Lundi 16 novembre 2009
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Ce roman publié en 1980 a un air inachevé comme l'Allemagne à la veille de sa
réunification. Il
possède une forte dimension dramatique qui ne doit pas surprendre puisque l'auteur, Botho Strauss, est l'un des principaux dramaturges contemporains.
Bekker, le personnage central, un "anti-héros" si l'on peut dire, est assez antipathique, voire pitoyable. On fait
sa connaissance à l'occasion d'une fête bien arrosée chez son ancien employeur. On le retrouve avec sa fille Grit lors de vacances dans les Alpes. Elle a quitté son agence de voyages pour
s'occuper de lui, le protéger. Or, à la suite d'une maladie qui a nécessité son hospitalisation, c'est lui qui devrait retrouver son rôle de père protecteur. En fait, cela fait des années que le
père et la fille s'ignoraient. Bekker vient de se séparer de sa femme ; il est au chômage et du fait que sa fille vient aussi de se séparer de son petit ami – qui néanmoins tient la boutique en
attendant –, il va tenter de cohabiter avec elle.
Mais tout va continuer à avancer de travers. Certains y verront comme une parabole de l'histoire allemande et de
son "Sonderweg", ce destin si particulier qui a mené au pire que l'Europe ait connu. Bekker boit trop. Bekker perd la boule. Bekker ne dit pas les mots qu'il faut. Bekker a des initiatives
idiotes. Comme celle d'inviter un paquet de clandestins pakistanais à se présenter dès lundi 8 heures à une entreprise qui porte son nom — et qui n'est pas la sienne — et entre temps, les
dénoncer à la police…
Après son opération ratée, Grit va avoir de plus en plus de mal à supporter cet ours mal léché. On la comprend !
Bekker devra encore plier bagages — il n'en a guère — et peut-être retrouver du travail chez Zachler qui l'a habilement sauvé de la prison. Zachler est ce patron qu'il déteste, sans doute parce
que tout lui réussit dans cette entreprise qui fait commerce d'informations technologiques.
Prématurément vieilli, un pied dans la déchéance, Bekker est un gaffeur et un looser. Il ne me paraît pas du tout
pertinent d'approuver la 4ème de couverture de Gallimard quand elle parle de « mise en question de la "civilisation" moderne » et de «
notre société semblable à une machine folle ». C'est moi qui souligne. Le chaos est dans la tête de Bekker, et la maladie dans le corps de Grit,
comme le mal est inséparable de la condition humaine. C'est intemporel.
Botho STRAUSS
Raffut (Titre original "Rumor")
Traduit par Eliane Kaufholz
Gallimard, 1982, 178 pages.
Par Mapero
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Dimanche 12 juillet 2009
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2009
19:58
Jadis, la lecture du "Marquis de Bolibar" m'avait ravi : par sa construction
rigoureuse et son récit alerte, le roman publié en 1920 par Leo Perutz évoquait l'Espagne au temps des guerres
napoléoniennes et posait la question de l'identité à travers la personne du mystérieux marquis. Ici autre affrontement militaire en arrière-plan : celui de la
Suède et de la Russie vers 1700. L'auteur "autrichien" né à Prague, qui a vécu à Vienne, et qui a même dû croiser Franz Kafka auquel Jorge Luis Borges l'a comparé (!), affectionne le décalage que
permettent les situations historiques. Mais ce roman traite surtout du thème de l'identité — usurpée — un crime que le personnage du cavalier suédois devra payer.
Maria-Agneta est une orpheline polonaise trop jeune encore pour se marier. Elle attendra donc que Christoph von Tornefeld revienne de la guerre au service du roi de Suède. Les années passent ;
son domaine périclite, victime d'un intendant corrompu et d'un usurier, le baron Maléfice, qui lorgne sur sa jeunesse et poursuit voleurs et déserteurs. Quand le cavalier suédois se présente au
domaine, elle se persuade facilement que son amoureux est de retour. Le domaine revit, une fillette naît : Maria-Christine. Mais ce bonheur et cette réussite sont fragiles et quasiment
suspects...
