Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rio de Janeiro certes, mais pas Ipanema et ses filles en string sur la plage ; ni les photos sur le papier glacé des agences de voyage. L'action se passe à Copacabana, entre l'avenida Atlântica et le quartier de Peixoto. Et c'est la mauvaise saison pour le tourisme : du sud-ouest souffle un vent Garcia-Roza.pngqui apporte pluie et air frais. Dans cette grisaille, le commissaire Espinoza devra résoudre une drôle d'énigme, celle d'un assassinat annoncé par un voyant à l'accent argentin.

 Gabriel, célibataire taiseux qui vit chez sa mère Mme Alzira, a fêté son anniversaire avec ses collègues de travail. Un curieux personnage s'est joint à eux et s'est amusé à prédire l'avenir de Gabriel. Il commettrait un crime avant de fêter son prochain anniversaire. Il s'en suit une forte déstabilisation de Gabriel au point qu'il va en discuter avec… le commissaire Espinoza, au lieu d'en rire ou d'aller consulter un psy. Gabriel essaie jour après jour de retrouver le devin et sa mystérieuse partenaire, un duo spécialisé dans les spectacles de marionnettes pour l'animation des anniversaires des enfants cariocas. Sa mère aussi se livre aux filatures et elle découvre que son fils a acquis un revolver. Peu après, sa collègue Olga est écrasée par le métro… Alors il faut bien que la police bouge. Mais Espinoza, avec sa tendance aux heures supplémentaires durant le week-end, donne l'impression d'être un homme plutôt désœuvré d'autant que les deux premiers crimes se déroulent hors de sa circonscription. Depuis longtemps divorcé de sa femme émigrée aux USA, il apparaît passif et temporisateur. Avec sa petite voisine qui veut lui donner un chien pour compagnon, avec la belle Irene qui tient à le séduire, avec Mme Alzira qui prétend tout expliquer par l'intervention du diable.

 Ce polar qui fuit largement la "couleur locale" — et qui au départ ne semble pas en être vraiment un — se déroule selon un tempo que l'on peut estimer paresseux pendant plus de la moitié du livre. On est loin des histoires haletantes de Patricia Melo! Plus que sur l'action elle-même, l'auteur semble insister longuement sur le psychisme de Gabriel, personnage dont on découvrira finalement qu'il n'est peut-être pas aussi "clean" qu'on nous le montre au début. On peut néanmoins regretter que l'hypothèse de la "folie" de Gabriel ne soit pas plus examinée, que la piste diabolique ne soit pas davantage suivie, et que le personnage d'Hidalgo, le voyant, soit trop peu développé. Il s'agirait alors d'un autre livre...

 

Luiz Alfredo GARCIA-ROZA

Bon anniversaire, Gabriel ! (Titre original : Vento Sudoeste)

Traduit par Vitalie Lemerre et Eliana Machado

Actes Sud, 2006 — Babel noir, 2010, 289 pages.

 

 

Tag(s) : #BRESIL