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AU CINEMA

Mardi 1 décembre 2009 2 01 12 2009 06:45

Prix du Public au 31° Festival des Trois Continents *


Lors de la 30è édition des Trois Continents, le précédent opus de Yousry Nasrallah avait été projeté, « L'Aquarium » : ce film ne m'avait guère enthousiasmé malgré deux ou trois séquences fortes. En revanche, cette année, avec  « Sheherazade, Tell Me a Story »,  le nouveau titre de celui qui fut assistant de Youssef Chahine me semble bien plus impressionnant. Dans ce film réussi, qu'on se rassure, Sheherazade ne racontera pas un millier d'histoires. Seulement trois, enchâssées dans ce qui constitue un quatrième récit.

Mais laissons Sheherazade avec son calife ! Hebba est la présentatrice vedette de Sun TV, une chaîne privée égyptienne. Elle mène un alerte et incisif "talk show" comme on dit en "bon français" — en "bon arabe" aussi ? — où il est question de la vie des femmes au pays du président Moubarak. Celles qui sont invitées à répondre aux questions d'Hebba ne se privent pas d'aborder des sujets "brûlants" (relativement à la liberté surveillée qui est celle des médias et des femmes dans ce pays ). Or, Hebba est l'épouse d'un journaliste ambitieux : on cite son nom pour prendre la direction du journal... Les caciques du régime n'apprécieraient pas de nouveaux "dérapages" de l'émission de madame…


Naturellement ils arrivent à la queue leu-leu… Après une première émission où une femme raconte comment elle a refusé d'épouser un employé d'un ministère qui voulait lui imposer le voile et la priver de sa voiture, arrive une histoire beaucoup plus salée. Trois soeurs, charmantes filles bonnes à marier, héritent d'un commerce au bazar à la suite du décès de leur père ; elles s'aperçoivent bientôt qu'il faudrait un homme pour tenir l'affaire et les "protéger" (sic). Et si le jeune commis de la boutique devenait le mari de l'une d'elles ? L'idée marche si bien qu'on va droit au drame passionnel ! La meurtrière vient témoigner sur le plateau de Sun TV peu après sa sortie de prison.



La troisième histoire tourne autour d'un économiste qui ne se contente pas des profits de ses entreprises et séduit une dentiste (jeune, belle… et issue d'une famille riche). Bientôt la jeune femme est enceinte, mais notre homme se prétend stérile ! Et voilà qu'il est nommé ministre. Le taux d'audience de Sun TV va grimper. Karim, le mari d'Hebba, n'apprécie pas du tout...



Pour la quatrième émission l'invitée n'est autre qu'Hebba : mal habillée, sans maquillage, un œil au beurre noir, la poupée des magazines est devenue une femme égyptienne comme les autres, victimes du machisme ambiant qu'elle dénonce par sa seule présence. Je tiens à préciser qu'il s'agit bien d'une critique des hommes, de la société et du pouvoir et nullement de considérations religieuses "locales".

Sheherazade, Tell Me a Story
Film de Yousry Nasrallah
Egypte, 2009, 135 min.

* La Montgolfière d'or est allée à "Bandhobi" (de Shin Dong-il) et la Montgolfière d'argent à "Blind Pig Who Wants to Fly" de l'indonésien Edwin.

Par Mapero - Publié dans : AU CINEMA
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Jeudi 19 mars 2009 4 19 03 2009 10:52

Camino n'est pas une pré-adolescente comme les autres dans une famille comme tant d'autres de la classe moyenne. Camino (interprétée par Nerea Camacho, âgée de 11 ans) tombe malade, gravement malade. Et sa famille catholique est pratiquante, très pratiquante. De même qu'on apprend par étapes la gravité du mal dont souffre Camino, un cancer de la moëlle épinière qui se développe de manière fulgurante, de même on mesure l'étendue de l'engagement de sa famille dans l'Opus Dei, sorte de secte jadis fondée par le prêtre espagnol Balaguer, auteur d'un livre, «Camino» précisément, le chemin vers Jésus. Ce film de plus de deux heures se déroule en fait sur quelques mois, douloureusement rythmés par les dates des interventions chirurgicales, et puissamment scandé par les rêves et les apparitions cauchemardesques que fait Camino. Cette série de scènes oniriques est un point fort du film et elle équilibre les scènes très techniques en milieu hospitalier.

