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Ancien professeur d'histoire, F. Olivet" s'indigne" que la question métisse se pose cruellement en France, alors que ce pays est voué , selon lui, depuis des siècles au métissage. Métis franco-béninois, l'auteur a connu la discrimination raciale, enduré Olivet-metis.jpegsouffrances et conflits pour se faire accepter dans la société française, lui qui est "noir et blanc, bref génétiquement situé dans le camp des victimes et des bourreaux". Le statut des métis reste ambigu en France, bien que le métissage y soit démographiquement avéré, princi-palement dans les classes populaires des banlieues.
Fabrice Olivet veut interpeller tous les Français car la France a, selon lui, oublié sa vocation universaliste née de la Révolution : c'est elle qui a mis en œuvre le projet d'émancipation des Noirs et des Juifs, -et la colonisation avait pour mission de porter ce message hors de l'hexagone…- : offrir à chacun la citoyenneté française, sans souci de son origine. De Toussaint Louverture à B.Diagne, député du Sénégal en 1910, jusqu'au général Dumas, père de l'écrivain, la France a reconnu de grands hommes métis. C'est même en raison de son goût pour le mélange qu'Hitler a combattu la France "négrifiée" d'alors, tout comme il a fait exterminer les Juifs : par hantise de la fusion de ces "sangs mêlés" avec le pur sang aryen. À l'inverse des États-Unis et de la Grande Bretagne où les métis méprisés posent problème, la France les aime, et F. Olivet soutient que "notre génie n'est pas la diversité mais le mélange". Or, notre bel idéal "d'assimilation est devenu un gros mot en France"; les partisans de l'entre-soi lui préfèrent "l'intégration", la "diversité" au parfum exotique.
Pour sortir de ce statut ambigu certains métis se veulent plutôt blancs quand d'autres surjouent leur négritude par phobie de pureté identitaire – Dieudonné en est l'exemple extrême et paranoïaque.
F. Olivet plaide pour les couples mixtes, convaincu que "le postracisme s'appelle métissage". Force est pourtant de lui objecter que si la France a célébré quelques métis, elle a, en même temps, dédaigné la majorité anonyme d'entre eux. L'auteur rêve d'une France idéale, où l'amour présiderait à la conception des petits métis à venir… Au final, c'est un ouvrage très personnel dans sa relecture de l'histoire comme dans sa subjectivité ; un essai digne d'intérêt mais qui échoue à convaincre.

Fabrice OLIVET. La Question métisse. Une identité française
Mille et une nuits, 2011, 284 pages.

 

• Pour un monde commun. 

Toutes les cultures échangent et se mêlent depuis des siècles. Ainsi chacune évolue et sans cesse se transforme. Ce métissage des cultures devrait inciter les Occidentaux à s'ouvrir dès à présent à la culture du métissage. Car, qu'il le veuille ou non, tout Occidental aujourd'hui devient métis.
Il faut en finir avec la connotation dépréciative de l'altérité, avec les réactions de méfiance et de rejet. Car l' "Autre" demeure notre semblable : nous relevons de la même espèce humaine universelle. Et il est aussi différent : Asiatique, Arabe, Africain, il a sa manière de penser, sa vision du monde. L'écart entre les siennes et les nôtres révèle ce que nous avons en commun : la capacité de raisonnement, d'abstraction et de concept, mais selon des démarches cognitives diverses, résultant en particulier de langues d'origine aux structures différentes.
Ainsi réfléchir sur autrui amène à réfléchir sur soi, à ne pas croire universels nos valeurs et nos modes de pensée. L'Occident ne détient aucune vérité externalisable, il ne peut prétendre imposer à quelque société que ce soit son régime démocratique, ses lois ou ses droits de l'homme.
On ne peut œuvrer à un monde commun qu'en transformant nos mentalités occidentales, en nous intéressant à autrui tel qu'en lui même, en tentant, avec Albert Camus, de (le) «comprendre sans (le) juger.»

Kate

Tag(s) : #SCIENCES SOCIALES, #ESSAIS