Wodka par Mapero

 S'ouvrir au monde sans pour autant sacrifier au relativisme culturel qui n'est que mépris de l'Autre.


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EUROPE CENTRALE

Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 17:22

 

L'affaire se présentant comme le recueil des relations orageuses entre une maîtresse de maison et sa femme de ménage, ce roman m'a d'abord paru très éloigné de mes centres d'intérêt et j'ai bien cru devoir en abandonner la lecture, malgré le flatteur Prix Fémina étranger de 2003. Mais à partir du chapitre "La glace de Murano" où Emerence déclare qu'elle recevra une personne de marque chez Szabo-Porte.jpegses employeurs, je me suis ressaisi et le livre s'est même cramponné à moi.

Emerence Szeredas n'est pas une simple employée de maison : elle est aussi la gardienne d'un immeuble voisin de celui de la narratrice qu'on découvrira sur le tard s'appeler elle-même Magda… L'histoire se déroule à Budapest vers la fin de l'époque communiste — la publication originale date de 1987 — et l'on remarque plusieurs allusions au passé national. Mais pour Emerence le pouvoir est haïssable, quelle que soit son idéologie fondatrice. Il n'y a que des humains, qui peuvent ou non lui plaire, moins souvent d'ailleurs que les animaux avec qui elle semble s'entendre au mieux — comme ses chats ou le chien Viola, héritier du nom d'une génisse ! Elle n'accepte pas qu'on entre chez elle, qu'on franchisse sa porte, d'où le titre du récit. C'est qu'Emerence est un personnage, non seulement comme tout personnage de roman, mais comme un personne dont on dit " C'est un drôle de personnage !" ou bien " C'est un fichu caractère !"

Effectivement. Qu'il s'agisse de sa jeunesse, des temps troublés des années quarante, ou des vingt ans passés au service du Magda, Emerence fait parler d'elle. Encore jeune fille de la campagne, les trois morts dont elle est en partie responsable ne peuvent que jeter une suspicion sur elle. Il en ira de même à la ville, mais je ne veux pas dévoiler pourquoi la police interviendra chez elle au point qu'un officier deviendra en quelque sorte son garant. À diverses reprises les relations d'Emerence et de Magda tournent au clash, à la haine, mais finissent pas s'arranger, du moins tant que la santé chancelante de la première ne vient pas se télescoper avec les activités croissantes de la seconde, devenue écrivain à succès et aspirée par les mondanités. La fin sera dramatique — on le sait dès l'incipit, puisque la narratrice affirme non sans une certaine exagération due à sa mauvaise conscience : « c'est moi qui ai tué Emerence.» En forçant sa porte.

Au-delà du symbole d'une porte qui doit rester inviolée, se trouve posée la question de savoir si le traumatisme subi dans l'enfance par Emerence suffit à expliquer ses alternances de haine brutale et de générosité envers les autres. Par ailleurs, il est difficile de croire que la narratrice — l'auteure ?—  puisse accepter de la part de son employée autant de réactions d'anti-intellectualisme et d'insolence. Une lecture à conseiller aux amateurs et amatrices de romans psychologiques.

 

Magda SZABÓ  :  La Porte.

Traduit du hongrois par Chantal Philippe. Viviane Hamy, 2003, 276 pages.


 

Par Mapero - Publié dans : EUROPE CENTRALE
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Dimanche 7 août 2011 7 07 /08 /Août /2011 16:34

 

La Guerre de 1914-1918 a produit un bon nombre de textes littéraires centrés sur un Hasek--Soldat-Chveik.pngsoldat ou un groupe de militaires, et une prise de parole des "poilus". L'œuvre de Jaroslav Hašek est un peu différente car son brave soldat Chvéïk naît à la littérature en même temps que parvient à Prague la nouvelle de l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, le 28 juin 1914 à Sarajevo.

Ce premier volume des aventures du soldat Chvéïk couvre la période qui s'étend jusqu'à décembre 1914. Deux autres volumes suivront et Hašek connaîtra ainsi un bref mais vif succès. Dans la préface de l'édition française, J.R. Bloch en évoque l'adaptation théâtrale due à Piscator, représentée à Berlin en 1928. En Europe centrale, des statues évoquent encore aujourd'hui la mémoire du brave soldat tchèque.

Bien loin d'être une chronique de la guerre sur le front austro-russe, l'œuvre de Jaroslav Hašek est une illustration ironique de la vie quotidienne du petit peuple tchèque, une impitoyable satire des institutions, particulièrement de l'armée et de tout ce qui représente le pouvoir k.u.k. — impérial et royal — qu'on appela aussi la "kakanie".