Le cavalier suédois, « le voleur qu'on nommait Piège-à-Poules dans le pays » a usurpé l'identité de Christoph à la suite d'un marché diabolique passé dans un moulin sous le regard du
fantôme du meunier. Christoph était poursuivi comme déserteur à la suite d'une altercation avec un officier. Il avait accepté les conditions de l'inconnu qui l'avait sauvé du froid et de la faim
en le conduisant à ce moulin abandonné. Ainsi le bandit prospèra, protégé par la Bible héritée de Gustave-Adolphe, tandis que le hobereau déchu trimait dans les forges infernales du
prince-évêque. Jusqu'à quand ?
Les connaissances agronomiques du cavalier suédois sont hors du commun et tout lecteur ne peut que le remarquer sans forcément s'y intéresser. Ce n'est pas que par son or issu de pillages
d'églises en bande organisée que le cavalier suédois renfloue le domaine de Maria-Agneta, c'est au moins autant par son travail méthodique et ses connaissances agronomiques. Il a tout le profil
de ces gentlemen-farmers qu'on trouve dans l'Europe du XVIIIe siècle, en Angleterre, en Normandie, en Prusse, etc, et qui ont démarré cette "révolution agricole" que les historiens crurent cerner
aux origines de l'industrialisation européenne.
Mais il y a bien d'autres raisons de se réjouir de ce court roman ! La société des campagnes de Pologne ou de Bohême revit dans ces villages et ces auberges, pas très éloignées en somme du Prague
natal de l'auteur. On sourit des facéties des aubergistes. On en arrive même à sourire des vols d'objets du culte par la bande du cavalier suédois, entouré de figures évidemment redoutables : le
Brabançon, Feuerbaum, Torcol, Veiland et Lies-la-Rousse. Une fois dispersés, le butin réparti, est-il possible qu'ils laissent durablement tranquille le cavalier suédois parti prendre des
nouvelles de Maria-Agneta et si bien établi comme hobereau ? L'auteur a su ménager le suspense de manière très rigoureuse jusqu'à la fin. Ce livre vous attend depuis 1936.
Leo PERUTZ
Le cavalier suédois
Traduit par Martine Keyser
Phébus, 1987, coll. Libretto 1999, 274 pages.
Par Mapero
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Mercredi 7 janvier 2009
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16:54
En 1978, Volker Schlöndorff a tiré de l'œuvre de Günter Grass un film qui a eu paraît-il
une bonne critique mais que je n'ai pas vu. Mon analyse n'en sera donc pas influencée. Paru en
1960, en pleine ère Adenauer, dans une RFA pas encore sortie des grands procès du nazisme, tout juste admise dans l'OTAN
et dans la CEE , le roman de Günter Grass a été nécessairement marquant : choquant pour les uns, requinquant pour les autres. Alors que de beaux esprits, d'Allemagne et d'ailleurs,
s'interrogeaient « Comment écrire après Auschwitz ?» ou « Peut-on rire de tout ?» voilà qu'arrive ce récit autobiographique d'un nain, attardé physique et attardé mental, qui se moque de tout,
raconte la guerre mondiale comme une rigolade plus qu'une épopée, sans le moindre respect des morts, les Juifs comme les autres, sans dénoncer les nazis et surtout pas leurs chefs. Contrairement
à ce que j'avais cru comprendre jadis dans une première lecture marquée par une caricature ancienne où Hitler figurait en marionnette jouant du tambour... Laissons tout cela. Et considérons
humblement ce que Grass nous donne à lire.
I - "Mon Combat", version
nain
C'est chronologique — avant-guerre, guerre, après-guerre — afin de rythmer le récit des
aventures d'Oscar. La plupart des présentations du "Tambour" évoquant trop vite le dramatique monde des adultes vécu par le regard implacable d'un enfant de trois ans, parfois même réputé
intelligent, il convient d'abord d'entrer vraiment dans le détail des faits pour apprécier cette œuvre.
Première partie. Près de Danzig, en pays kachoube, c'est là que tout commence.
