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« Les Bienveillantes avaient retrouvé ma trace» : telle est la phrase mystérieuse qui termine ce livre alors que le narrateur vient une nouvelle fois d'échapper à un destin funeste dans Berlin en ruines. Et la 4ème de couverture fait allusion à Eschyle, mais sans préciser. Alors on s'interroge...

Mis sur la voie par une indication de Pierre Assouline dans son blog, et de Nathalie Crom dans Télérama du 26 août 2006, j'ai recherché l'article EUMENIDES dans un Dictionnaire de la Mythologie : celui de Michael Grant et John Hazel (Marabout, 1975). L'article "Euménides" renvoie à "ERINYES". Le voici reproduit pour l'essentiel. J'ai mis en gras les passages qui, selon moi, correspondent le plus au cas du roman, de son titre, de son contenu et de son "héros", Max AUE :


« ERINYES (chez les Romains : Furies). Les Erinyes, esprits femelles de la justice et de la vengeance, personnifient un concept très ancien de châtiment. Elles étaient nées des gouttes de sang qui tombèrent sur Gaia, la Terre, lorsque Cronos mutila Ouranos; elle étaient donc des divinités chtoniennes. Selon une variante, elles furent enfantées par Nyx, la Nuit. Leur nombre reste généralement indéterminé, quoique Virgile, s'inspirant sûrement d'une source alexandrine, en dénombre trois Alecto, Mégère et Tisiphoné (respectivement «l'implacable», «la malveillante» et «la vengeresse du meurtre»). Au sens large, les Erinyes étaient les protectrices de l'ordre établi. Dans L'Iliade, par exemple, elles ôtent la parole au cheval Xanthos; le philosophe Héraclite disait que si le soleil décidait de renverser sa course, elles l'en empêcheraient. Mais, surtout, elles persécutaient les hommes et les femmes qui avaient attenté aux lois «de la nature» et tout particulièrement aux droits de la parenté en commettant un parricide, en tuant un frère ou un allié. A l'origine, l'on pensait que les êtres humains ne pouvaient ni ne devaient punir des crimes aussi horribles; il revenait aux Erinyes de poursuivre le meurtrier de l'homme assassiné et d'en tirer vengeance. Némésis correspondait à une notion semblable, et sa fonction recouvre celle des Erinyes; comme elles, elle veillait à ce que la vengeance fût en définitive accomplie. Dans Les Euménides d'Eschyle, la troisième pièce de L'Orestie, trilogie dont le sujet est le meurtre d'Agamemnon et la vengeance de ses enfants, les Erinyes poursuivent Oreste; celui-ci a tué sa mère, Clytemnestre, pour venger le meurtre de son père Agamemnon. Dans cette tragédie qui, dit-on provoqua une véritable terreur chez les spectateurs, à la première représentation, les Erinyes formaient le choeur. Les représentations qui nous en sont parvenues nous les montrent tenant des torches et des fouets; elles sont aussi parfois entourées de serpents. Seul l'acte commis par Oreste intéressait les Erinyes; il n'était question ni de le juger ni de lui trouver des circonstances atténuantes. Apollon lui-même dut s'opposer à leur vengeance implacable, bien qu'il eût encouragé le meurtre de Clytemnestre par Oreste et qu'il eût accordé sa protection à ce dernier, à Delphes, son plus important sanctuaire. Les Erinyes, nous rapporte Eschyle, poursuivirent Oreste jusque-là et ne le délivrèrent que quand les dieux les eurent persuadées d'accepter le verdict du tribunal d'Athènes, l'Aréopage. Là, Athéna intervint comme patronne de la cité et équilibra les suffrages : Oreste fut acquitté, mais il devait ramener de Tauride une statue sacrée d'Artémis; les Erinyes furent alors accueillies à Athènes sous la forme plus clémente des «Euménides» (les «bienveillantes») ou des «Semnai Tlieai» (les «vénérables déesses»). Les Erinyes poursuivirent également Alcméon, qui avait aussi tué sa mère. Comme Oreste, Apollon l'avait encouragé à venger son père, mais il fut pourchassé par les Erinyes à travers la Grèce, jusqu'à ce qu'il eût trouvé refuge sur une terre qui n'existait pas encore au moment du meurtre de sa mère —échappant ainsi au pouvoir de ses poursuivantes. Les Erinyes frappaient leurs victimes de folie (d'où leur nom latin, dérivé de furoi). Quelle que fût la signification de leur nom grec —son origine est obscure— les Grecs évitaient de mentionner leur nom publiquement; les Athéniens préféraient employer les euphémismes mentionnés ci-dessus pour conjurer le mauvais sort qui leur était lié...»







Tag(s) : #LITTERATURE FRANÇAISE