La guerre éclata d'abord dans une atmosphère de nationalisme anti-serbe exacerbé et revanchiste : « Passant par Mala Strana, Chvéïk, arrivé devant le monument du maréchal Radetsky, se tourna vers la foule qui marchait toujours derrière lui et cria : à Belgrade !» Etait-ce un fou ou un provocateur dont la logeuse poussait la voiture d'infirme où il avait pris place à cause de rhumatismes supposés ?

Au début du récit, l'agent Bretschneider, un flic trop zélé, est à l'origine de l'arrestation de Chvéïk un soir de beuverie. Vendeur de chiens volés et pilier de bar dans le civil, notre homme, qui a accompli juste avant la guerre un service militaire qui a déjà esquissé sa réputation de crétin, notre homme donc va se retrouver réserviste, mais pas avant d'être passé devant des commissions médicales et psychiatriques qui s'interrogent sur sa santé mentale. Son comportement apparemment stupide, platement laudateur du moindre geste des policiers, des militaires et des juges est-il le signe d'un dérangement profond ou celui d'un simulateur ? On ne sait que conclure à l'entendre s'adresser aux détenteurs de l'autorité uniquement à coups de variantes de cette formule : « Je vous déclare avec obéissance que… »

Chvéïk devient le factotum de l'aumônier militaire, le Feldkurat Otto Katz. Une messe pour les soldats partant au front et l'administration de l'extrême-onction à des blessés graves donnent l'occasion à l'auteur de montrer un anticléricalisme radical. Il faut dire que l'aumônier catholique Katz est un ivrogne et un joueur invétéré. Une nuit, il perd au jeu son ordonnance. Voilà Chvéïk passé au service du lieutenant Lucas, collectionneur de femmes faciles. Celui-ci ayant la mauvaise idée d'acheter un chien, Chvéïk ne trouvera pas mieux que de lui vendre un griffon dérobé au caricatural colonel Kraus von Zillergut… chef hiérarchique de Lucas. C'est ainsi que le lieutenant va se retrouver muté au 91e Régiment d'infanterie à Budejovice avec Chvéïk comme ordonnance.

Il faut réprimer l'envie de citer ! Et laisser le lecteur découvrir par lui-même ce festival burlesque.

 

Jaroslav HAŠEK - Le brave soldat Chvéïk

Traduit du tchèque par Henry Horejsi. Gallimard, 1932. Folio, 365 pages, 1975.


 

Par Mapero - Publié dans : EUROPE CENTRALE
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Mercredi 28 février 2007 3 28 /02 /Fév /2007 06:54

