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Le narrateur, un jeune éditeur new-yorkais, a entrepris d'écrire un essai sur le poète Jeffrey Aspern mais, le pôvre, il manque de documentation pour faire aboutir son projet. Il débarque à Venise parce qu'il sait pouvoir s'y renseigner.

Autrefois, dans sa pétulante jeunesse, une Américaine, miss Bordereau avait justement séduit ce poète, ce dénommé Jeffrey Aspern. Ça se situait vers 1825. Le poète était donc romantique et de surcroît américain lui aussi. Il avait traversé l'Atlantique, comme miss Bordereau, mais il n'était pas venu jusqu' à Venise au contraire de cette Miss Bordereau qui y vécut en conservant pieusement son adorable souvenir. Nous sommes vers la fin du dix-neuvième siècle. Elle est maintenant proche de la mort, alors que le narrateur vient tout juste de s'installer dans son palazzolo brinquebalant comme hôte payant. À cause, dit-il, du jardin attenant qui l'inspire. Et dont il s'emploie à repeupler la flore.

Miss Bordereau – décidément ce nom me fait penser à l'Affaire Dreyfus – a une nièce. Non, elle ne s'appelle pas Pièce à conviction, mais miss Tina. Des pièces à conviction, des manuscrits, des lettres compromettantes, il y en a pourtant plein dans certains tiroirs de la chambre de ladite miss Bordereau qui n'avait pas envie de les dévoiler. Entre la vieille dame et le jeune écrivain une guerre psychologique se livre. Mais après le décès de l'ancienne amante du poète romantique, est-ce que Tina aura davantage envie de divulguer au narrateur tous ces vieux papiers ?

Au temps de Jeffrey Aspern, le peintre britannique Turner était venu planter son chevalet devant le Grand Canal de Venise, mais Henry James, n'en parlera pas. C'est la psychologie qui l'intéresse. Comme son grand frère d'ailleurs, ce fameux William James qui obtint la première chaire de psychologie aux États-Unis. Henry nous promènera donc en gondole avec Tina et le délicat narrateur. On prendra un café place Saint Marc. N'y aura-t-il pas aussi quelque perspective d'une possible histoire d'amour entre eux ?

À déconseiller à qui n'aimerait pas la rencontre de cette psychologie pâtissière et du kitsch désuet de l'écriture d'Henry James.

 
Henry James. Les Papiers de Jeffrey Aspern. Traduit de l'anglais par M. Le Corbeiller. Le Livre de Poche "Biblio", 2006, 188 pages. 1ère publication en 1888.
Tag(s) : #LITTERATURE ETATS-UNIS, #VENISE