La fin de la vie de Camino est désormais un long calvaire. Elle regrette amèrement ses copines de collège. Sa mère, sa soeur, sa tante, toutes sont totalement imprégnées dans cet Opus Dei, cette secte qu'on ne nomme pas comme telle dans le film, mais que l'on évoque par une tournure plus douce, insidieuse : l'œuvre. L'étouffement sectaire s'ajoute aux violences de l'acharnement thérapeutique. Petit à petit, la mère de Camino, qui a déjà perdu un petit enfant "repris par Dieu" et dont l'aînée est asservie dans l'organisation comme "numéraire", se durcit dans l'orgueil immense de donner à l'Opus Dei une martyre, une sainte. Et de fait, Camino est en cours de béatification nous apprendra une note du générique de fin.

Contrairement à son épouse, le père de Camino n'est pas un fanatique. Il est encore capable de raisonner quand il voit ce dont sa fille est privée par ce mélange de mesquinerie et de bondieuserie : jusqu'à un bouquet de fleurs dans sa chambre d'hôpital sous prétexte que d'autres les mériteraient davantage. C'est lui qui découvre les lettres adressées à Nuria, sa fille aînée, par son jeune amoureux rentré en Italie, lettres cachées par la mère. C'est lui qui découvre que le Jésus des rêves de sa petite fille n'est pas seulement le fils de Dieu, mais aussi ce Jésus, alias Cuco, un pré-ado que sa fille a rencontré au club de théâtre et avec qui elle s'imaginait sur scène pour jouer Cendrillon avec une si jolie petite robe rouge. Mais sur la route de l'hôpital, le retour du père qui vient d'avoir révélation de toutes ces choses sera stoppé net.

Dans ce film engagé, le club de théâtre fonctionne comme l'antidote du dressage
mental ; il est hébergé par le "centre Camilo José Cela" du nom de cet écrivain couronné par un Nobel, et auteur de "La Colmena" (la Ruche). C'est justement ce livre que l'on voit jeter dans l'enfer de la bibliothèque tenue par l'œuvre... Le film, inspiré par des faits réels, a été couronné par 6 Goyas le 1er février 2009, un record dont se souviendra tout spectateur du festival du cinéma espagnol qui s'est déroulé en mars à Nantes.


CAMINO
Film espagnol de Javier FESSER, 2008, 2h 30.

Bande annonce



Par Mapero - Publié dans : AU CINEMA
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Mercredi 11 mars 2009 3 11 03 2009 20:30




11 mars 2009. Le festival du cinéma espagnol de Nantes s'est magnifiquement ouvert avec la projection du film de J.L. Cuerda « Les tournesols aveugles » qui a été récemment récompensé du Goya de la meilleur adaptation littéraire. Le scénario est en effet tiré du livre d'Alberto Mendez (Premio Nacional de Narrativa en 2005, traduit sous le même titre, chez Christian Bourgois). Voilà qui nous fait remonter le temps jusqu'à l'immédiat après-guerre dans l'Espagne de Franco. Une sombre ambiance forcément sabre et goupillon. Un contexte qui passionne de nouveau beaucoup aujourd'hui au sud des Pyrénées.


L'action se passe en Galice, à Orense. Professeur de lettres chassé de l'enseignement à cause de ses sympathies pour les Rouges, c'est-à-dire les Républicains, Ricardo se terre au fond de son appartement au milieu de ses précieux livres et s'occupe à des traductions. Sa fille aînée a épousé un jeune poète communiste : le jeune couple tente de gagner clandestinement le Portugal. Pendant ce temps, à Orense, le jeune Lorenzo et sa mère Elena tentent de faire croire qu'ils vivent tous les deux et que Ricardo serait mort au début de la guerre civile en juillet 1936.


Mais voilà qu'à l'école de Lorenzo arrive un jeune enseignant venu du séminaire et dont la vocation vacille, tant à cause de ses souvenirs de soldat franquiste dans cette guerre civile atroce, qu'à la vue de la séduisante maman de Lorenzo, rôle tenu par Maribel Verdú… La tentation est forte et le spectateur devine que Salvador, l'audacieux séminariste, est prêt à tout pour se rapprocher de la mère de son élève sous le prétexte de l'aider moralement ou financièrement à élever son fils. Ce qui ne manquera pas de créer quelques sérieux problèmes — puisqu'un suicide surviendra.

Au début comme à la fin, le cinéaste nous donne à voir un superbe retable baroque : il n'y a donc pas que Maribel Verdú pour rendre attractif ce film bien ficelé sur les passions dévastatrices, qu'elles soient charnelles ou politiques.