Qu'est-ce qu'un hooligan  ?
Pour le Français moyen, c'est un supporter qui sème la terreur sur un stade de football où joue une équipe britannique. À l'origine il s'agit d'une famille de brigands irlandais d'un quartier populaire de Londres. Mais ici ? C'est Norman le hooligan. «C'est-à-dire marginal, non aligné, exclu» (page 28). L'époque du mariage des parents et de sa naissance est qualifiée d'année hooliganique : juste avant, en 1934-1935, l'écrivain Mihail Sebastian publiait " Comment je suis devenu un hooligan " et Mircea Eliade " Les Hooligans ". Tous deux Roumains, comme Norman Manea, qui admire le premier, et déteste l'attitude politique du second, dont il a dénoncé, une fois exilé aux États-Unis pour fuir la dictature de Ceausescu, la compromission avec les nationalistes antisémites de la Garde de Fer, pilier de la dictature d'Antonescu, responsable de la déportation de la famille Manea en 1941. On voit déjà les thèmes qui hantent cette autobiographie : l'identité de l'exilé, juif, roumain ; la mère adorée, peu attentionnée, décédée en Roumanie et seule de la famille proche a y être inhumée ; les deux dictatures roumaines, nationaliste et communiste; sans compter les écrivains juifs et/ou roumains, les morts et les vivants — dont beaucoup sont des amis de l'auteur. L'autobiographie commence avec les interrogations sur l'opportunité d'un voyage en Roumanie : c'est le retour du hooligan. Il s'agit du prétexte d' accompagner un chef d'orchestre, collègue de l'université Bard, il s'agit surtout d'aller se recueillir sur la tombe de la maman et d'entendre parler le roumain.
La mère, centre de la famille
La mère juive est possessive dit-on. Bien sûr celle de Norman l'est. Mais pas du genre à chouchouter le petit Norman. Les temps de l'enfance sont durs : à cinq ans, il est déporté avec ses parents, de l'autre côté du Dniestr (Transnistrie), après l'invasion de 1941. Les grands parents maternels y périssent. En 1945, Norman et ses parents sont libérés par l'Armée Rouge. Comment ne pas croire au moins pour un temps à la vertu du stalinisme ? C'est alors le retour en Bukovine (Suceava, etc). Le père, comptable dans une entreprise avant la guerre, devient, un peu contre son gré, un petit chef communiste, et ne tarde pas à se retrouver en camp de travaux forcés (Periprava, 1958). Après des études supérieures à Bucarest, l'auteur est lassé par le travail d'ingénieur sur les chantiers de construction : il préfère la littérature. Kafka et Proust deviennent les dieux essentiels de son panthéon culturel. Quand l'auteur quitte la Roumanie en 1986, sa mère est déjà touchée par un début de cécité. La séparation est difficile. Norman Manea parle beaucoup plus de sa mère que de sa femme : il faut attendre la dernière partie du livre pour se persuader de son existence ! La maman est morte au début de l'exil américain. Le père, âgé et malade, a rejoint Israël. Sa soeur Ruti également.
L'identité de l'exilé
Norman est un juif de Bukovine. L'un des grands-pères tient une librairie et maison de la presse. Avant 1940, déjà, le sionisme s'adresse à cette minorité qui, dans le passé a souffert de persécutions, de pogroms, bien avant l'arrivée au pouvoir de Hitler et de son allié Antonescu. Aussi certains membres de la famille envisagent-ils d'émigrer. La roue de l'histoire s'accélérant, les Manea sont pris au piège de la déportation par le régime roumain. C'est ce que l'auteur appelle l'Initiation : un jour d'octobre 1941, Norman découvre ce que c'est qu'être juif. En avril 1945, il redevient un Roumain ordinaire. Un homme comme les autres ? Non, car l'exil en Allemagne et à New York l'éloigne de sa famille, de ses racines, des amis qui parlent le roumain. Sa patrie c'est sa Langue, – il y est plus attaché qu'à la religion israélite et il n'est pas sioniste – et la Littérature. On ne peut être plus clair : c'est le 16 juin 1986, le Bloomsday, qu'il dépose sa demande de visa. Il fête alors ses 50 ans. Bloomsday : allusion à la journée de Leopold Bloom rapportée par James Joyce dans Ulysse. Ainsi commence l'odyssée américaine de Norman Manea. Cependant l'identité juive s'affirme dans la dernière partie : le cauchemar d'après un tableau de Chagall, le don à la synagogue et au cimetière du pays natal… Et puis New York n'est-ce pas aussi "Jew York" ?
La dictature communiste
D'abord il y eu la libération communiste... Norman, lycéen, est secrétaire des jeunesses communistes. Obligé de faire une "purge" de trois de ses camarades, il perd la foi dans le communisme. Ce régime devient même à ses yeux pire que celui qui l'envoya quatre longues années pourrir dans un camp moldave. Quand arrive au pouvoir Ceaucescu, c'est le déchaînement d'ironie, de flèches acérées, de formules bien mordantes. Le tyran est "le Clown Blanc des Carpathes". La Roumanie n'est qu'un "pachalik" appelé parfois Jormanie. La collectivisation de l'économie roumaine est tournée en ridicule : le "commerce socialiste" est une contradiction dans les termes, comme la "philosophie socialiste" (page 200). Le pays Dada. Le pays où les toilettes sont pleines d'excréments. Le pays où le père est injustement condamné au camp de travaux forcés. À quoi s'oppose l'Amérique : «In paradise one is better off than in whatever country…» comme l'auteur aime répéter, quelques vers d'un poète polonais... Mais qu'on ne se trompe pas : la Roumanie post-communiste est présentée sans aucun attrait!


Norman MANEA  -  Le retour du hooligan
Traduction de Nicolas Véron et Odile Serre, Seuil, 2006, 447 pages.
Prix Médicis étranger 2006

Lire également des nouvelles…



Par Mapero - Publié dans : EUROPE CENTRALE
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Samedi 9 décembre 2006 6 09 /12 /Déc /2006 06:45

« L'Interrogatoire » met en scène une prisonnière politique et un enquêteur déroutant qui s'exprime hors sujet plus qu'il n'interroge. Au lieu d'aveux spontanés ou forcés, la prisonnière devra produire chaque jour un dessin représentant  la maison et les conjurés.

« Biographie-Robot » est une longue nouvelle qui se tisse avec des scènes de conversation entre les employées de banque de l'Agence 46, des séquences de biographie du camarade Scarlat et du camarade Cotiga qui n'en font qu'un, et des extraits de conférences d'un mystérieux institut de recherches. On apprendra finalement que le camarade Scarlat propose à sa hiérarchie un moyen pour remplacer le pétrole afin d'en exporter davantage puisque le régime veut se désendetter au plus vite. Les passages de fiches biographiques pastichent les "bios" des membres des partis communistes.

