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Maryška, la narratrice aux cheveux longs, longs, longs — et aux idées courtes ? — nous raconte avec exubérance le quotidien de sa vie de femme au foyer, mariée à Francin le gérant de la brasserie. Il est souvent question de la fabrication de la bière, de houblon et de malt, des fournisseurs, des clients et du conseil d'administration. On descend pas mal de bière, lager et autres. Avec des saucisses pour accompagner. Le couple élève pour cela des cochons. « Côté charcutiers, je n'avais pas la main heurese, le premier avaitHrabal-chevelure.gif mis tant de gingembre dans les saucisses qu'on aurait dit de vrais pains d'épice.» Francin prend sa moto Orion avec side-car pour aller à Prague voir ses clients et il en ramène des cadeaux pour sa femme. Celle-ci prend le vélo pour aller chez le coiffeur, « cheveux flottants » entraînés par la vitesse. « Jamais je n'ai eu sous mon peigne des cheveux pareils » disait Boda, son coiffeur attitré.

Quand l'oncle Jo débarque —pour quelque jours selon lui, pour beaucoup plus selon les craintes de Francin—, le récit cherche à devenir drôlatique Joseph racontant ses bêtises passées et des histoires qui se veulent amusantes. Il a refusé de devenir officier dans l'armée austro-hongroise ; il dispose d'un tempérament enjoué : il se bagarre avec des membres du personnel dont il fait bientôt partie ou donne des idées curieuses à sa belle-sœur comme de grimper en haut de la cheminée de l'usine pour voir le paysage — ce qui provoque l'intervention des pompiers! « Je me tenais au paratonnerre d'une main et je me prenais pour la déesse Diane avec son javelot, mes joues brûlaient d'exaltation…»

Quand la radio arrive et qu'on en fait démonstration en ville à la population enchantée, on dit que ça raccourcit les distances. Maryska décide alors de tout raccourcir : sa jupe, les pieds des tables et des chaises, dix centimètres pour le mobilier, davantage pour la jupe, beaucoup plus pour la longue chevelure. Désespéré son coiffeur la coiffe « à la garçonne » sur le modèle de Joséphine Baker. En même temps, Francin n'aime pas trop les fantaisies de sa jeune femme, mais il aime bien danser avec elle, ayant fait l'achat d'un gramophone pour jouer des valses et danser sur d'autres rythmes plus modernes.

Pour être bref, c'est à peine plus supportable que les autres livres de cet auteur dont j'ai rendu compte. Les lourdes facéties des personnages peuvent éventuellement faire sourire.

Bohumil Hrabal - La chevelure sacrifiée. Traduit du tchèque par Claudia Ancelot. Gallimard 1987. L'imaginaire 2007 - 184 pp.  

Tag(s) : #EUROPE CENTRALE ET BALKANIQUE