Les Tournesols aveugles (Los Girasoles Ciegos)
de José Luis Cuerda
Film espagnol, 98 min, 2008

Site du film
Par Mapero - Publié dans : AU CINEMA
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Mercredi 28 janvier 2009 3 28 01 2009 11:43
 « La Vie Moderne » ! C'est par antiphrase que Raymond Depardon intitule son documentaire intimiste sur quelques familles de paysans pauvres des Cévennes. Sinon, il faudrait l'appeler « La fin des paysans » en reprenant le titre de l'essai déjà cinquantenaire d'Henri Mendras. En effet, le thème n'a rien de nouveau. Le monde rural qui meurt, celui surtout des petits paysans âgés de moyenne montagne, n'est pas celui des grandes exploitations prospères et en partie subventionnées par l'Europe Verte.

« Au commencement, il y a ces routes. Au bout des routes il y a des fermes » nous confie le réalisateur, en voix hors-champ, tandis que par un long travelling nous avançons dans la campagne cévenole avant d'arriver dans une première ferme. Quatre-vingt minutes plus tard, c'est un travelling arrière qui nous fera repartir de ces lieux abandonnés par la vie moderne, mais dans la lumière splendide d'une fin d'après-midi estivale.

N'attendez pas de ces conversations de Raymond Depardon avec des paysans qu'il connaît depuis des années des découvertes importantes dans l'ordre de l'économie ou de la politique agricole. Aux questions posées, ces vieux couples, ces vieux célibataires, répondent de manière toute laconique, souvent par des monosyllabes, filmés dans leur cuisine, devant une tasse de café. La parole des plus jeunes n'est pas nécessairement plus prolixe et venir s'installer ici, en provenance d'une autre région, c'est sans doute courir à l'échec. D'ailleurs les enfants du pays sont partis vivre leur vie sous d'autres cieux et l'on sent bien la dépopulation du "rural profond" comme disent les statisticiens et les géographes. Le réalisateur, qui est lui-même originaire de la campagne, a soigneusement évité de laisser entrevoir les signes de la modernité :  tracteur neuf, ferme restaurée en gîte rural, résidence secondaire neuve. Pourtant il y en a dans ces cantons cévenols.

Pour survivre ici, «il ne faut pas aimer son métier, il faut être passionné » affirme de manière très convaincante l'un des frères Privat du haut de ses 80 ans passés. En plus de la passion, sans doute faut-il ajouter une belle volonté de résistance, comme celle des Camisards de jadis, dont on célèbre toujours les exploits du côté de Pont-de-Montvert.

La vie moderne
Film de Raymond Depardon

2008 - 80 min. - Prix Delluc 2008

Par Mapero - Publié dans : AU CINEMA
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Dimanche 7 décembre 2008 7 07 12 2008 15:57


Le réalisateur Enrique Rivero est né en 1976. "Parque via" est son premier long-métrage. Il traite magistralement de la solitude d'un homme au milieu d'une grande ville.

L'homme seul c'est Beto. La grande ville c'est Mexico. Il est le gardien d'une grande maison d'architecte moderne après y avoir travaillé comme domestique. La demeure est restée vide depuis plusieurs années et la propriétaire, une grande bourgeoise riche et âgée, l'a mise en vente. L'impression de solitude est renforcée par des plans répétés insistant sur la monotonie et la routine d'un travail de peu d'intérêt.

Pourtant, au lieu de multiplier les sorties cela l'a incité à mener une vie recluse, comme si le monde extérieur était menaçant. Aussi ne rencontre-t-il que peu de personnes, sinon la propriétaire de la maison, une bourgeoise âgée et très classe, pour qui il a à juste titre un sentiment de gratitude, et Guadalupe une prostituée, entraîneuse dans un bal populaire, à la fois sa confidente et sa maîtresse. Deux très beaux portraits de femme d'ailleurs : bravo pour le casting.

Comme la maison de "Parque Via" sera bientôt vendue, Beto se demande comment trouver un toit et de quoi vivre après trente ans de vie de domesticité. Arrive un jour où il faut partir... La fin est très inventive, inattendue, et donc je n'en dirai pas plus.

Ce qu'il faut ajouter c'est que "Parque Via" est fondé sur un acteur central : Norberto Coria qui joue le rôle de Beto (photo). Selon ce qu'a déclaré Enrique Rivero devant le public — médusé — des Trois Continents, c'est que cet homme joue son propre rôle d'ancien domestique ! Et avec ça, il a remporté le prix d’interprétation masculine.

Et le meilleur pour la fin : "Parque Via" a été couronné de la Montgolfière d'Or 2008 : ouf ! un vrai film, pas un documentaire chinois !


Parque Via
Film d'Enrique Rivero
Mexique, 2008, 83 min.