« Une fenêtre sur la classe ouvrière » montre un ouvrier qui vient faire des réparations chez un intellectuel. Outre cent lei par intervention, il en obtient une aide pour déposer des plaintes contre son employeur.

« L'imperméable » est découvert par Dina, épouse d'un important apparatchik, au lendemain d'un dîner qui avait réuni trois couples.

°°°

Les histoires, par elles-mêmes, ont un intérêt plutôt maigre. Norman MANEA révèle dans ces quatre nouvelles une écriture peu fluide parfois, avec force répétitions, mais un penchant pour les phrases sans verbe comme pour illustrer les pénuries du régime Ceaucescu, ce que certains lecteurs peuvent juger indigeste ou irritant — surtout dans le dernier texte. Le tout est "égayé" –si l'on peut dire– d'allusions aux répercussions désastreuses du régime communiste sur la vie quotidienne des Roumains jusqu'en 1989 : autobus rares poussifs et bondés ; pannes d'électricité ; chauffage réduit à 12°C ; pénuries alimentaires ; cigarettes américaines servant de bakchich... Le régime communiste est critiqué avec une ironie parfois cinglante mais aussi avec une amertume compréhensible. Norman Manea, qui a survécu à la shoah, a dû s'exiler en 1986 pour fuir la Securitate et s'établir à Berlin puis à New York. Il est l'écrivain roumain le plus traduit dans le monde.
 

°°°
Extrait de « Biographie-Robot »

    Sucre d'orge avait répété à la camarade Carmen* le secret que lui avait confié à un moment donné l'épouse trompée. Puis ç'avait été au tour de la kamaradnaïa Inotchka d'être mise au courant des week-ends en province du camarade capitaine Voicila. Du coup, Poussin aussi avait eu vent du fin mot de l'affaire ! Poussin n'aurait pas soufflé mot, un vrai tombeau, celle-là, le genre qui préfère vous tenir plutôt que de vous vendre, mais elle avait éclaté de rire. Elle avait eu le fou rire, tout simplement ! Viorica avait compris, bien évidemment, comment n'aurait-elle pas compris, il n'y avait que ça qui pouvait la faire rire, cette planche à repasser, avec sa voix de bouillonnements souterrains, celle qui leur fait perdre les pédales à tous, qui les fait se retourner pour rencontrer son grand regard fixe et candide, alors là, candide à cent pour cent... Et comment diable ne pas rire, après tout? Il en fallait, du muscle, pour se retenir! Donc: le camarade mari s'en va en mission en province, avec une valise et tout le nécessaire, pour atterrir chez la petite voisine du rez-de-chaussée ! Il s'enferme là-dedans tout le temps que dure la mission, avec tout ce qu'il faut : bouffe, zizique, couette et guilis-guilis. Je vais sortir la poubelle, annonce un beau jour Coralia. Bouge pas, il fait un froid de canard, je vais y aller, moi, intervient galamment le partenaire. Comment ça, tu vas y aller, lance, surprise, l'hôtesse du plaisir. Il est tard, on ne risque pas de me voir, répond le pauvre bougre en attrapant la poubelle. Il sort sur la pointe des pieds. Silence total, aucun œil ennemi. Notre artiflot en pyjama et pantoufles se glisse donc, ni vu ni connu, jusqu'à la benne. Il soulève le couvercle et vide la poubelle. Il reprend sa poubelle, va à l'ascenseur, appuie sur le bouton. Il prend l'ascenseur... jusqu'au quatrième étage, où il habite L'appartement était juste à côté de l'ascenseur. Il sonne, l'imbécile. Comme d'habitude, pour rentrer chez lui. Voilà l'histoire en lieu et place du rez-de-chaussée adultère, l'étage conjugal ! Elle vous joue de ces tours, la mémoire, juste au moment où vous vous y attendez le moins. Le pauvre malheureux en pyjama et poubelle à la main s'est donc retrouvé nez à nez avec notre collègue Viorica, sa propre femme. Ne pas rire, ben voyons, comment ne pas rire ?... Même cette pète-sec de Poussin, évidemment ! Comment ne pas rire, et comment pardonner à celui qui vous a livré au rire des autres ?...

* Carmen est le chef de bureau. Viorica, Inotchka, Sucre d'Orge et Poussin sont les prénoms et surnoms des secrétaires. Viorica est l'épouse du capitaine Voicila.

Norman Manea  - Le bonheur obligatoire
traduit du roumain par Alain Paruit et André Vornic
Points  n°1536 - 2006. 252 pages. ISBN 2-7578-0097-3

Peut-être vaut-il mieux lire d'abord son « Retour du Hooligan » qui vient d'être primé.


Par Mapero - Publié dans : EUROPE CENTRALE
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