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Nous sommes à Delhi au moment où Rajiv Gandhi vient d'être assassiné par une kamikaze tamoule. Ram Karan, anti-héros et principal narrateur du roman, voit la perturbation s'abattre sur sa vie de collecteur de fonds pour l'honorable sahib Gupta, député de la capitale. Le parti au pouvoir, le Congrès, en est déstabilisé et risque de perdre le pouvoir au profit du BJP (Bharatiya Janata Party) qui prône une réaction hindouiste. Gupta croit malin de changer de camp pour barrer la route à un acteur de cinéma sur le déclin. Il va falloir collecter encore plus de fonds, des lakhs et des lakhs (100 000 roupies), et c'est le travail du chauve et obèse Ram Karan, officiellement  employé des autorités scolaires de Delhi. Peu à peu naît en lui un premier sentiment de culpabilité...
 
Dans le quartier où vit Ram Karan (photo Fabrice R.)

Autrefois, Ram Karan a eu des rapports incestueux avec Anita, celle de ses filles qui, devenue veuve, est revenue vivre avec lui. Anita s'inquiète légitimement pour sa fille Asha que le grand père concupiscent attire à lui : "viens, ma petite mangue". Sa vie professionnelle l'amenant à "inspecter" des écoles, Ram Karan va aussi se trouver trop souvent à l'école qu'Asha fréquente. Peu à peu Anita "fait le forcing" pour faire monter chez son père un second sentiment de culpabilité.
 
Old Delhi - Une école primaire comme celle que Ram Karan vend pour financer une élection (photo Fabrice R.)

Lorsque ces deux sentiments de culpabilité se rejoignent, que les politiciens corrompus commencent à se faire assassiner (d'abord Ajay, puis son père Gupta, puis Bajwa son homme de confiance), que débarque la brigade financière, et qu' Anita commence à ameuter sa famille élargie en racontant les viols qu'elle a subis, Ram Karan craint d'autant plus pour sa vie qu'il risque l'infarctus. Mais d'où le coup fatal viendra-t-il ? À qui ou quoi Ram Karan se soumettra-t-il ?
*****
L'intérêt de ce roman ne se limite pas à cette histoire scandaleuse. La narration est assez originale. Dans la plupart des chapitres, le narrateur est Ram Karan, sauf Akhil-Sharma.pngdans le deuxième et l'avant-dernier où Anita mène la narration. Enfin le douzième et dernier est un récit à la troisième personne. D'autre part le lecteur est plongé dans la vie quotidienne de Delhi, avec l'entassement des slums (traduit par bidonville), les pénuries d'eau ou d'électricité, les cerfs-volants des jeux des enfants sur les terrasses, les cérémonies religieuses, la possibilité de l'émigration, la violence cachée au sein des familles élargies. À noter aussi un fil conducteur épicé, celui de la nourriture indienne que le lexique précise.
 
 
Akhil SHARMA : Un père obéissant
Traduit de l'anglais par Diane Ménard
Editions de l'Olivier, 2002, 398 pages.


 
Tag(s) : #MONDE INDIEN