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Le titre anglais "Quinx or the Ripple's tale" a de quoi surprendre puisque c'est dans le volume précédent qu'Affad a été poignardé par un fou, de même que la référence à Landru du sous-titre français est totalement absente de l'œuvre. Les titres des volumes précédents étant le nom d'un personnage, comme déjà dans le Quatuor, le choix de "Quinx" — et sa traduction par "Quinte" — interroge le lecteur. Mais il y a plus intéressant.

Ce volume final est marqué par le retour en Provence des survivants de la saga. Dans leur wagon durrell_quinx.jpegde chemin de fer, Blanford et Sutcliffe échangent des propos variées, des parodies amusantes ou érotiques comme ce vers à la manière de Ronsard : « Mignon, va donc voir si la rose est au bord du trottoir.» Ils n'hésitent pas à ressortir une blague bien connue de Voltaire disant « si, une fois à Genève, vous voyez un banquier sauter d'un troisième étage, sautez derrière lui. Cela vous rapportera du trois pour cent.» Ou à se moquer d'un classique : « Cela me rappelle quelques vers de Shakespeare : L'axe du cul de mon amant / Promet un orgasme plein de tourment.» Ou à parodier des sentences : « Qui se tient parfaitement coi entend l'herbe pousser…» Outre le méli-mélo pornographique et métaphysique des dialogues fumeux qui jaillissent entre Blanford et Sutcliffe, qu'apprenons-nous vraiment dans "Quinte"? Deux choses essentielles.

La quête du trésor des Templiers aboutit enfin grâce aux indications de deux officiers allemands faits prisonniers. Les soldats autrichiens qui avaient reçu l'ordre de cacher des armes et des explosifs en 1944 avaient trouvé les salles — disposées en quinconce…!— où les Templiers avaient disposé leur trésor dans des souterrains accessibles depuis des galeries de mine proches du Pont du Gard.

Le triomphe de l'amour : Blanford se jette enfin dans les bras de Constance dont il était secrètement amoureux depuis le début! Encore a-t-il fallu pour cela qu'elle l'accueille à Tu Duc, lui fasse des massages miracle et manque se noyer en se baignant au clair de lune... Après s'être cachés dans un mas camarguais prêté par Sabine, ils convergent avec tous les autres vers le Pont du Gard. Le grandiose chapitre final — "Minisatiricon" — est la fête présidée par le Préfet, avec les Gitans célébrant sainte Sara, et l'association fondée par le Prince et Lord Galen pour s'emparer du Trésor des Templiers. Le récit conduit tout ce beau monde jusqu'aux panneaux "danger" disposés à l'entrée des galeries minées... Feu d'artifice !

Lawrence Durrell : Quinte, ou la version Landru. Traduit par Paule Guivarch, 1986, 217 pages.

Tag(s) : #LITTERATURE ANGLAISE