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Ah, ce titre ! Rien à voir avec le quartier chaud d'Amsterdam où les filles sont en vitrine et surtout vivantes ! Parce qu'ici c'est un mort qui se retrouve sous le nez des passants... et plus K-O-Dahl.gifspécialement un vieil antiquaire. Dans ce polar compliqué à souhait qui se déroule à Oslo, le romancier norvégien K.O. Dahl  explore en détail le présent de la famille de Reidar Folke Jespersen, avant que le passé des années de guerre ne revienne donner un tour supplémentaire à la tragédie.
L'antiquaire bientôt octogénaire est l'aîné de deux frères déjà retraités ; tous trois sont propriétaires de la société comprenant boutique et entrepôt. Ils sont d'accord pour vendre et un acheteur se présente. Or, au dernier moment, le vendredi 13, Reidar stoppe la vente : la nuit suivante il est poignardé dans son magasin. Au petit matin, un passant découvre dans la vitrine le cadavre nu et assis dans un fauteuil.
Le commissaire Gunnarstranda et son adjoint Frölich passent tout au crible y compris un message codé, et comme dans un vieux bouquin d'Agatha Christie, tout le monde est suspect. Ingrid, l'épouse de Reidar, plus jeune de trente ans, a envie de vivre et un amant professeur de danse. Karsten, le fils de Reidar, gère la boutique et ne donne pas l'impression d'avoir la conscience tranquille. Stokmo, l'employé occasionnel, prétend que l'antiquaire a une dette envers lui et qu'elle remonte à la guerre. Sans compter un chauffeur de taxi trop curieux, capable de stationner des heures devant la boutique par -20° une nuit de janvier.

Et puis, brutalement, le passé fait irruption. Comme la France, la Norvège a été occupée par les troupes du IIIe Reich. Comme en France, on y a connu la résistance ainsi que la  "collaboration horizontale" et si Amalie a couché avec un officier SS elle a aussi été la maîtresse de Reidar le résistant. Tous ces suspects — et d'autres — font passer de mauvaises soirées aux petites amies de Gunnarstranda et Frölich qui prennent leur métier très au sérieux. L'un d'eux devra ainsi renoncer à un spectacle théâtral. Néanmoins comme dit son amie Tove : « Traduire Ibsen en néo-norvégien représente tout ce qu'il y a de plus idiot dans la vie culturelle de ce pays.» (p.288) Bref, un bon polar "old school" — d'un auteur très appliqué, plutôt avare de sexe et de violence,— avec de la neige en abondance et une grève des taxis.

Kjell Ola DAHL  -  L'homme dans la vitrine.
Traduit du norvégien par Alain Gnaedig. Série noire, Gallimard, 2007, 433 pages.

 

Tag(s) : #LITTERATURE SCANDINAVE