Anna Koljaiczek abrite sous ses quatre jupes un jeune gars, incendiaire à ses heures, recherché par des policiers. Cette aventure donne naissance à Agnès, qui à son tour donnera naissance à
Oscar, sans qu'on sache vraiment de quel père : Matzerath ou Bronski. Le premier est épicier à Danzig (comme les parents de Günter Grass), ses talents de cuisinier dépassent ceux de commerçant et
laissent plus loin encore ses capacités à être un mari et un père. Quant au second, c'est surtout l'amant d'Agnès, jusque sous les yeux d'Oscar qui, depuis l'âge de trois ans a refusé de grandir
et choisi de ne pratiquer d'autre jouet que le tambour et d'exercer sa voix vitricide. « Je résolus de n'être pas un politicien comme Adolf.» L'année de ses 14 ans, en 1938, il voit sa
mère mourir après s'être forcée à consommer du poisson en folle quantité (mais pas de… turbot).
Deuxième partie. À l'été 1939, lorsque les Allemands attaquent la Pologne, Oscar
et sa famille se trouvent au cœur de l'affaire, à Danzig, ville-libre créée en 1919 sous les auspices de la SDN. Matzerath est membre du parti nazi qui contrôle Danzig depuis les années trente,
et Bronski est employé à la Poste polonaise qu'il rejoint avec Oscar juste avant l'attaque nazie ! Bronski est pris et fusillé tandis que les gentils SS trouvent une placent à l'Hôpital municipal
pour Oscar qui leur avait paru maltraité par Bronski ! Récupéré par Matzerath, Oscar tombe amoureux de Maria, l'employée qui a remplacé Agnès à la boutique puis dans le lit du boutiquier. Quant
naît Kurt en 1941, il s'en imagine le père. Le nain Bebra permet à Oscar de passer quelque temps à la Propaganda Staffel : son Théâtre aux Armées visite la France occupée et ne quitte la
Normandie que lors du débarquement du 6 juin 1944 ; cet événement se solde par la mort de la naine Roswitha.
La guerre se déroule sans gros dommage pour Danzig jusqu'à ce qu'arrive l'armée russe. La ville brûle, spectacle grandiose contemplé des toits du faubourg par un petit fils d'incendiaire, heureux
et ironique : quand brûle la rue des Bouchers, ça sent le rôti du dimanche, un peu trop brûlé toutefois. Évidemment, les soldats de Rokossowski se conduisent mal. Ils pillent et violent les
voisines tandis qu'un kalmouk tue Matzerath au moment où il tentait de se débarrasser de l'insigne du parti (NSDAP) qu'Oscar n'avait pas charitablement gardée. Des réfugiés affluent et parmi eux
Mariusz Fajngold, qui a tout perdu à Treblinka et dont Oscar se moque à cause de ses deux manies, l'une d'évoquer constamment sa famille juive victime du génocide, et l'autre de tout désinfecter
à Danzig comme au camp car les Russes ont apporté des poux.
Lors des obsèques de Matzerath, Oscar sent en lui un changement : il abandonne son tambour dans la tombe et se remet à grandir... jusqu'à 1m 23. Mais sa voix vitricide est fichue — peu importe
puisque les bombardements ont eu raison des vitres par millions. Bientôt c'est l'évacuation vers l'Ouest des Allemands et il faut se séparer de la branche polonaise de la famille : Oscar ne
reverra plus sa grand-mère Anna aux nombreuses jupes.
3e partie. Le transfert de Danzig à Düsseldorf est un calvaire, fatal à un vieux
passager ancien colleur d'affiche social-démocrate et antinazi, sans compter que des pillards arrêtent les trains et détroussent les voyageurs. Peu après, notre Oscar, remis sur pieds vivote
comme marbrier, modèle et musicien. Ces expériences se mélangent, lassent le lecteur le plus assidu par leur apparente insignifiance. Certes, Oscar rejoue du tambour et fait retomber en enfance
son public de plus de 50 ans à la "Cave aux Oignons" puis à l'occasion de tournées organisées par Maître Bebra qui le sort ainsi de la misère matérielle. Certes, Oscar retourne en pèlerinage en
Normandie avec le soldat Lankes qui décorait les blockhaus. Certes, Oscar tombe encore amoureux d'une infirmière, Dorothée, mais à la fin il se pourrait qu'on l'accuse de l'avoir assassinée.
