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Ferzan Ozpetek

 

Ferzan Ozpetek, réalisateur venu de Turquie, a apporté un dynamisme nouveau au cinéma italien ; si "Hammam" (1998) et "Le dernier Harem" (1999) s'inspiraient encore de la civilisation turque il est impossible avec "La Fenêtre d'en face" (2005) d'échapper à une atmosphère italienne et plus précisément romaine. Avec "Un jour parfait" (Un giorno perfetto, 2008) on ne quitte pas Rome d'un pouce.

 

Emma (Isabelle Ferrari) et Antonio Buonacorse* (Valerio Mastandrea) vivent séparés depuis un an. Emma est partie s'installer chez sa mère en banlieue avec ses deux enfants Kevin et Valentina. La nuit, Antonio se rend en bas de son immeuble espionner son ex. Le film commence sous l'orage, quand une patrouille de police fait irruption à l'appartement où Antonio vit désormais seul. Les voisins ont entendu tirer plusieurs coups de feu. Tout le film est construit en un magistral et magnifique flash-back de 24 heures jusqu'aux derniers plans où l'on revient à l'appartement fatal et à l'errance d'Emma qui n'a plus de nouvelles ni des enfants ni du mari...

Par ailleurs, le spectateur suit pas à pas le couple désuni, ses enfants, mais aussi des proches — de manière intermittente. Kevin va à l'anniversaire des 7 ans de sa copine Camilla Fioravanti dans un luxueux palais romain, tandis que Valentina rencontre un garçon et joue au volley-ball à son lycée… Mais le pire les attend. Emma perd son travail au call-center et a une dernière rencontre dramatique avec Antonio. Celui-ci est chauffeur et garde du corps du député Fioravanti, en campagne électorale difficile, pour qui cette journée n'est pas plus parfaite que pour la famille Buonacorse : le président du conseil ne veut même plus lui parler au téléphone en raison d'un procès en cours, son fils veut arrêter son droit et filer en Espagne avec la jeune épouse de son père. Bref… un jour parfait !

Des palais du centre-ville au misérable quartier périphérique où Emma habite, Ferzan Ozpetek nous entraîne à travers Rome, dans le récit frénétique d'une tragédie puissante, jour de folie ordinaire plutôt que jour parfait, on le comprend vite. Ce film qui ne verse jamais dans le mélo est interprété par de magnifiques acteurs et servi par un cadrage et une photographie remarquables. Le scénario est adapté du roman de Melania Gaia Mazzuco (Rizzoli, 2006). [A signaler aussi la très riche bande-son dont le site du film donne la composition: des morceaux d'Andrea Guerra, mais aussi de Vaya Con Dios, Sezen Aksu…] 

 

 

Vu au Festival du Cinéma Italien, Univerciné Nantes, février 2010. (105 min.)

* si ma mémoire est bonne…

 

Tag(s) : #AU CINEMA, #ITALIE