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Un géographe français se rend au sud du Mexique, sur la côte pacifique. Il séjourne dans un centre de recherches, l'Emporio, qui attire de nombreux chercheurs, notamment des anthropologues avec lesquels ses relations sont tendues. Daniel est là pour étudier la vallée du Tepalcatepec et les sols au sud du volcan Paricutin. Son projet l'amène à sympathiser avec des Indiens des villages et avec un chercheur local soucieux de sauver la culture indienne. En même temps il découvre, par l'intermédiaire de Raphaël, un jeune homme avec qui il a parcouru les routes de la région entre Manzanillo et Colima, une communauté vaguement utopique, disons de Le-Clezio.jpegjeunes hippies, que les gens des alentours méprisent. Daniel fréquente certaines personnes de cette communauté —Ourania— installée dans les ruines de Campos un village autrefois détruit lors de la répression des cristeros. Il s'installe en ville avec Dahlia une porto-ricaine dont le fils est confié à la garde d'un mari révolutionnaire d'un pays voisin. Il fréquente aussi une petite prostituée au « pubis entièrement rasé, sans doute à cause des poux », c'est Lili, qui rêve d'échapper à sa condition en émigrant aux États-Unis. Daniel éprouve une compassion certaine à l'égard des travailleurs pauvres et exploités. La richesse économique de la région repose sur la culture des fraises, aux mains d'une minorité arrogante et bruyante dont Aranzas est le leader. Ces entrepreneurs s'emparent des terres de la région. Celles de Campos en font partie. Bientôt la communauté que dirige le Conseiller est dispersée car « la méchanceté, la cupidité et la bêtise les chassent de Campos » et la plupart des expulsés échouent quelque temps sur la côte du Belize s'installant illégalement dans une île sans ressources qui est en fait une réserve ornithologique. Quand Daniel s'y rend en avionnette, il n'y en a plus trace de la communauté qui a fini de se disperser. Quant aux anthropologues, ils sont toujours installés au Mexique, dans de nouveaux locaux, et restent plus que jamais insensibles à la cause indienne.

L'ensemble du livre donne une impression de désenchantement, de tristesse et pour tout dire c'est un roman sur l'échec des utopies, mais assez peu convaincant et comme décousu. Difficile de faire de la bonne littérature avec simplement des bons sentiments. En revanche, Le Clézio décrit le Mexique et ses habitants de manière particulièrement vivante et très documentée.

J.M.G. Le Clézio  :  Ourania. Gallimard, 2006, 293 pages.

 

Tag(s) : #LITTERATURE FRANÇAISE