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Un grand roman d'un auteur syrien
Tristram Shandy en version… Tristram
Un Italien amoureux du Mexique
Le dernier roman du Nobel 2010
Pour le Congo et pour l'Irlande ...
• Quelques coups de cœur
1596 - Les Hollandais débarquent à Java
L'odyssée d'un Congolais, du Rwanda en France
Amour et haine au pays des bayous
Le chouchou du prof d'histoire sudiste
Le Canada, d'une rive à l'autre
Esclarmonde recluse et enceinte

Boualem Sansal :
L'Algérie, toujours ...
Un héros (russe) de notre temps
RENAUDOT
2011
Avec Charles de Foucauld, incognito !
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Bien plus qu'un polar…
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Un Grand d'Espagne !
Les Cahiers d'un combattant républicain
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Des nouvelles qui
finissent mal !
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Les secrets d'une
famille somalienne
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Le Congo et les femmes puissantes…
• La place des Essais
L'éducation piégée par l'individualisme
La tradition, ça naît, ça vit, ça meurt aussi !
Jusqu'en Polynésie !
L'offensive évangélique des JEM
La formation des bandes
Avec Laclavetine en Touraine
• Au fil de l'Histoire…
Deux précurseurs de Soljénitsyne :
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Le général allemand qui
n'a pas osé renverser Hitler
Le fin du fin sur l'historiographie
de la colonisation et des empires
Bordeaux et la traite atlantique
Histoire d'un navire négrier
L'Atlantique et la révolution
Les étrangers en France en 1931
à la Cité de l'Immigration
Le drame d'Aigues-Mortes, 1893
Au temps de Philippe-Auguste
Des ruines et encore des ruines
• Histoires de tableaux
À table les mangeurs !
Dedans et Dehors
À cinquante kilomètres de Bâton Rouge, la plantation Marshall est le théâtre d'un affrontement racial. Beau, le fermier cajun,
donc blanc, qui exploite ces terres a été abattu d'un coup de fusil par…
Par qui en fait ? Par Charlie l'ouvrier agricole noir qui a pris la clé
des champs ? par Mathu, quatre-vingts ans, petit-fils d'esclave, qui tient son fusil sans trembler ? par Candy la nièce déterminée du propriétaire blanc et alcoolique, élevée par Mathu à la mort
de ses parents ? ou par l'un des douze ou quinze autres Noirs, rameutés par Candy, chacun avec son calibre 12 et ses cartouches de cinq ? Que fera le gros shérif Maples devant un pareil équipage
? Et comment réagira la famille de Beau Boutan qui a bien connu le temps où les Noirs se faisaient lyncher ?
• Le roman de Gaines est donc d'abord un suspense — dont je ne donnerai pas la solution. Il fait aussi penser à une tragédie grecque où le chœur serait l'ensemble des Noirs qui travaillent ou plutôt qui ont travaillé sur les plantations avant que Beau ne mécanise la culture de la canne à sucre. Mais un chœur qui n'est pas un collectif indistinct puisque chaque chapitre est écrit du point de vue de l'un des personnages : plusieurs vieux paysans noirs, Candy l'héroïne qui se bat contre les forces du mal, son ami ou amant Lou Dimes venu de la rédaction du journal de Bâton Rouge et qui note que « c'est elle qui a organisé cette petite fiesta », et d'autres. De ce procédé il résulte de fortes différences de niveau de langue, l'auteur (et la traductrice) réussissant à merveille à rendre compte des tournures familières. L'action se déroule en une journée, à l'exception des dernières pages où le journaliste évoque le rapide procès qui a clos l'affaire. Le roman se déroule sur la plantation Marshall, sauf trois chapitres où l'on voit le jeune frère de Beau quittant précitamment son campus pour venir sur les lieux, puis la demeure du patriarche du clan cajun, électrisée par le drame, et un bistrot où les plus éméchés conduits par Luke Will sont prêts à en découdre avec les Noirs.
• Ce conflit Noirs-Blancs est présenté par Gil, le jeune frère de Beau et premier de la famille à fréquenter l'université, comme un incident d'un autre âge alors que le lendemain il doit jouer un important match de football opposant les équipes universitaires de Louisiane et du Mississippi. L'affaire de la plantation Marshall se situe entre 1975 et 1980, comme le montre une allusion à la guerre du Vietnam, bien après les campagnes pour la déségragation, dont le résultat n'a rien eu d'idéal. P'tit Jack, le tenancier du bistrot — je n'ose dire le saloon ! — a vécu cela : « Eh ben, la salle des nègres elle est fermée depuis quinze ou seize ans. C'est arrivé au moment de toute cette connerie de déségrégation. Les nègres ils voulaient plus de la ségrégation, alors ils venaient plus dans leur salle. À la place ils venaient au magasin acheter leur bouteille, et ils allaient s'accroupir contre le mur dehors pour la boire, mais ils allaient plus dans leur petite salle privée.» Comme dans d'autres romans du "Deep South" on retrouve les pacaniers —et on grignote des noix de pécan— et les bayous tout proches : P'tit Jack craint même que ses clients éméchés n'expédient des serpents à sonnette et des mocassins dans sa boutique. Il y a plus important : le crime qui provoque cette « Colère en Louisiane » s'explique au fond par la question de la terre et la dépossession des petits métayers noirs. « La canne aux hautes feuilles vert bleu s'élevait toujours des deux côtés de la route. Morgan à gauche, Marshall à droite. Mais ce n'était plus de la canne Marshall. Beau Boutan louait la plantation de la famille Marshall. Lui et les siens ils avaient loué toute la terre depuis vingt-cinq ou trente ans. La terre que nous avions travaillée, que nos parents et leurs parents avaient travaillée depuis l'époque de l'esclavage.» Témoigne aussi de la tension entre Noirs et Blancs le cimetière qui date de l'esclavage, par où passent plusieurs paysans qui se rendent à la scène du crime : « Je l'ai vu arracher les mauvaises herbes de la tombe de Tessie. C'était sa sœur, Tessie. Une de ces grands et jolies mulâtresses qui allaient avec les Blancs et les Noirs. Les Blancs voulaient la garder pour eux, et ils lui avaient défendu de coucher avec les nègres. Mais elle avait pas écouté, alors ils l'avaient tuée. Ils étaient venus la chercher par les quartiers, et ils l'avaient jetée dans le Saint-Charles, le jour de Mardi gras 1917.» La terre, les femmes : pour quoi d'autre se battrait-on ?
Ernest J. GAINES - Colère en Louisiane.
Traduit par Michelle Herpe-Voslinsky. Liana Levi, "piccolo", 2010, 251 pages.
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