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Tous borderline ? À lire cet ouvrage on serait tenté de le croire mais les auteurs nous mettent en garde : si on peut reconnaître dans ces pages certains de nos troubles de l'humeur, seule leur accumulation et leur récurrence pourra permettre à un thérapeute d'identifier un réel T.P.B.(trouble de la personnalité borderline). En revanche, que les borderlines déclarés ne s'inquiètent Borderlines.jpegpas : leur trouble évolue et guérit dans la plupart des cas après deux ans de psychothérapie et quelques remèdes appropriés. Reste qu'il est difficile d'en cerner les symptômes, très variables et intermittents, très dépendants du contexte plus ou moins stressant de l'existence.
• Ils affectent le comportement : hypersensible très impulsif et irritable, le borderline vit des relations humaines chaotiques en raison de sa difficulté à gérer ses émotions comme ses réactions, souvent inadaptées et excessives. Très anxieux, angoissé sans raison valable, le borderline n'est guère optimiste, habité par la tristesse et l'ennui. Peu apte à l'empathie positive, il interprète souvent mal les comportements d'autrui : lui qui a tant besoin de protection, qui craint la solitude, se croit vite mal aimé ; très susceptible et dépendant, il a tendance à dévorer qui l'aime. Sous ses formes les plus graves, le T.P.B. peut pousser à l'automutilation comme aux tentatives suicidaires, à la drogue, à l'alcool ou à la boulimie : se faire du mal lui donne la sensation d'exister, d'être plein, lui qui éprouve tant le sentiment de vide intérieur. Car le borderline souffre d'un profond trouble identitaire : une image négative de soi, jusqu'à la haine de lui-même.
Les causes du T.P.B. restent difficiles à déterminer : on note toutefois qu'elles s'enracinent souvent chez des personnes génétiquement déficitaires en sérotonine, ou dans la petite enfance : maltraitante sexuelle, violence physique ou psychologique, excès d'autorité maternel ou froideur affective.
• Il ne faut cependant pas confondre cet état limite, variable en fréquence comme en intensité, avec la dépression, la schizophrénie ou le trouble bipolaire : et la psychanalyse n'en guérit pas.
À la différence des pays anglo-saxons, on s'intéresse peu en France à ce trouble de la personnalité pourtant de plus en plus répandu, surtout parmi les femmes ; dans les sociétés occidentales contemporaines, l'expansion de l'individualisme, l'obligation d'autonomie, le relâchement des liens sociaux expliquent son développement. Si beaucoup ont conscience d'être borderline, seul un réel désir d'aller mieux en se faisant aider d'un thérapeute leur permettra de vivre des relations apaisées à eux-mêmes comme aux autres.
Pr Bernard GRANGER, Daria KARAKLIC : Les Borderlines. Odile Jacob, 2012, 183 pages.

 

Tag(s) : #ANTHROPOLOGIE