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Entre les quatre parties d’une novella intitulée «  Le sourire de l’icône » des nouvelles sont insérées. Il est bien délicat de rendre compte de ce livre qui tient plus du recueil de nouvelles Dib-Abeilles.jpgque du roman quoiqu’en dise l’éditeur. Essayons…
« Le sourire de l’icône » tient dans la confrontation de deux personnes, le narrateur, Rassek qui jadis avait récupéré une icône, et sa femme Nina qui ne dit pas grand’chose et n’a pas très envie de sortir. L’âge sans doute. Mais il y a autre chose. Rassek revient du goulag où il a séjourné pendant quinze ans et quelques mois. Dans le quartier résidentiel, d’autres personnes, d’autres familles avaient aussi disparu.
« Nina était une responsable, et on sait ce qu’il arrivait aux familiers des responsables : ils trinquaient en priorité. Elle a gagné sa place dans le régime en l’acquittant avec la vie des Karamzine et de biens d’autres. »
Les condamnations du régime soviétique défunt (« nous avons bercé le monde de contes à dormir debout… », « la plus grande catastrophe advenue à l’humanité… ») font place plus loin… à Thèbes et à Œdipe. Le titre du recueil s'inspire des derniers mots de ce texte : comme un essaim d’abeilles. Comprenne qui pourra… Les abeilles comme métaphore des mouvements hésitants de l'âme humaine ? 
Les récits intercalaires sont heureusement plus lisibles. 
« La figure sous le voile noir » se présente comme une allusion au drame algérien de la fin du siècle. Une femme voilée s’est postée là où l’attentat aveugle a tué son fils. Cela forme le cauchemar d’un avocat puis devient réalité le lendemain, sur le chemin de son bureau.
« Néa » forme une mystérieuse et kafkaïenne histoire dans la Prague d’aujourd’hui. Un journaliste surnommé Rod Runner y est parti pour enquêter. Pourquoi tarde-t-il tant à donner de ses nouvelles ? Retrouve-t-il Néa ou son sosie ?
Avec « Le ciel sur la tête » c’est de nouveau l’Algérie. Dans un souk, Bab’Ammar se fait traiter de “vieux bâtard de fellagha“ par les barbus qui l’agressent. Il est sauvé par le courage d’un jeune boutiquier.
« Rosée de sang » montre comment une jeune fille se venge de sanguinaire façon d’un bandit barbu suite à un atroce massacre dont des femmes furent les victimes.
« Le prophète » met en scène une émeute dans un quartier défavorisé, Bellevue, où des jeunes paumés pillent un supermarché, mettent le feu aux voitures et affrontent la police ; Ticlou est l’un de ces gamins éblouis par les propos d’un aîné estropié. Ce qui permet à Mohammed Dib de s’essayer à la langue des banlieues.
Dans « Karma » une oasis est soudainement attaquée par les sables du désert, plusieurs nuits de suite. Crescendo. Abed évacue femme et enfants dans la ville voisine, mais lui reste. Bientôt seul à résister face au désert qui envahit tout. 
Il faut en convenir, les histoires de ce recueil de 2001 n’apportent pas beaucoup à la notoriété, depuis longtemps établie, de l’auteur. Leur style, enfin, n’est pas toujours du meilleur Dib. 
Mohammed DIB - Comme un bruit d’abeilles
Albin Michel, 2001, 277 pages.

 

 

Tag(s) : #LITTERATURE FRANÇAISE, #ALGERIE