Par Rousseau - Publié dans : AU CINEMA
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Vendredi 2 mai 2008 5 02 05 2008 20:00

Pour ce quatrième long métrage filmé en 2006, le réalisateur Reha Erdem nous invite dans un village turc, proche de la mer Égée, mais relativement à l'écart de la modernité citadine, comme nous nous en apercevons en découvrant la vie quotidienne de quelques familles et en pénétrant dans leur intimité domestique.

 

Omer en famille

Les personnages principaux sont trois pré-ados qui supportent mal le poids des traditions et de l'autorité masculine. Yakup et sa cousine Yildiz ont des pères soumis à un aïeul autoritaire et injuste. Omer, fils aîné de l'imam, le déteste parce qu'il représente plus que d'autres la tradition. Il envisage de gaieté de cœur sa disparition, quitte à la provoquer en trafiquant ses médicaments, à recourir aux scorpions, ou à le pousser dans le vide du haut d'une falaise. De leur côté, Yakup et Yildiz admirent l'institutrice, moderne, élégante et libre de liens familiaux sur place. À ces trois jeunes s'ajoute un jeune berger illettré, qu'Ahmet n'hésite pas à frapper brutalement pour avoir dérobé une poignée de pistaches, au point que le conseil de village doive le sermonner.

 

Yildiz sous les fleurs

Le titre français — Des temps et des vents — est moins explicite que le titre turc "Bes vakit", cinq fois, c'est-à-dire les cinq prières de l'islam qui correspondent aux parties successives. Leur apparition à l'écran, avec des images magnifiques, est à rebours du temps : la nuit, le soir, l'après-midi, midi, enfin le matin, quand la mort de l'imam ouvre une nouvelle époque dans la vie d'Omer. Tandis que la musique sublime d'Arvo Part contribue à la gravité du film, le réalisateur insiste sur les cycles vitaux, avec la succession des saisons, avec la mort et la naissance. Ces thèmes sont illustrés par l'accouplement des ânes et des chiens, par le vêlage de la vache, par la naissance d'un petit frère chez Yakup, voire par la série des images de ces jeunes gens allongés dans une végétation différente (cf.supra), au fil des temps et des vents.

Un film admirable à tous points de vue.

« Des temps et des vents »
Film turc de Reha Erdem

Sortie en France : 30 avril 2008, 107 min.


 

Par Rousseau - Publié dans : AU CINEMA
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Lundi 24 mars 2008 1 24 03 2008 11:15

Le « Casual Day » est une pratique d’entreprise venue des Etats-Unis. Certaines sociétés profitent du vendredi pour partir à la campagne participer à un stage comprenant diverses activités sensées améliorer les performances et la motivation des salariés. Ce qui en théorie pourrait être une simple sortie à la campagne, est l'occasion de réveiller des rancunes et de régler des comptes parmi ces cadres sortis de la capitale pour être immergés dans cette auberge basque ou galicienne le temps d'un week end. Une séance de "paint ball" donne du piquant à un après-midi pluvieux tandis que de nombreux "a parte" décrivent bien une atmosphère très vite tendue.

Casual-Day.jpg

Ruy (Javier Rios) –premier à gauche sur la photo– n'a pas l'expérience de ces moeurs de cadres. José Antonio (l'acteur Juan Diego), le père de sa fiancée, lui a trouvé un poste important dans son entreprise, au 3è étage déjà, et il veut faire de lui son successeur ; il lui fait miroiter son bureau du 6è étage et son Audi A8. À vingt-cinq ans, bardé de diplômes et de conquêtes féminines, Ruy a du mal à rentrer dans le rôle du gendre brillant promis à un bel avenir. Il voudrait pouvoir dire non à ce travail, à José Antonio, à Inés sa fiancée qui téléphone sans cesse, et à cette comédie du « Casual Day ». Mais dire non n’est pas facile, surtout que Marta (Estibaliz Gabilondo), qui est aussi une copine d'Inès (Marta Etura) comme l'indique la scène d'ouverture du film, fait partie du stage.

Je ne sais pas si Max Lemcke a eu conscience de faire une suite du film de Marcelo Piñeyro, "El Metodo" (La Méthode) qui montrait une opération de recrutement dans une grande société madrilène, mais le fait est que son film complète à merveille la liste trop brève des films qui ont pour sujet (principal ou annexe) la vie des entreprises d'aujourd'hui.


CASUAL DAY
Film réalisé par Max Lemcke

Espagne, 2007, 94 min.



