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C'est le jaguar sacré qui accueille le public à l'exposition « TEOTIHUACAN » à voir au Quai Branly jusqu'au 24 janvier 2010, histoire de fêter le centenaire de la Révolution mexicaine, et  le bicentenaire de l'Indépendance du pays. En langue náhuatl, Teotihuacan signifie "le lieu des dieux". Le site qui couvre 20 km2 est situé à plus de 2000 mètres d'altitude dans la région de Mexico.

Autour d'une reconstitution du site de la Cité des Dieux (maquette de 10 x 5 m) l'exposition regroupe des vitrines thématiques et des pièces de grande dimension, au total environ 450 objets provenant à 95% des collections mexicaines et en partie issus de fouilles récentes. Ces objets sont en Europe pour la première fois après avoir été présentés à Monterrey de septembre 2008 à janvier 2009. L'exposition conçue au Mexique par Felipe Solis est coproduite par le musée du quai Branly, le museum Rietberg de Zürich et le Martin Gropius Bau de Berlin.

 


L'histoire de Teotihuacan se déroule de 100 av. J.C. à 650 ap. J.C.

De cet empire disparu, la religion est le témoin principal, avec les temples du Soleil et de la Lune (photo ci-dessus), avec des fresques et des sculptures représentant les dieux. D'autres objets évoquent plus les cérémonies religieuses ou le culte des morts que la vie quotidienne. La plupart des objets sont datés de l'âge classique de la cité des dieux, entre 400 et 650 apr. J.-C.

Les dieux de Teotihuacan ne nous sont connus que sous les noms donnés ultérieurement par les Aztèques :
Tláloc - le dieu de l'Orage ou de l'eau
Quetzalcóatl - le Serpent à plumes
Huehueteotl - le Vieux Dieu ou dieu du Feu
Xipe-Tótec - le dieu de la Renaissance


Huehueteotl
C'est le Vieux Dieu ou dieu du Feu, représenté sous les traits d'un vieillard assis, les jambes croisées devant lui, tenant sur la tête un encensoir vaste récipient qui sert à allumer le Feu Sacré.
 

Cette représentation du dieu du Feu est modelée dans le style de la côte du Golfe. Huehueéotl se distingue ici par le grand encensoir qu'il porte sur la tête et où figure le symbole du quinconce.

Tláloc

Ce porteur de maïs au visage marqué des attributs de Tláloc présente la particularité d'avoir un corps jaune : les épis qu'il porte sur le dos l'associent à la nourriture. Il tient dans la main droite un plant de maïs avec tige, feuilles et épi. De sa bouche sorte une volute de la parole.

Quetzalcóatl — le serpent à plumes  — et l'oiseau Quetzal

 

Un double serpent à plumes. Les deux animaux se terminent dans le même bloc de pierre volcanique figurant deux crotales dressés.
 

Ce vase tripode (450 apr. J.-C.) est orné d'une représentation de quetzal vert dont le rôle est lié à celui du serpent à plumes.

 

Ce fragment de peinture murale montre un oiseau reconnu comme un quetzal, au plumage vert avec des reflets irisés. Le quetzal est le symbole de la beauté aux yeux des sociétés mésoaméricaines. Au milieu de l'image on voit nettement un bouclier rond au niveau de sa poitrine. Il tient une lance. Une virgule en forme de fleur jaune sort de son bec !
 


Masques et Figurines
 

Ce masque en céramique pourrait représenter un individu mort et être en rapport avec le culte des morts.
 

Ce splendide masque a été découvert en 1921 dans l'Etat de Guerrero au sud de Mexico. On remarque de petits disque de turquoise autour du nez et sur chaque pommette. Les yeux ont été réalisés en coquilles de nacre et les pupilles en obsidienne. Sur le front on distingue le glyphe de l' "eau courante".
 

Cette surprenante figurine ouverte abrite dans sa cage thoracique une  image dissimulées sous un couvercle, dont l'aspect évoque l'anatomie du personnage. À droite, deux figurines plus petites et ci-dessous  une étonnante figurine "anatomique" :
 

Toutes sortes de personnages seraient représentés ainsi.  Plusieurs hypothèses sont formulées : culte de la mort, allégorie de l'essence de l'individu, le corps humain comme un cosmos... Les défunts étaient ensevelis sous le sol des maisons avec des offrances : vases ou figurines en terre cuite.
 
• Vers 550 apr. J.-C. le site fut partiellement vandalisé ; les principaux temples furent ravagés par l'incendie. « On cherche encore des explications : révoltes internes contre le pouvoir, croissance excessive de la population et insuffisance d'attention aux habitants de la part de l'élite, blocage des routes commerciales, ou invasion destructrice de peuples voisins, plusieurs causes ont pu se combiner.» (Brochure de l'exposition).
 
• Cette exposition est passionnante. Dans le même espèce mésoaméricain que la civilisation aztèque (XIII-XVè siècle), Teotihuacan nous projette dans un passé antérieur de plusieurs siècles. Pas d'écriture pour en témoigner. La transmission de certains objets vient de ce que les Aztèques ont pu les conserver comme cadeaux par exemple.  Ces œuvres sont contemporaines de la fin de l'empire romain d'Occident, de Clovis,  et pour les plus récentes sont contemporaines du "bon roi" Dagobert et du prophète Mahomet.
 

=> Pour en savoir plus sur Teotihuacan

Exposition qui fut à voir au musée du Quai Branly jusqu'au 24 janvier 2010 puis à Zurich du 20 février au 30 mai et enfin à Berlin du 28 juin au 10 octobre 2010.


 
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Tag(s) : #BEAUX ARTS, #QUAI BRANLY, #MEXIQUE