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« Les pieds nus de la femme dépassaient entre le sol du balcon et la rambarde. Chaque ongle des orteils était verni d'une couleur différente. Il l'avait déjà remarqué la veille au soir. Rouge, jaune, vert, bleu, violet pour le droit. Le gauche dans l'ordre inverse. Violet, bleu, vert, jaune, rouge. Les deux orteils du milieu brillaient ainsi de la même couleur : vert. »


De quoi attirer l'attention d'un amateur de peintures! Adrian est effectivement un expert en art connu du tout Zurich, un riche célibataire raffiné, entouré d'une pléiade de profiteurs rapaces qui exploitent joyeusement son penchant pour le mécénat. Parmi ses Suter-Dernier.jpgamis, Baier, un vieux collectionneur ruiné cherche à se refaire en vendant un tableau de Félix Vallotton, "Femme nue devant une salamandre", que l'éditeur a reproduit en couverture. Baier en possède aussi une copie conforme. Confronté aux deux œuvres, Adrian a quelque mal à distinguer l'original de la copie, mais c'est néanmoins lui qui organise la vente aux enchères qui devrait rapporter suffisamment à Baier pour financer sa retraite.

Pour corser l'affaire, Adrian tombe sur Lorena, irrésistible et mystérieuse, qui, aidée d'un escroc à la petite semaine, va démontrer un grand talent pour soutirer à l'esthète un maximum de francs suisses. Contrairement à ce que prétend la quatrième de couverture, on n'apprendra pas énormément sur le marché de l'art : or, c'était la promesse qui m'avait convaincu de lire ce roman. Au bout du compte, Adrian aura appris grâce à Lorena à se servir du téléphone portable et le lecteur aura pu se distraire de quelques embrouilles, dont — on le devine aisément — les deux principaux protagonistes se tireront avec succès sinon avec panache.

Ça ne donne pas un roman inoubliable, car il ne suffit pas de multiplier les robes de grands couturiers, les champagnes hors de prix et les dîners fins avec caviar ou homard pour améliorer la qualité de l'écriture, assez plate au demeurant, d'une histoire qui ne vous empêchera pas de dormir. Mais si vous êtes en quête d'un bon divertissement, allez-y !

Martin SUTER : Le dernier des Weynfeldt

Traduit de l'allemand par Olivier Mannoni
Christian Bourgois Editeur, 2008, 339 pages.

 

 

Tag(s) : #LITTERATURE ALLEMANDE