L'exercice de l'Etat

Publié le par Mapero

Sorti sur les écrans le 26 octobre 2011, "L'Exercice de l'Etat" a été salué à juste titre par la critique. Thriller politique, le film produit par les frères Dardenne, montre à travers un époustouflant duo d'acteurs, les dessous de la gestion gouvernementale et une réflexion acide sur le pouvoir.

• Bertrand Saint-Jean, le ministre des transports (Olivier Gourmet) et Gilles son chef de cabinet (Michel Blanc) forment le duo essentiel dont les relations sous-tendent le film…

• Un premier constat : la gestion quotidienne du pouvoir baigne dans un stress permanent et son outil indispensable est le téléphone mobile. Le film commence par un accident d'autocar assez sanglant pour qu'on réveille le ministre et le sorte de son cauchemar pour l'amener sur les lieux d'un autre, bien réel.

• Ultérieurement, on apprécie que le film brille par la mise en scène des intrigues entre ministres. Le projet de privatisation des grandes gares sert de test pour marquer les divisions et les convictions : Saint-Jean mangera son chapeau devant les "marquis de Bercy" mais ce n'est finalement pas lui qui portera le projet à terme. Un accident de circulation filmé de façon très spectaculaire fera de lui un miraculé politique.

• Bien évidemment, la portée du film dépasse ces considérations factuelles. Le rêve ou plutôt le cauchemar initial du ministre est une splendide métaphore de la relation de l'homme avec le pouvoir. Le pouvoir est un monstre qui attire et qui engloutit et qui tue. A l'image du crocodile !

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• Un film remarquable tant par le jeu des acteurs que le scénario, à voir d'urgence.

L'exercice de l'Etat

Film de Pierre Schœller. 2011, 1h 52 min.

 

 

 

 

Publié dans AU CINEMA

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ta d loi du cine 01/12/2011

"Le pouvoir corromp", disait je ne sais plus qui... et pourtant, ne faut-il pas qu'il soit exercé? Il y aurait peut-être un deuxième film à faire: ce qui se serait passé si le Ministre, par
exemple, n'avait pu être joint, ou bien avait décidé de ne pas se rendre sur les lieux de l'accident de car, ou bien n'avait pas parlé à la radio... Les choses auraient continué par ailleurs,
peut-on supposer! Mais il n'y aurait plus de film (la phrase reprise partout pour décrire le début de ce film, "il y va, il n'a pas le choix", commence à me sortir par les yeux, désolé...).
(s) Ta d loi du cine, "squatter" chez Dasola