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Ce recueil de textes brefs qu'on ne peut tous qualifier de nouvelles a été publié initialement en 1984 sous le titre "Lives of the Poets" mais deux ans plus tard la traduction française choisit bizarrement de passer le titre au singulier.

De poésie il n'est pas question dans les textes qui forment la première moitié de ce recueil de 200 pages, mais ponctuellement dans le texte "La vie de poète" qui Doctorow-Poets.jpegconstitue la seconde moitié du livre ; on y croise des noms comme Ruskin et Trakl. Les autres textes s'apparentent à des fonds de tiroir.

Dans le texte principal (novella) et dans la première nouvelle, intitulée "L'écrivain de la famille", l'auteur Doctorow se camoufle à peine sous le prénom Jonathan. De fait le recueil s'ouvre sur l'histoire intéressante d'un jeune garçon à qui on demande d'écrire des lettres en se faisant passer pour le père dont on veut cacher le décès à la grand-mère. Ce Jonathan, à la fin du livre, est un auteur qui, la cinquantaine venue, fait un tour d'horizon de ses relations et le point sur sa vie conjugale. Ses relations appartiennent principalement au milieu littéraire et artiste de New York ; plus que de discours sur l'art et la création (en grec : poiêsis) il s'agit de couples aux religions variées et aux aventures galantes qui finissent mal en général. Les portraits vachards ne sont pas rares : « Mattingly est un homme de l'Ouest qui s'exprime par monosyllabes (…) et comme beaucoup de peintres et de sculpteurs, il est fondamentalement illettré.»

Le narrateur évoque en passant son « mariage lâche » — au sens d'élastique — bon prétexte pour s'éloigner d'Angel qui habite dans le Connecticut et s'installer seul à Manhattan avec ses livres et sa machine à écrire. Il rêve du retour de voyage d'une égérie volage — « Ce que je redoute le plus c'est qu'elle va demander que nous soyons amis.» Il lui arrive aussi de penser à des villes lointaines qu'elle a dû visiter : « Venise la moussue avec ses canaux de vase froide, le premier Disneyland » ou encore « Paris la crasseuse, Paris la surfaite et la trop maquillée ». Ne cherchons plus pourquoi Doctorow est quasiment absent des catalogues des éditeurs français.

E.L. DOCTOROW - La vie de poète - Traduit par J.P. Carasso. R.Laffont, 1986, 200 p.

 

 

 

 

Tag(s) : #LITTERATURE ETATS-UNIS