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Auteur bien connu du «  Liseur », Bernhard Schlink nous invite ici à un huis clos : une vieille Schlink-Wochenende.jpgdemeure du Brandebourg pour le temps d’un week-end, d’où le titre. Mais les participants ne sont pas que de simples amateurs de détente après une semaine de labeur.

Berlin est la capitale d’une Allemagne réunifiée et une femme dirige le gouvernement. Le président de la République vient de gracier les trois derniers détenus pour des crimes datant de la Fraction Armée Rouge. Jörg est l’un d’eux. Sa sœur Christiane, qui partage cette demeure campagnarde avec son amie Margarete, a réuni des amis d’autrefois pour revoir Jörg à sa sortie de prison. Et parler, beaucoup parler que c’en est facile d’imaginer une version théâtrale.

Un journaliste, un avocat, un patron de laboratoires, une traductrice, une enseignante, pas de prolétaires… Les personnages du roman sont assez représentatifs de la société d’aujourd’hui, qui, à une exception près, ne comprend plus les égarés des années 68-90. Ceux qui, tel Jörg, suivirent Baader et Dutschke, posèrent des bombes et tuèrent des gens. Après vingt ans de prison, Jörg parviendra-t-il à se justifier ? À faire amende honorable ? À dire la vérité sur son passé ? Ce n’est déjà pas facile quand on comprend que l’un d’eux avait donné à la police l’adresse de son refuge loin des villes et permis son arrestation. C’est encore moins facile quand débarque un jeune homme qui s’avère être le fils du terroriste et qu’il s’en fait l’accusateur :

«  Tu es tout aussi incapable de vérité et de deuil que l’étaient les nazis. Tu ne vaux pas mieux qu’eux – ni au moment où tu as assassiné des gens qui ne t’avaient rien fait, ni ensuite, quand tu n’as pas compris ce que tu avais fait. Vous vous êtes excités contre la génération de vos parents, la génération des assassins, mais vous êtes devenus exactement pareils… »

Avec le déballage du passé, les manœuvres des uns et des autres, les élans du cœur et les passions, c’est un week-end bien chargé ! Ça se lit sans effort, c’est bien ficelé, sérieux. Pas très émouvant et finalement un peu terne.

 

Bernhard SCHLINK - Le week-end (Das Wochenende)

Traduit par Bernard Lortholary

Gallimard, 2008, 217 pages.

 

Tag(s) : #LITTERATURE ALLEMANDE