas lui-même dans les mentalités et les usages des Dogons. Réfractaires à l'autorité du pouvoir central, ceux-ci forment un groupe ethnique très réputé pour ses traditions ; mais les anciens et les jeunes partagent-ils encore les mêmes valeurs ?

Sous la houlette du Hogon, le vieux leader, les chefs de famille resserrent les rangs autour des traditions. Sous l'impulsion de Dolo, les jeunes sont entrés dans le jeu politique nouveau résultant de la création des communes dans leur région. Cette innovation pourrait déstabiliser la société des Dogons en amenant des projets de développement touristique. Dolo et ses jeunes amis du conseil municipal — que boudent les anciens — voient favorablement ces projets qui leur assureraient beaucoup plus d'argent que la culture des oignons.

Malgré divers avertissements, Habib et Sosso courent des risques qu'ils ne soupçonnaient pas. L'empreinte du renard est — simplement — la trace du passage du renard dans la table de divination dont Kodjo garde le secret. Mais Kodjo, dit Le Chat, a plus d'un tour dans son sac. Il a aussi une fille amoureuse de l'un des jeunes conseillers municipaux…

=> Ce polar a deux atouts : son écriture et — plus encore — la visite qu'il nous organise au pays des Dogons. Ces hommes qui jadis avaient tant intéressé l'ethnologue Marcel Griaule, sont pris aujourd'hui entre tradition et modernité.


Moussa KONATÉ
L'empreinte du renard

Fayard, 2006, 264 pages (Points policier)

 


Mercredi 30 avril 2008

L'action démarre rue Cases-Nègres. À Petit-Morne, en Martinique, dans les années 1930, c'est une série de cabanes fragiles, refuge des ouvriers agricoles harassés par leur travail sur une plantation sucrière – on dit une habitation. Dans cette autobiographie, le romancier antillais nous livre un beau récit d'enfance, dans une langue très tenue, depuis les premières années vécues auprès de la grand-mère, m'man Tine, tandis que la mère, m'man Délia est domestique en ville. Au fil des souvenirs, se déroule devant nous le spectacle de la société pyramidale créole, depuis la masse des plus pauvres des descendants d'esclaves, jusqu'aux inaccessibles békés, les planteurs blancs, avec entre deux, tous les degrés du métissage. Dans cette société inégalitaire, l'école est l'un des moyens de promotion, celui auquel le petit José va s'accrocher, de la petite école jusqu'au lycée de Fort-de-France.


L'entrée à l'école est une séparation avec certains des premiers copains, avec qui se vivaient les chapardages. Il faut quitter la rue Cases-Nègres pour la Cour Fusil à Petit-Bourg, où existe une école. De classe en classe, José cesse d'être un petit polisson et devient un rejeton digne de l'intérêt de sa grand-mère qui s'esquinte au sarclage de la canne. La classe du certificat d'études est pilotée par un maître rigoureux, M. Roc, toujours tiré à quatre épingles, et symbole de la société urbaine et du progrès. L'entrée au lycée, grâce à une bourse et au travail épuisant de m'man Délia, signifie pour le futur écrivain un nouveau déménagement, l'éloignement d'avec m'man Tine qui bientôt mourra, la découverte de la ville et de camarades différents, puis l'installation dans le quartier chic, celui des villas et jardins de la Route Didier, où Délia travaille désormais chez un riche mulâtre.


L'autobiographie confronte le monde de la campagne et le monde de la ville, mais dans les deux cas, les maîtres sont les mêmes békés, qu'ils soient haïs par les ouvriers agricoles des habitations, ou enviés par les domestiques de la ville. Les usages anciens, venus du temps de l'esclavage, perdurent : quelques pratiques et croyances magiques sont évoquées. Ainsi l'éléphantiasis dont souffrait Mam'zelle Délice était « un cas de "quimboisement", un sort que jadis un galant dédaigné et blessé dans son orgueil avait jeté.» Dans ce village tranquille d'avant l'éclairage public, « les soirs de clair de lune, c'était une manière de fête nocturne…» Quand arrive le samedi soir Assionis, le conteur et musicien, est invité sur les plantations avec sa femme Ti-Louise qui y « danse le "bel air" comme une femme qui a vendu son âme au diable ». Dans ces mêmes années, l'île voit aussi l'intrusion des techniques des temps modernes : automobile, camion, télégraphe, radio, vapeurs venus de France. Et l'on voit croître et s'étaler Fort-de-France, avec de nouveaux quartiers populaires. Les cases du quartier Sainte-Thérèse sont faites des caisses qui contenaient les voitures importées. Tout un monde que José découvre les jours d'école buissonnière. Car l'auteur avoue qu'il n'a pas toujours aimé l'école ... !