Cette troisième partie, la plus courte, n'a pas le souffle des deux premières et si on arrive en plein bonheur de lecture à la fin de la deuxième partie, alors peut-être vaut-il mieux s'en tenir
là.
II - Une thématique
inépuisable
Roman d'une ville. Même si la ville est séparée du Reich de 1919 à la conquête de
la Pologne, le port de la Baltique qu'est Danzig est un monde en soi où se bousculent les souvenirs des siècles passés. Le fer-blanc du Tambour ("Blechtrommel" en allemand) est peint de rouge et
blanc ; il est donc aux couleurs de la Pologne dont les rois ont dû combattre tous leurs voisins, sans parvenir à éviter les partages. À travers l'histoire de Danzig (aujourd'hui Gdansk) c'est
toute l'histoire de la Baltique et de l'Europe centrale qui est évoquée à certaines pages avec ironie. Ainsi les Suédois aiment tant la ville qu'ils l'assiègent à plusieurs reprises. Plus tard,
la Prusse conquérante est présentée comme la championne des installations de régiments ; ils sont évoqués dans un inventaire à la Prévert. Dans la IIIe partie, ce centre du monde ancien a été
rendu inaccessible à Oscar par le début de la guerre froide et la mise en place du rideau de fer. En ce sens la comparaison avec "Berlin Alexanderplatz" d'Alfred Döblin ne peut être que
partielle.
Roman picaresque. À chaque chapitre, des personnages nouveaux, innombrables,
surgissent et tous veulent avoir leur quart d'heure de célébrité quitte à ce que leur évocation brise le fil du récit. Ces gens du peuple, le roman allemand en avait déjà usé en abondance ;
c'était le héros anonyme de la société moderne, dans "Petit homme, grand homme" de Hans Fallada par exemple. Ces personnages s'organisent autour d'Oscar en deux ensembles, la famille
germano-polonaise, les rencontres des temps de guerre et des temps de paix.
– Une famille portée sur les légumes.
Nous ne sommes pas chez les Rougon-Macquart ni chez les Buddenbrook où l'ascension et la décadence se succèdent. Ici, c'est la médiocrité stagnante, mais une brave médiocrité populaire, à la
ville comme à la campagne, qui sent bon les légumes et la cuisine au beurre. Choux, pommes de terre, anguilles, harengs, et gâteaux. Avec des réserves de margarine et de miel qui ne sont pas
encore épuisées quand arrivent les soldats russes en 1945. Après la guerre, la tradition épicière est continuée avec bonheur par Maria installée sur les bords du Rhin.
– Des infirmières en blanc et une Sorcière
noire. Dès son plus jeune âge, quand à trois ans il cesse de grandir, Oscar est attiré par les infirmières sans doute moins par la blancheur de leur uniforme que par ce qu'elles cachent
sous leur blouse blanche. La Sorcière Noire c'est l'antithèse. Elle incarne tout ce qu'Oscar n'aime pas, comme le visage triangulaire de Lucie, seule fille de la bande des Tanneurs qui profane
les églises de Danzig.
III - Anti–roman de
formation
Si un roman de formation accompagne un personnage jusqu'à la sagesse de l'âge adulte, ce
n'est pas le cas ici : au dernier chapitre, celui du trentième anniversaire, on voudrait faire comprendre à Oscar qu'il a atteint l'âge où il convient de s'établir, de se saisir du rôle de
l'adulte respectable. En vain bien sûr : abrité à l'asile et protégé par l'infirmier Bruno, il a entrepris le récit de sa vie toute entière marquée de grotesque, de parodique, d'infantile ;
certains lecteurs n'hésiteront pas à y voir une aventure dadaiste et d'autres une dénonciation de l'irresponsabilité des adultes face à la guerre et à ses drames. Mais les allusions religieuses,
les figures de poisson, et certaines déclarations d'Oscar lui-même indiquent une autre direction.
