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Au temps où les Éditions Des Femmes avaient publié des ouvrages de Clarice Lispector, la rumeur de sa qualité m'était parvenue. Finalement, j'ai lu « Le bâtisseur de ruines » republié en 2000 par Gallimard dans la collection « L'Imaginaire » et traduit par Violante Do Canto. C'est un gros livre de 424 pages avec peu de personnages.

Au centre du récit il y a Martin, qui fuit la ville, son errance de meurtrier aboutit à une plantation où il va être sauvé. Cette fazenda gérée par Victoria héberge aussi Ermelinda qui s'éprend de Martin. Mais Martin et Victoria ne seraient-ils pas aussi attirés l'un l'autre ? La richesse du livre n'est pas dans le scénario, mais, outre la description du milieu végétal, dans l'introspection permanente et la finesse de l'analyse des pulsions intimes. Il y a beaucoup d'émotions, souvent suggérées.

Le roman est d'une lecture difficile pour qui s'attacherait à la rationalité pure d'un récit linéaire. «Expliquer n'a jamais conduit personne nulle part, et comprendre est une futilité» dit Martin peu avant de quitter la fazenda de Victoria. Clarice Lispector (décédée en 1977) appartient au mouvement littéraire "O Novo Romance Brasileiro" qui n'est pas sans rappeler notre Nouveau Roman. Si l'on accepte ce rapprochement, alors la manière de Clarice Lispector peut faire penser à celle de Nathalie Sarraute, mais avec des phrases plus amples.

Une biographie de Clarice Lispector a été publiée en 2009 par Benjamin Moser (Why this World, 479 pp., Oxford University Press). Voir
compte-rendu par Fernanda Eberstadt dans le New York Times. Ainsi que sur Lecture/Ecriture.

 

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