Joseph ZOBEL
La Rue Cases-Nègres

Présence africaine, 1974 (rééd.2007), 311 pages.

 

 

*****

Mardi 29 avril 2008

Dans ce roman autobiographique l'écrivain camerounais G.P. Effa dépasse l'évocation du passé du personnage narrateur, Osele, en partie son double. Il n'est que l'un de ces « enfants de la tradition », africains immigrés contraints d'envoyer leur salaire à leurs familles. L'originalité d'Osele, c'est de s'être rebellé contre cette obligation. Mais il n'ignore pas qu'il ne peut rompre ainsi avec la tradition qui l'a construit au plus profond de lui-même. Son récit se veut une prise de conscience distanciée de sa dépendance mais aussi un témoignage solidaire : Osele se fait le porte-parole de tous les Africains exilés en France.

  ***

G.-P. Effa suit les normes du genre : la transformation de son personnage s'élabore dans l'alternance entre les réminiscences du passé africain et l'évocation du présent strasbourgeois. Camerounais d'ethnie fang, issu d'une lignée de féticheurs –des notables–, Osele est l'aîné d'une fratrie de trente-trois enfants. Éduqué au village puis placé chez les Pères, il a poursuivi en France des études d'ingénieur. Passée la quarantaine, marié, deux enfants, son épouse française le chasse car il envoie la plus grande partie de son salaire en Afrique et néglige les besoins de son foyer mixte. Suivent deux années éprouvantes : réfugié dans un foyer Sonacotra, Osele perd son emploi et contracte le paludisme. Du fond de sa pauvreté et de sa souffrance intérieure, il décide de cesser d'envoyer des mandats : cette libération économique l'aide à se reconstruire en partie et à se rapprocher de ses enfants.

La tradition dont parle Effa c'est le contexte culturel qui construit le mode de réflexion de l'enfant africain. Bercé tout petit par les contes des griots, imprégné de pensée magique –superstitions pour le lecteur européen–, familier des ossements mortuaires et du culte des ancêtres, Osele vit à la frontière entre réalité et surnaturel. Il se perçoit comme un élément de la nature, traversé par des forces cosmiques et telluriques, et ne développe aucune conscience individuelle. Il a appris à refouler ses émotions comme ses désirs, dans l'humilité et l'acceptation, a fortiori étant l'aîné. Tout son courage vise à donner, à se donner à sa famille, sans souci de lui-même, en particulier s'il est né, comme Osele, un mercredi, jour d'abondance et de générosité. Son nom même lui rappelle ce devoir : lorsqu'on l'a désigné, encore garçonnet, pour succéder au chef de tribu décédé, c'est lors de l'initiation rituelle qu'on l'a nommé Osele : l'Âne, celui qui «ne doit pas vivre pour lui mais pour tous les autres.» Ainsi, même émigré, la tradition dicte son comportement : Osele ingénieur avance «les yeux bandés» et «nourrit» les siens qui, sur le continent noir, n'ont ni ressources ni protection sociale. Son baptême, comme une seconde initiation, a renforcé l'obligation du don de soi à autrui ; cependant la parole chrétienne parlait de péché et de responsabilité personnelle de ses actes : des notions étrangères à la tradition. L'opposition des deux spiritualités, le drame de son divorce, toutes ses contradictions internes mènent Osele à la révolte. « L'Âne s'est détaché.» Le personnage découvre alors le bonheur de dire JE et d'envisager son avenir, ce qui n'a pas de sens dans la tradition. Il comprend qu'elle «lui a tout pris», que tous les «enfants» émigrés peinent à devenir des personnes fautes d'avoir pu élaborer leur individualité pour se construire autonomes, adultes. Mais Osele sait combien sa rébellion reste dérisoire. « Mon choix n'est pas libre » reconnaît-il. « Remplacer la tradition par la liberté est un leurre.» De fait, le déliement financier ne peut le libérer du contexte culturel, moral, spirituel qui le constitue. C'est pourquoi lorsque, à la dernière page le personnage narrateur jette l'écorce d'okoumé – symbole de l'esprit ancestral– transmise par sa grand-mère, ce n'est que le geste d'un enfant en colère…

***

Nous, enfants de la tradition se veut une œuvre littéraire par son style agréable et emprunte à Miano, à Mabanckou et à quelques poètes du 19e siècle français. Mais ce roman vaut surtout par son sujet. G.-P. Effa aide à comprendre la situation psychologique douloureuse et dramatique de ces émigrés africains à jamais écartelés, en eux-mêmes, entre deux cultures : «la machine à intégrer est bien cassée » regrette Osele. « Je resterai cet homme encombré de tradition.»