 

Par Rousseau - Publié dans : AU CINEMA
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Samedi 16 février 2008 6 16 02 2008 11:41

Le regard ironique et tendre de Daniele Luchetti nous ramène aux années de plomb avec cette chronique familiale plus que politique mais qui dénonce néanmoins les désastres engendrés par les extrêmistes. Au centre de l'action, il y a les deux frères Benassi dont la rivalité se déploie au fil des circonstances.
Latina, sur le littoral du Latium, est une cité désolée fondée à l'ère fasciste. Là vit Accio, dit La Teigne, vilain petit canard d'une famille ouvrière fière de l'aîné, le beau Manrico, adulé de toutes et de Francesca, fière aussi de Violetta, la cadette, violoncelliste d'avenir. La Teigne a un seul mérite : celui de latiniste, guère prisé par le papa qui souhaite avoir un fils technicien comme lui.

Sous la torpeur de la Démocratie chrétienne d'Andreotti, communistes et néo-fascistes s'opposaient virilement même à Latina. D'où des incidents à n'en plus finir car La Teigne devient membre du MSI – Mussolini Sei Immortale, ironise sa soeur – tandis que Manrico participe aux combats de l'extrême-gauche et devient brigadiste.

Alors que Violetta brille comme musicienne et que Manrico finit par ressembler à Che Guevara, La Teigne vit une aventure avec Bella, la femme d'un camarade de parti, avant de rompre avec ses amis fascistes. Il pense avoir tué ce dernier dans une bagarre. Va-t-il donc rejoindre le chemin de son fratello ?

Fratelli.jpg La Teigne et Manrico

Un soir un patron est "gambizzato" et le contenu de son attaché-case est planqué dans la chambre de Manrico jusqu'à ce que, après un ou deux ans de clandestinité, il se fasse apporter l'argent à Turin, pour s'acheter une maison dit-il, et ce, bien qu'il délaisse Francesca et le fils qu'elle lui a donné. Là, en présence de La Teigne – qui en l'occurence est plutôt La Poisse –  Manrico tombe dans un guet-apens, Francesca est arrêtée pour complicité.

Happy end quand même : revenu à Latina avec son neveu, La Teigne va finalement réaliser le rêve de sa mamma. Il ne fallait donc pas désespérer du vilain petit canard !



Mio fratello è figlio unico
(Titre d'une chanson de Rino Gaetano)
Film de Daniele LUCHETTI

1h 40 - Sorti en France en 2007






Par Rousseau - Publié dans : AU CINEMA
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Vendredi 15 février 2008 5 15 02 2008 17:43

En Italie, le bac c'est la "maturità". En fait, on donne à voir beaucoup d'immaturité. Nous sommes en juin, à Rome, Luca et ses potes viennent de terminer les cours : le bac est dans douze jours, le temps de réviser. Alors Luca veut se venger de son professeur de lettres, Martinelli, que la classe appelle "la Charogne". Luca lui dit qu'il lui a gâché cinq ans de sa vie, qu'il est une grosse m…, et qu'il est mal fringué. Pas de chance, Martinelli lui annonce qu'il fera partie du jury, pour les oraux !

Les jours passent et pour Luca la gaffe ne s'oublie pas, même si lui et ses amis sont de toutes les fêtes. La fille de Martinelli aussi est de leur génération, mais Luca ne le découvrira que bien plus tard, après avoir passé des jours et des nuits à rêver de l'inconnue qu'il avait rencontrée à cette fameuse soirée où son ami le plus cancre faisait le DJ ce qui n'est pas le moindre de ses mérites extra-scolaires.

La-Notte-prima-1.jpg Luca (T-shirt blanc) et ses potes

Un jour la radio annonce que le Ministère de l'éducation est dans l'impossibilité de faire passer les examens cette année — mais c'est un canular. Ces deux annonces provoquent successivement des manifestations de joie contre les auteurs du programme (à la poubelle Italo Svevo et Salvatore Quasimodo…) puis de la rage et des pleurs... Les jours passent et tous cherchent à connaître les sujets du bac, à faire des prévisions, ou à acheter les vrais sujets pour un gros paquet de lires – car nous sommes bien avant l'euro, en 1989.

Des événements imprévus vont rapprocher Luca et Martinelli. Au point que Martinelli, un soir, fait une confidence à son élève en prévision de l'oral : révise donc Leopardi ! Mais peut-on faire confiance à un prof comme la Charogne ? La chute est magnifique... Cette comédie brille par son entrain, sa légèreté, et la qualité de ses interprètes.

Fausto BRIZZI
La Notte prima degli esami

2007, 110 min.

• Un remake français doit sortir à l'été 2008. Peccato.

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Par Rousseau - Publié dans : AU CINEMA
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Mardi 12 février 2008 2 12 02 2008 08:56

Festival-2008.jpg

Renseignements : cliquer ici.
Par Rousseau - Publié dans : AU CINEMA
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