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Sur le principe du "Mec de la tombe d'à côté", c'est-à-dire prendre un homme et une femme de condition économique et d'éducation très dissemblables, et les pousser l'un vers l'autre, chacun narrant son chapitre, au travers de tribulations plus souvent négatives que favorables, la romancière suédoise a cru pouvoir rééditer son Mazetti.gifprodigieux succès international. Or la réussite est ici peut-être moindre, même si le tonus du début se retrouve dans le finale.

L'incipit donne un choc. Mariana, qui se suspend aux cordes d'une aire de jeu sur la plage où elle est venue occuper ses deux petits mômes, se jette sportivement mais maladroitement sur un type qui passait par là innocemment. Clin d'œil aux romans d'Edgar Rice Borroughs, à Tarzan et Jane. Mais ici les sexes sont inversés, Tarzan est la femme au slip de bain simili-léopard, Janne est l'homme, il est jeune, il est beau, il est riche — mais en tombant sur les fesses il a cassé ses lunettes Armani.

Le roman progresse au rythme de leurs rencontres, rarement très poétiques, toujours compliquées par les mômes de Mariana, auxquels s'ajoutent parfois ceux de son amie Jenny. Mariana qui enseigne les arts plastiques à mi-temps a des ressources très limitées tant au plan financier que physique avec ses vilains petits seins « en oreille de basset ». Son mari ne lui verse aucune aide : il est interné dans un asile depuis deux ans — on le comprend seulement après que Mariane a évoqué les bons moments passés avec lui. Bref, Mariana Karlsson doit tirer le diable par la queue — au demeurant Janne Widing n'est pas le mauvais diable…— mais elle a des remords à se faire entretenir par Janne prêt à lui payer une robe hors de prix aussi bien que les courses au supermarché.

Divers contre-temps, parfois très drôles, repoussent le moment où Mariana acceptera davantage que les glaces pour ses enfants. Bien sûr, on devine la fin très vite, malgré les beautés fatales (jeunes, séduisantes, etc) qui croisent autour de Janne : l'auteure a su ménager des surprises tout en conservant le ton de la comédie réaliste qui montre en passant une Suède aux fortes inégalités sociales.

Katarina MAZETTI  - Les larmes de Tarzan.

Traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus. Actes Sud-Babel, 2009, 276 pages. [Gaïa, 2007]

 

 

Tag(s) : #LITTERATURE SCANDINAVE