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Qui n'a jamais entendu parler de "Parrains par mille", l'association fondée par C.Enjolet voici vingt ans? Engagée en France et dans le monde, cette ancienne professeure de Lettres mène combat, dans le sillage Enjolet-plaidoyerde B. Cyrulnik, pour permettre la résilience de jeunes – de la naissance à l'adolescence – en totale carence affective. En France, on compte par milliers les enfants placés, les orphelins de la DDASS – la "Casse" – non adoptables juridiquement ou les abandonnés sans affection dans leur propre famille biologique. C.Enjolet plaide pour inciter davantage d'adultes à adopter affectivement un jeune S.A.F.  – sans affection fixe –. Le lien qui se tisse dans l'apprivoisement réciproque du "parrain" et de son (sa)" filleul(e) "se fonde sur le désir de don: "Ceux qui ne savent pas donner ne savent pas ce qu'ils perdent"; car on s'enrichit de ce que l'on donne.

Privé d'affection un enfant ne peut se développer et se construire ; s'il n'existe pas aux yeux de quelqu'un, s'il est en manque de reconnaissance, sa souffrance psychique l'empêche de trouver du sens à son existence : il risque de devenir délinquant, suicidaire, SDF car l'isolement affectif induit l'isolement social. Un enfant placé perd un quart de développement normal par année de placement! Or, l'aide sociale est un gouffre financier mais reste impuissante à tisser des liens de sens quand les liens de sang ont failli ;  dans la société actuelle de communication virtuelle, l'échange devient rare et la souffrance psychique d'un jeune suscite moins d'empathie médiatique que sa douleur physique : qui  souffre de mal-être est souvent rendu responsable de son état.

"Parrains par mille" regroupe des adultes volontaires, disponibles pour accompagner "au bout de la rue" un enfant en carence affective et éducative : ils deviennent son "tuteur de résilience", une figure d'attachement qui permet au jeune de se construire, l'ouvre au monde et à l'altérité. Deux positionnements sont envisageables : soit l'engagement partiel et préventif, soit l'engagement plein, de "confiage" permanent défini par le juge. Mais en aucun cas l'adulte ne s'approprie l'enfant ni ne se substitue aux parents biologiques : c'est un accord de co-parentalité.

C.Enjolet plaide pour une "écologie humaine","loin de la charité business" et des "générosités tendance": car on s'enrichit de ce qui ne s'achète pas. Elle maîtrise évidemment le genre du plaidoyer, les formules bien frappées, les assertions répétitives...pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l'association!.. C'est un peu dommage : comme si le parrainage était si facile ! On aimerait que cet appel de C.Enjolet soit entendu des bénévoles d'autres associations que <www.parrainsparmille.org> (<info@parrainsparmille.org>) !!!

Catherine ENJOLET - Plaidoyer pour l'adoption affective.

Préface de Boris Cyrulnik. Pocket, 2011, 114 pages.

 

Tag(s) : #SCIENCES SOCIALES