À notre modernité ivre de changement et d'éphémère, G.-P. Effa laisse à méditer : « Il ne faut pas oublier d'où tu viens. Même portée par le vent, une feuille finit toujours pas retomber par terre.»

— Lu et critiqué par Kate —

Gaston-Paul EFFA
Nous, enfants de la tradition

Éd. Anne Carrière, 2008, 164 pages.

 

 

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Jeudi 27 mars 2008

Ce troisième roman de Léonora Miano diffère nettement des précédents. Peu de descriptions, de rares dialogues ; beaucoup de longs passages rapportent au style indirect les pensées ou les paroles des personnages : on plonge dans leur conscience. Ce texte épais et touffus où la réflexion et l'analyse priment sur l'action rappelle l'ancien roman à thèse. C'est l'interpellation de la conscience noire qui en constitue l'intérêt et l'originalité.

Il se structure autour de références musicales : chaque partie porte le titre d'un morceau de jazz ou d'une chanson où s'exprime le mal être noir. Une voix "off" – la pythie selon l'auteur – tient le rôle du chœur antique, encadrant les cinq parties de la Tragédie, celle du peuple noir.

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Sur le devant de la scène évoluent trois trentenaires idéalistes radicaux. Amandla, née dans un territoire d'outremer, porte en elle depuis l'enfance l'histoire du Continent Noir, le centre du monde où apparurent les premiers hommes, où naquirent les grands pharaons. L'Afrique est la Terre Mère, l'origine de l'espèce humaine. Cette jeune femme rasta vit à Babylone – connotation de Paris – d'un contrat assisté chez un éditeur ; militante au sein de la "Fraternité Atonienne"  elle prône la nécessité du retour sur la terre "kémite" – noire – c'est là qu'un soir Amok et Shrapnel viennent l'écouter. Le premier a volontairement rompu avec sa famille, riche et renommée en Afrique. Misanthrope dépressif et nihiliste, télé-opérateur dans un centre d'appel parisien, il vit de peu, n'a aucun projet de vie, aucun ami si ce n'est Shrapnel depuis leur commune jeunesse au pays. Shrapnel rêve, lui, de réunir les Noirs de la diaspora mondiale. Instable dans ses emplois comme dans ses amours, son attirance pour les blondes le met en porte-à-faux avec son idéal. Amok apprend un jour la mort de son ami. C'est à lui de ramener sa dépouille en terre africaine. Amandla accepte de l'accompagner. Tous deux, de retour à Paris, se séparent. La jeune femme cultive l'intention d'un retour définitif au sein de la Terre Mère.

Cette mince intrigue renforce les caractères des personnages : tous trois souffrent de la même blessure originelle ; à jamais apatrides, inhibés par leur couleur, ils ne vivent que de rêves, d'engagements verbaux, mais restent incapables de s'investir dans une action. Trois astres, trois porteurs d'une lumière ; mais déjà éteints, car à jamais velléitaires. Par le jeu du double regard, au racisme latent des Blancs, répond le désir de la diaspora de se blanchir. La couleur emprisonne les Noirs et n'engendre aucune solidarité même lorsqu'ils retournent en Afrique : ces "nordistes" méprisent les "natives" qui les haïssent et les assimilent à des Blancs.
   
Née au Cameroun, Léonora Miano connaît le poids de l'histoire africaine, la blessure de l'esclavage, de la colonisation, de l'exil. Mais elle interpelle la conscience noire qui n'a pas su faire résilience, guérir de son douloureux passé pour renaître. Elle accuse les frères noirs d'entretenir le syndrome de Stockholm. Ils aiment leur conquérants et restent passifs et sans ambition. Seule la diaspora peut relever l'Afrique. Mais elle est incapable de prendre conscience d'elle-même, d'assumer sa couleur et son identité afin de partager la même humanité que les autres hommes.

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Léonora Miano écrit "pour les identités frontalières", pour qu'au-delà de la couleur tous les êtres humains se vivent "membres les uns des autres" (Épître aux Éphésiens en exergue). C'est pourquoi elle interpelle les Noirs sur leur responsabilité : ce n'est qu'en abandonnant la mentalité de victimes passives qu'ils se réaliseront par l'action. On retrouve dans ce récit la même dénonciation auto-accusatrice que celle d'Hélé Béji dans "Nous, décolonisés”.  L'idée fera-t-elle son chemin ?
u Rédigé par Kate


Léonora MIANO
Tels des astres éteints

Plon, 2008, 408 pages


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