À l'église du Sacré Cœur, Oscar est d'abord venu avec sa mère, puis avec Maria, puis avec
sa bande. Son attention est attirée par le décor d'un autel, celui de la Vierge, où le Christ n'est encore qu'un bambin assis sur les genoux de sa mère. Comme Jésus ne montre pas de talent
particulier pour jouer du tambour, il y retournera pour prendre sa place. Oscar se voit en vrai Jésus mais à trente ans, jugé par les hommes pour le crime qu'il n'a pas commis, il ne réunit pas
douze apôtres qui témoigneraient de ses faits et gestes : aussi écrit-il lui-même son évangile.
Anti-héros, Oscar reste avant tout un attardé physique et un malade mental. S'il n'entend
pas des voix, il se prend cependant pour Adolf et Jésus. Ce détour permet de considérer les horreurs de la guerre sans compassion ni sens moral, dans une transposition parodique et
inhumaine.
*******
Cette épopée grotesque, parfois jubilatoire, parfois exaspérante, a donné à Günter
Grass une grande célébrité. On l'a jugé critique du nazisme, critique de l'Allemagne d'après-guerre, critique de la petite-bourgeoisie. Naturellement, l'auteur a pu cultiver cette image
flatteuse. Mais à lire attentivement ce gros roman qui a fait date, il est difficile d'accepter l'auteur dans la figure du juge moral — cf. l'opinion prêtée à Oscar dans l'extrait ci-dessous — Ni
juge au tribunal ni pourfendeur du "miracle économique" allemand.
Günter GRASS
Le Tambour
Traduit de l'allemand par Jean Amsler
Éditions du Seuil, 525 pages, 1961
Extrait (page 108):
«Aujourd'hui, malade à titre privé dans un établissement ad hoc, alors que tout cela est déjà devenu historique et qu'on le rabâche avec ardeur certes, mais à
froid, j'ai pris le recul nécessaire pour apprécier mon activité de tambour. Rien n'est plus éloigné de mes intentions que de voir en moi un
résistant : c'est peu de chose que six ou sept manifestations démolies, trois ou quatre rassemblements ou défilés à qui le tambour a fait perdre le pas cadencé. Le mot de résistant est
devenu très à la mode. On parle d'esprit de la résistance, de milieux résistants. Il paraît même que la résistance peut se prendre par voie interne! On
appelle ça émigration intérieure. Sans parler de ces hommes d'honneur aux fermes convictions qui pendant la guerre, pour avoir négligemment obscurci les fenêtres de leur chambre à coucher
se virent coller une amende et s'appellent maintenant résistants, hommes de la résistance.»
Par Mapero
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Dimanche 16 mars 2008
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2008
08:34
Elles s'appellent Anna, Zsoka, Lydia, Carola, Lisa, Lea, Eva, Julia. Et puis quelquefois leur prénom
ne se termine pas par la lettre A. Et même, ça ou là, pas de prénom du tout. Mais ça ne fait
rien.
"L'été le plus chaud" est la nouvelle qui donne son titre au recueil. Il y a aussi un texte qui s'appelle "L'ère glaciaire" et qui est peut-être le plus élaboré : dans une maison au Canada en
plein hiver : Carola est venue voir son amie Becky mariée à un rustre nommé Christopher, il y a de la glace sur les vitres : mais pas seulement.
Il y a des histoires qu'on dit "pudiques" ou "poignantes" parce que l'auteur essaie en peu de mots, c'est-à-dire selon une
technique minimaliste, de suggérer quelque chose d'intime, en coupant le récit au présent de ses racines dans le passé. Si on a de la bonne volonté
on ira jusqu'à dire que ça rappelle tel ou tel texte de Nathalie Sarraute. Sinon, ça vous tombe des mains.
Résultat on ne s'intéresse à rien ou presque dans ces douze nouvelles qu'on oublie pour la plupart aussitôt lues.
Zsuzsa Bank
L'été le plus chaud
Traduit de l'allemand par Olivier Mannoni
Christian Bourgois, 2007, 186 pages
Par Rousseau
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