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Elle s'appelait Vera Palmer. Les cinéphiles la connaissent sous le nom mythique de Jayne Mansfield. Dans les années 50, Hollywood en fit une alternative à Marylin Monroe, mais elle n'était pas une vraie blonde. Elle s'était condamnée à porter des perruques extravagantes et des tenues indécentes quand le succès l'avait abandonnée, qu'elle était devenue une étoile déchue, prisée par les amateurs des boîtes de strip-tease de Las Vegas ou de Louisiane. Quelque penchant provocateur l'animait aussi sans doute, ainsi que l'air du temps, fréquentant hippies drogués, amants violents, et gourous d'églises de Satan. Liberati-Mansfield.jpeg

L'essai de Simon Liberati commence par la fin accidentelle de Jayne Mansfield. « Aux basses heures de la nuit, le 29 juin 1967, sur un tronçon de la route US 90 qui relie la ville de Biloxi à La Nouvelle-Orléans, une Buick Electra 225 bleu métallisé, modèle 66, se trouva engagée dans une collision mortelle.» L'actrice y trouva la mort avec son amant ; ses trois jeunes enfants ont survécu. L'écrivain s'étend sur les circonstances du drame et les détails de l'intervention des secours plus que sur le passé et la carrière de l'actrice sexe-symbole des années 50. « Sauvage, texane, virevoltante, ultraviolente » : le portrait qu'en peint Liberati n'était pas inscrit dans ses jeunes années, quand elle était une violoniste précoce au Q.I. de 163. L'auteur passe à côté de la transformation d'une ado prometteuse, élevée par « une mère institutrice presbytérienne », en une pin-up pulpeuse, soucieux qu'il est de montrer surtout la déchéance de la "vamp" fêtée à Cannes en 1958 et qui avait fait vendre Playboy trois ans auparavant. En 1966 le festival de San Francisco ferma ses portes à celle qui était devenue « une attraction foraine » ; il lui préfèra Carroll Baker lancée par son rôle dans "Baby Doll" d'Elia Kazan une décennie plus tôt. Simon Liberati laisse à d'autres le soin d'écrire une biographie complète de la star des "Naufragés de l'autocar" devenue sur de petites scènes "the one and only", une exhibitionniste. Il a trouvé dans les articles de la presse américaine l'essentiel de sa matière. D'où peut-être l'abondance des expressions anglaises. On peut bien sûr imaginer que c'est son style incisif et précis qui a déterminé le choix du jury du Fémina en 2011. À moins que ce ne soit le parfum de scandale et l'exploitation morbide d'un fait divers.

Simon Liberati. Jayne Mansfield 1967. Grasset, 2011, 195 pages.

 

 

Tag(s) : #LITTERATURE, #HOLLYWOOD