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Présentée jusqu'au 11 janvier 2010, l'exposition de chefs-d'œuvre de la collection Brukenthal au musée Jacquemart-André à Paris s'intitule « Bruegel, Memling, Van Eyck…» sans doute parce que le nom de ce conseiller de Marie-Thérèse d'Autriche était ignoré du grand public français. Ce n'est plus possible désormais !
 
Samuel von Brukenthal (1721-1803) fut un tel collectionneur qu'il dut édifier un palais dans sa Transylvanie natale pour installer sa collection. Et quelle collection ! Pieter Brueghel le Jeune, Hans Memling, Hans Schwab von Wertingen,  Jan van Eyck, Rubens, Jacob Jordaens, Joris Hoefnagel, Andries van Eertvelt, David Teniers, Frans van Mieris, Leonard Bramer, le Titien, Lorenzo Lotto, Jan Davidsz de Heem, etc…, etc…
 
Cette liste ne peut que faire craquer tout amateur de peinture. Pour citer les auteurs du Livret de visite « La peinture religieuse ne constitue pas le domaine de prédilection de Samuel von Brukenthal.» Je relève toutefois un magnifique « Ecce Homo » du Titien, un « Saint Jérôme dans son studiolo » dû à Marinus van Reymerswaele (vers 1545) ou « La sainte famille » de Jacob Jordaens qui s'identifie seulement à la peinture religieuse par la croix que tient saint Jean-Baptiste enfant. Portrait, paysage, scène de genre, nature morte, peinture mythologique : il y en a pour tous les goûts !

Outre le magnifique portrait de « l'Homme au chaperon bleu » de Jan van Eyck, tenant à la main la bague destinée à sa fiancée, et qui sert de couverture au catalogue de l'exposition, voici trois œuvres parmi mes préférées, trois œuvres du XVIIe siècle.
 
Comme d'autres visiteurs je place volontiers au premier rang le « Ponce Pilate » peint vers 1640 par Leonard Bramer. Le procurateur de Judée, assis, la tête couverte d'une sorte de turban —qui évoque moins l'empire romain que l'empire ottoman qui menaçait alors l'empire des Habsbourgs—, se fait évidemment laver les mains ; un éclairage très sélectif rappelle la manière de Rembrandt avec des touches de lumière disposées en oblique : sublime recours au clair-obscur.
 
 
Le « Cabinet de curiosités » peint par Johann George Hinz vers 1666 place sur cinq niveaux une foule d'objets curieux disposés en trois colonnes. Cette peinture en trompe-l'œil nous montre des objets de prix comme le corail et les coquillages, avec un beau nautile à gauche, des colliers, deux montres ; mais aussi un pistolet de chaque côté en rapport avec la petite tête de mort.
 
 
Deux scènes de genre de David Teniers sont présentées côte à côte : une « Auberge flamande » et « La visite chez le médecin du village ». Cette dernière, peinte vers 1660, montre une femme venue consulter le praticien. Celui-ci juge probablement de la couleur de l'urine en portant le flacon à la lumière du jour qui, venant de la gauche du tableau, brille sur d'autres objets en verre. Le serviteur dans la porte entrouverte regarde plutôt vers le panier de la ménagère : en l'attente d'un paiement en nature ?
 
Ces excellentes reproductions photographiques — et bien d'autres — peuvent être retrouvées sur le site de l'exposition parisienne. On y accède aussi aux fichiers mp3 pour encore mieux profiter de cette exposition d'exception où les Flamands sont à l'honneur.

Si vous ne devez voir qu'une exposition de peintures cette saison, c'est celle-ci et pas une autre qu'il faut aller découvrir ! Sinon, ce sera l'année prochaine à Sibiu/Hermannstadt. Le site internet de ce musée roumain permet aussi de voir d'autres œuvres de cette fabuleuse collection.

 

 

Tag(s) : #BEAUX ARTS, #BRUKENTHAL, #JACQUEMART-ANDRÉ